Cité municipale de Jérusalem
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La cité municipale de Jérusalem est un ensemble de bâtiments abritant la mairie de Jérusalem. Elle a été créée dans les années 1990 autour de la place Safra (en) et du jardin Daniel. Elle permet de rassembler l’ensemble des activités de la mairie de Jérusalem qui étaient auparavant dispersées dans 32 bâtiments différents à travers Jérusalem. Le site de la cité municipale a été choisi dans le milieu des années 1980 car il se trouvait au centre de la ville, entre l’est et l’ouest, à proximité de la Vieille ville et sur la rue historique principale de la ville, la rue Jaffa.
Comme ce site se trouve au centre de la ville, différentes considérations ont été prises en compte afin de ne pas porter atteinte au caractère architectural et historique du quartier tout en permettant une utilisation fonctionnelle des bâtiments répondant aux besoins de la mairie. Ces considérations ont conduit à la conservation de différents bâtiments historiques, qui ont été rénovés, et à la construction de deux bâtiments modernes autour de trois places, dont la principale est la place Safra.
Époque ottomane
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, Jérusalem n’avait pas d’administration municipale. Seul un conseil local, appelé madjali el idara siégeait dans la ville ; il s’agit du second niveau de l’administration locale ottomane derrière le conseil de district, le madjali umumi. Les travaux de construction dans Jérusalem étaient gérés par le conseil de district, et même souvent directement par le pouvoir central ottoman. Un conseil municipal est créé au milieu du XIXe siècle sous l’influence du mode d’administration locale de la France. La mairie de Jérusalem est l’une des premières mairies mises en place dans l’empire ottoman. Elle est établie en 1867 et le conseil municipal se réunit dans le Palais du Sérail (he) (construit en 1388), qui se trouve dans la Vieille Ville, près de l’un des accès au mont du Temple.
Hors des murailles de la Vieille Ville

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les habitants de Jérusalem résidaient à l’intérieur des murailles de la Vieille Ville. Avec l’assouplissement de la législation ottomane, sous l’influence des puissances européennes, l’achat de terres et la construction en dehors de la Vieille Ville débutent dans les années 1860. Le premier bâtiment d’habitation construit hors des murailles est la maison du consul britannique James Finn dans le secteur de Talbiya (en). À la même époque, l’archevêque protestant Samuel Gobat fonde une école sur le mont Sion (1856). Dans les années qui suivent, des quartiers juifs sont créés hors des murailles : Mishkenot Sha’ananim, Mahane Israel (en), Nahalat Shiv’a (en), Beit David (he), du nom du philanthrope David Reyes, en 1873. En 1874, la construction de Méa Shéarim commence, puis celle de Nahalat Tsvi en 1881, Batei Yosef (1868), Batei Perlman (1887). En plus des quartiers juifs, des quartiers musulmans sont construits au nord de la porte de Damas et de la porte d’Hérode. Le secteur de la porte de Jaffa devient le quartier commerçant de la Vieille Ville. À proximité des hôtels (hôtel Fast (he) et des banques sont construits. La population de la ville passe de 2 000 habitants au début du XIXe siècle à 45 000 à la fin du XIXe siècle.
Le développement de la ville, sa croissance et l’augmentation de sa population conduisent la municipalité à élargir ses activités. Le Palais du Sérail ne suffisant plus à accueillir ses bureaux, ils sont transférés en 1896 dans un nouveau bâtiment construit à l’angle des rues Mamilla et Jaffa. Dans ce bâtiment, situé en face de l’hôtel Fast, des magasins occupaient le premier niveau et des appartements d’habitation occupaient le dernier étage. Seul un niveau servait pour les bureaux de la municipalité.
Ce bâtiment servit également pour l’administration mandataire jusqu’à la construction d’un bâtiment dédié en 1932, l’immeuble historique de la mairie de Jérusalem (he). Le bâtiment à l’angle des rues Mamilla et Jaffa servit peu de temps et est appelé Ex Municipal Offices. Il est acheté en 1946 par Hadj Daoud Avraham en vue de construire un nouveau bâtiment de commerce. Il est finalement détruit pendant la guerre d’indépendance d’Israël.
Mandat britannique
Le début du mandat britannique conduit à des changements significatifs dans le statut de Jérusalem. De ville d’étude, elle redevient une capitale pour la première fois depuis la chute du Royaume de Jérusalem. De plus, les Britanniques adoptent pour la ville les normes occidentales en termes d’administration locale et d’urbanisation. Le conseil municipal ottoman (qui comptait 20 membres dont seulement 2 chrétiens et un juif) est dissous. Un conseil de 6 membres est mis en place (2 musulmans, 2 chrétiens et 2 juifs). La surface du bâtiment de la mairie n’est plus suffisante pour l’administrateur britannique de la ville. La mairie, qui possède un terrain à l’angle de la rue de Jaffa et de la place Allenby (aujourd’hui palace Tsahal (he)), recherche alors à financer la construction d’un nouveau bâtiment moderne. La banque Barclays finance la construction pour 27 692 livres palestiniennes en échange de la location du niveau inférieur à la banque pour une durée de 30 ans (du au ). Le bâtiment est construit dans le style international par l’architecte Clifford Holliday.
Comme ce site se trouve au centre de la ville, différentes considérations ont été prises en compte afin de ne pas porter atteinte au caractère architectural et historique du quartier tout en permettant une utilisation fonctionnelle des bâtiments répondant aux besoins de la mairie. Ces considérations ont conduit à la conservation de différents bâtiments historiques, qui ont été rénovés, et à la construction de deux bâtiments modernes autour de trois places, dont la principale est la place Safra.
Avec la croissance de la ville, la mairie a besoin de locaux encore plus grands. Le , le conseil municipal décide de la construction d’une nouvelle mairie dans le secteur du parc Blumfield, entre l’hôtel King David et la piscine du Sultan (he). Pour les besoins de cette construction, la mairie exproprie l’église orthodoxe grecque du terrain qui valait à l’époque 600 000 livres sterling. La mairie organise un concours d’architectes pour le bâtiment, mais à cause du Mouvement de Rébellion hébraïque, le projet est gelé et la mairie est obligée de louer les terrains du bâtiment de la Poste turque, qui se trouvait à côté de l’hôtel Fast, là où est aujourd’hui l’hôtel Jerusalem Pearl.
Après l'Indépendance
En , en préparation de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, les organisations sionistes de la ville créent la mairie hébraïque séparée de Jérusalem. Cette mairie s’installe au 68 de la rue de Jaffa. À la suite du blocus de la ville et de la guerre de Palestine de 1948, Jérusalem est en fait placée sous un gouvernement militaire et c’est le gouverneur militaire Dov Yosef (en) qui dirige la ville. Le , le conseil municipal hébraïque se réunit pour la première fois et il demande au gouvernement israélien l’annexion de la ville, son intégration en tant que partie de l’État d’Israël et qu’elle devient la capitale de l’État.
Entre 1949 et 1950, Daniel Auster exerce la fonction de maire de Jérusalem-Ouest. Pendant son mandat, la mairie est installée au 32 de la rue de Jaffa. En 1963, le maire, Mordechai Ish-Shalom décide que le conseil municipal et le bureau du maire s’installeront dans l’immeuble historique de la mairie de Jérusalem, au numéro 22 de la rue de Jaffa.
