Clément Le Cossec

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Clément Le Cossec, né le à Treffiagat (Finistère) et mort le 22 juillet 2001 au Mans (Sarthe), est un pasteur pentecôtiste français et le fondateur de la mission Vie et Lumière. Il est considéré comme l'une des figures mondiales du protestantisme évangélique du XXe siècle[1].

Décès
(à 80 ans)
Le MansVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Clément Louis Marie Le Cossec
Surnom
L'Apôtre
Faits en bref Naissance, Décès ...
Clément Le Cossec
Le ministre du culte Clément Le Cossec en 1991.
Biographie
Naissance
Décès
(à 80 ans)
Le MansVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Clément Louis Marie Le Cossec
Surnom
L'Apôtre
Nationalité
Activité
Famille
Le Cossec
Autres informations
Religion
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Ministre du culte, son action s'étend à plus de 44 pays à travers le monde et il est un membre central des Assemblées de Dieu, une association chrétienne internationale regroupant, en 2025, 85 millions d'adhérents et 442 000 églises membres[2].

Issu de la famille catholique Le Cossec, il entrepend après la Seconde Guerre mondiale une importante œuvre missionnaire et sociale auprès de peuples marginalisés et de populations vivant en situation de grande précarité. Son action contribue à l'émergence d'un vaste mouvement de conversion au protestantisme évangélique en France puis à l'international de ces populations se sentant délaissées par l'Église catholique, bien que quelques papes comme Paul VI ont tenté des rapprochements . Sous son impulsion, la mission Vie et Lumière devient la plus grande église évangélique de France avec plus de 400 églises membres et plusieurs centaines de milliers de fidèles à travers le monde[3].

Reconnu pour son influence religieuse et humanitaire, Clément Le Cossec développe également de nombreuses œuvres sociales, notamment en faveur des enfants défavorisés. Il est à l'origine de la construction de nombreux internats et structures d'accueil en Europe, en Inde ainsi qu'en Amérique du Nord et du Sud. Son influence s'étend à plusieurs continents, où il est considéré comme un acteur majeur de l'évangélisation des populations marginalisées ou exclues[4].

Il est également le fondateur de l'association Indian Gypsy Mission, reconnue d'intérêt public, qui œuvre pour apporter aux jeunes indiens défavorisés une éducation et une aide alimentaire mais aussi pour contribuer à la création de puits de forage afin de permettre aux indiens un meilleur accès à l'eau.

Par son rôle de fondateur de Vie et Lumière, de missionnaire et de prédicateur, celui qui est surnommé l'apôtre demeure une figure importante de l'histoire du pentecôtisme évangélique, ayant contribué à structurer un important mouvement religieux transnational[5].

Il fut aussi le propriétaire du château du Moulin aux Lièvres situé dans le Loiret, dans lequel il entreprendre ses œuvres sociales, qui fut par la suite la propriété de l'animateur et producteur de télévision Guy Lux.

Famille et jeunesse

Issu de la famille catholique Le Cossec, connue depuis le XVIe siècle et bien implantée dans le Finistère sud, Clément Le Cossec déménage dans sa jeunesse en Normandie. Il se convertit au protestantisme à l'âge de 14 ans au Havre. C'est à l'adolescence qu'il décide de s'occuper des plus défavorisés en leur annonçant l'évangile. Il entre ensuite à l'école des Ponts et chaussées dont il sort diplômé. En 1939, il suit une formation biblique à Biblique Missonary Association à Londres. De retour en France il suit des cours d'édition à l'école ABC de Paris jusqu'en 1951[6].

Sa mère lui rappelle souvent lors des offices de ne pas oublier « de saluer tout le monde et en particulier les plus pauvres »[7].

Il se marie le 17 novembre 1941 avec Thérère Taillois, avec qui il a huit enfants dont Paul et Etienne qui continue l'œuvre de leur père notamment en Inde[8].

Ministère

Avec un diplôme d'ingénieur en poche, il décide à 25 ans, en 1946, de devenir pasteur chrétien dans une église à Lille. Plusieurs évènements l'amènent à s'occuper de familles tziganes dans le besoin. Arrivé en Bretagne en 1950, il entreprend la fondation de l'Église évangélique de Rennes, avec le concours de l'évangéliste anglais Douglas Scott, promoteur du Mouvement de Pentecôte en France[9]. Mais c'est à Brest en 1952, que commence son ministère en faveur des Gitans, quand des Tziganes convertis viennent lui dire qu'aucun pasteur ne souhaite les baptiser. Il décide alors de venir en aide à ces communautés défavorisées.

En 1954, il fonde la Mission Évangélique des Tziganes de France - Vie et Lumière[10]. Voyant le besoin de ces gens illettrés et sans enseignant, il pratique des centaines de baptêmes en mer, puis il décide de laisser son église de Rennes entre les mains d'un jeune pasteur, en 1958 pour s'occuper des trois mille Tziganes nouvellement convertis[11].

Il fonde son ministère sur un verset de l'Évangile  Et le maître dit au serviteur : "Va sur les chemins et le longs des haies, et ceux qque tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie."» (Luc 14, 23[12]).

Il décide de mettre sa revue Lumière du monde crée en 1947 pour la jeunesse, au service des tsiganes. Elle deviendra Vie et Lumière en 1960[13].

Ses actions s'inscrivent dans un contexte dans lequel une grande partie des tsiganes et plus généralement des populations marginalisées délaissent l'église catholique au profit du pentecôtisme. Effectivement, bien que plusieurs papes ont tenté des rapprochements avec ces populations, comme Paul VI, qui avait dit « Vous n'êtes pas hors mais dans une autre société, une société visible, spirituelle, religieuse : cette société, vous le savez, s'appelle l'Église. Vous n'êtes pas en marge de l'Église, mais sous certains aspects vous êtes au centre, vous êtes au coeur de l'Église[12]

L'église roulante

Très tôt, dès 1950 comme à Saint-Jacques, près de Rennes, des rassemblements évangéliques, sous forme de conventions sont organisés. Aujourd'hui, ils rassemblent en moyenne pas moins de 7000 caravanes, soit l'équivalent de vingt à trente mille Tsiganes. Leurs réunions ont lieu dans des bâtiments loués ou sous des chapiteaux dressés à l'occasion. Elles sont tout public, au vu des affiches et des nombreux tracts distribués sur leurs lieux de passage. Même les autorités locales (maire, police, préfets) sont invitées[14]. Il est aussi à l'origine de la fondation de l'une des plus importantes églises évangéliques d'Espagne, L’Église évangélique Filadelfia comptant plus de 100 000 membres en 2025[15].

Elle commence à Rennes en 1958, où il décide de partir à l'aventure avec le peuple tsigane, sur les routes en France d'abord, puis en Belgique, en Hollande, en Allemagne, mais aussi en Espagne, au Portugal et en Italie. Par la suite il voyage dans plus de 40 pays au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Argentine ou dans les pays de l'Est[16],[11].

Le réveil spirituel

Le réveil spirituel s'accompagne pour ce peuple de nombreuses guérisons au contact de Clément Le Cossec[17].

Il participe aussi étroitement à l'éducation de Roms convertis, en leur apprenant à lire et à écrire, puis en leur apportant un enseignement biblique, afin d'établir des pasteurs tsiganes dans ces églises naissantes. Car dira-t-il, un « réveil n'est durable que dans la mesure où il y a des cadres spirituels »[18].

Clément Le Cossec veut prendre modèle sur l'apôtre Paul dans la Bible, qui demande à son compagnon Timothée, de confier ce qu'il a entendu par sa bouche « à des hommes capables de l'enseigner aussi à d'autres »[19].

C’est dans une caravane, avec une poignée d’élèves que le « pasteur des Gitans » commence les premiers cours bibliques itinérants. Puis, à cause des demandes d’inscriptions toujours plus nombreuses, il est très vite secondé par un jeune pasteur tsigane : Denis Théom, surnommé Payon. Il s’adjoint aussi Georges Meyer dit "Jimmy", qui succède plus tard à Clément Le Cossec à la présidence de La Mission Tzigane Évangélique, en 1972[20].

Confronté à des vocations encore plus nombreuses, il achète en 1967, une première propriété, le château du Moulin aux lièvres, acquise plus tard par le producteur et animateur de télévision Guy Lux[21],aux Choux dans le Loiret près de Gien pour accueillir les futurs prédicateurs[22]. D'une trentaine d'étudiants, ils passeront à plus de 200 en 1996. D'autres Tsiganes devenus pasteurs viendront grossir l'enseignement de l'École biblique française, parmi les plus connus :Charles Welty et Wasso Ferret. D'autres écoles Bibliques naîtront dans plusieurs pays d'Europe et en Inde.

L'action sociale

Clément le Cossec fait construire, en faveur des pauvres et des déshérités tziganes d'Inde, plusieurs pensionnats afin d'accueillir des milliers d'enfants[11]. Il est le fondateur de l'association Indien Gypsy mission, qui a pour objectif d'aider les indiens les plus défavorisés en leur donnant un accès à l'éducation mais aussi à l'eau. Son œuvre humanitaire a permis un bon nombre de personnes de sortir de leur situation de pauvreté.

Face à la pauvreté de certains Tziganes, il n'hésite pas à acheter des costumes à ses élèves prédicateurs, comme c'est le cas pour les évangélistes Mandz et Pinar au début de leur mission[23].

Lutte contre la discrimination et l'isolement

En 1968, la Mission Évangélique Tsigane se sépare des Assemblées de Dieu pour que les pasteurs soient formés et puissent prêcher auprès de leurs communautés respectives[24].

Depuis 1975, la Mission évangélique tzigane est membre de la Fédération protestante de France (FPF). Cette adhésion à la FPF est en partie motivée chez Clément Le Cossec par la recherche d'un soutien social pour un groupe souvent marginalisé ainsi que par le désir d'éviter aux convertis tsiganes de se trouver isolés et considérés comme une secte[25].

Plusieurs milliers de personnes venues de toute l'Europe se sont rendues au cimetière-sud du Mans, aux obsèques de leur « apôtre » mort dans cette même commune d'un cancer, à l'âge de 80 ans[26].

Son successeur à la tête de Vie et Lumière, le pasteur Georges Meyer, reçoit en 2015 la Légion d'honneur des mains du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, pour l'ensemble des actions entreprises par l'association fondée par Clément Le Cossec[2].

Ses enfants Paul et Etienne continuent l'action de leur père depuis sa mort en 2001[7].

Chaque année plus dizaines de milliers de personnes participent aux rassemblements annuels organisés par Vie et Lumière. Ces rassemblements religieux, parmi les plus importants d'Europe, s'organisant en coopération avec les autorités étatiques, participent à la renommée de Clément Le Cossec[12]. Par ailleurs, si ces évènements s'inscrivent dans le protestantisme, de nombreux catholiques y participent également.

Ces rassemblements, du fait de leurs dimensions, constituent des sujets de réflexion entre pasteurs, députés, préfets et ministres. Le nombres de participants oblige l'État a garantir l'accès à des lieux de surface importante comme les bases militaires aériennes de Grostenquin ou de Damblain[27].

Publications

  • L'Église - Celle qui appartient à Jésus-Christ / Vérités bibliques n°9
  • La Sainte Cène - Une source de bénédiction / Véritiés bibliques n°3
  • La Vie après la mort : Espérance sublime des Chrétiens
  • La Grandeur de Jésus-Christ et les anges : Le monde de la lumière
  • La Sanctification : Votre vie est cachée avec Christ en Dieu
  • My Adventures with the gypsies
  • Le Salut de l'âme : comment vivre heureux ici-bas et avoir une espérance sûre pour l'au-delà

Clément Le Cossec a par ailleurs réalisé une série de 18 livrets nommée les Vérités bibliques[28].

Il est aussi à l'origine de la création des revues Lumière du monde et Vie et Lumière[28].

Notes et références

Liens externes

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