Clémentine Jouassain

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Nom de naissance
Catherine Julie JouassainsVoir et modifier les données sur Wikidata
Clémentine Jouassain
Portrait photographique de Nadar, vers 1880.
Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Catherine Julie JouassainsVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Clémentine JouassainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Olivier Detournière (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
signature de Clémentine Jouassain
Signature.

Clémentine Jouassainnée le à Saint-Léonard-de-Noblat et morte le à Paris 17e, est une comédienne française.

Entrée au Conservatoire, dans la classe de Samson, le , elle obtient le second prix de comédie et un accessit de tragédie en 1850. après des essais à l’École lyrique, elle débute à l’Odéon, le , dans Hamlet, Sapho le [1]. On lui fait alors jouer les jeunes premières, emploi pour laquelle elle n’est guère taillée. Elle effectue des tournées avec Rachel, qui lui procure, à son retour, son admission à la Comédie-Française, où elle débute le , dans le rôle de Céphise, dans Andromaque, avant de passer presque aussitôt aux rôles marqués de la comédie.

Le , elle joue, à 22 ans à peine, le rôle d’Arsinoé, du Misanthrope, emploi qu’elle ne devait plus quitter, en raison de son nez, qu’elle avait long, affilé, tranchant, et qui, selon Francisque Sarcey, « la classait du premier coup dans les femmes arrivées et mûres[2]. » Elle n’avait pas qu’un grand nez, sa tournure même était si sèche, si anguleuse, malgré des yeux vifs et intelligents, qu’il était impossible de lui assigner un autre emploi. De ses défauts de nature, elle fait, avec le travail, des qualités de premier ordre, pour devenir la « reine des duègnes » de son époque.

Momentanément forcée de quitter la rue Richelieu, pour avoir osé, une fois, ne pas plier devant Rachel, elle passe à la Gaité, où elle tient, le , âgée de 26 ans seulement, le rôle du personnage de la reine Sophie de Prusse dans le Sergent Frédéric de Vanderburch et Dumanoir, aux côtés de Virginie Déjazet, qui remplissait, à 58 ans, le rôle de son fils ainé[a].

Le départ de Rachel lui rouvre les portes de la Comédie, où elle rentre comme pensionnaire le . Dès à présent. elle va exceller dans les petits rôles de vieilles, de servantes-maitresses, de gouvernantes. Sa tournure est adroite, son allure insinuante, elle personnifie à merveille la bavarde, la curieuse, la vraie ou fausse dévote. De Dame Pluche, dans On ne badine pas avec l'amour, elle fait une création inoubliable. Elle sera tour à tour Guillemette, dans la Vraie farce de Maître Pathelin d’Édouard Fournier ; Clémentine, dans le Testament de César Girodot de Villetard et Belot, « un des rôles les plus achevés qu’elle ait jamais joués[3] ».

Moins heureuse dans les personnages sérieux, par exemple, il lui fallait toujours des rôles comiques, fantaisistes : « Des baronnes et des marquises pour rire, tant qu’on en voulait, mais du grand monde authentique, ou passant pour tel, ce n’était pas le genre de mademoiselle Jouassain[4]. » Indépendamment des duègnes du répertoire, Madame Pernelle, Bélise, Arsinoé, etc., ou des rôles suscités, elle a joué encore dans 25 pièces nouvelles[b], telles que le Village, le Fils, l’Été de la Saint-Martin, la Cigale chez les fourmis, l’Ami Fritz, Daniel Rochat, le Député de Bombignac, le [1].

En 1870, elle est dame de l’ambulance du Théâtre-Français. Plus tard, elle a fait partie des deux voyages de la Comédie-Française en 1871 et 1879. Elle avait reçu les palmes d’officier d’académie.

Sociétaire depuis le , elle n’a pris sa retraite que le , la Comédie-Française lui ayant racheté la représentation à laquelle elle avait droit, moyennant 8 000 francs. Ayant droit à une pension de 500 francs à la Société des artistes depuis 1894, elle a refusé de la toucher, abandonnant de ce fait près de 7 000 francs pour soulager des misères. La Comédie-Française a pensé un temps la remplacer par Irma Crosnier de l’Odéon, autre « duègne » célèbre, mais les pourparlers n’ont jamais abouti[5].

Renversée par une bicyclette lancée à toute allure, avenue de la Grande-Armée, elle doit s’aliter et meurt des suites de cet accident. À l’issue de ses obsèques, célébrées le à Saint-Ferdinand-des-Ternes, elle a été inhumée au cimetière du Montparnasse, aux côtés de son mari, le lieutenant de vaisseau Olivier Detournière, épousé en 1876. Elle a également laissé 10 000 francs au Ministère de la Marine, en souvenir de ce dernier.

Jugements

« Comédienne savante et soigneuse dans les moindres détails, cherchant à faire un type du rôle qui lui est confié, elle n’est jamais banale. Son jeu nerveux, quelquefois même un peu sec, a de l’action sur le spectateur qu’elle retient toujours par le côté pittoresque[6]. »

 Félix Jahyer

« Ce n’était point du tout qu’elle fût laide. Elle avait la beauté du diable, et d’un fort malicieux diable : les yeux étaient vifs, la physionomie animée, et il y avait dans toute sa personne un je ne sais quoi de piquant et de spirituel. Mais, que voulez-vous ? la nature l’avait, pour son malheur, douée d’un nez qui la classait du premier coup dans les femmes arrivées et mûries. Si ce nez n’eût été que grand, il aurait pu encore donner à la figure un air de majesté compatible, après tout, avec la jeunesse ; mais il était long, effilé, tranchant ; il s’enlevait en arête vive sur le reste du visage, et il vous avait un air si net et si précis, une tournure si sèche, qu’il ressemblait à un holà péremptoire, qui mettait les grâces et les ris en déroute[2]. »

 Francisque Sarcey

« Je me souviens aussi de Mme Jouassin [sic] qui, dans les rôles de duègne, scandait ses phrases avec mauvaise humeur en paraissant piquer son interlocuteur de son grand nez[7] »

 Boni de Castellane

Théâtre

Carrière à la Comédie-Française

Photographie de Nadar dans le rôle de Bélise, en 1861.
Entrée en
Nommée 286e sociétaire en
Départ en

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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