Le clocher de l'Anountsiáta (grec moderne: κωδωνοστάσιο της Ανουντσιάτα) est un clocher situé dans la ville de Corfou, en Grèce. Situé au croisement des rues Evgeníou Voulgáreos-Motsenígou (grec moderne: Οδός Ευγενίου Βουλγάρεως-Μοτσενίγου) et Vrachlióti (grec moderne: Οδός Βραχλιώτη), il fait initialement partie du monastère catholique de l'Annonciation (grec moderne: Μοναστήρι της Ευαγγελίστριας), aujourd'hui démoli, également connu sous le nom d'Anountsiáta (grec moderne: Ανουντσιάτα; italien: Annunziata).
Construit pendant la période de domination angevine de l'île de Corfou, à un emplacement situé entre les collines de Saint-Athanase (grec moderne: Ύψωμα Αγίου Αθανασίου) et des Saint-Pères (grec moderne: Ύψωμα Αγίων Πατέρων), avec comme principal donateur des fonds nécessaires, ainsi que du terrain concerné, le noble et marin napolitain Pietro Capezze, le monastère de l'Annonciation est consacré le , en présence des autorités locales de l'île, et, plus précisément, du bailli Niccolò Zen, de l'évêque catholique Albano Michiel et du clergé catholique, du protopapa orthodoxe et, au total, de 32 prêtres orthodoxes de la ville de Corfou, de fonctionnaires vénitiens, de nobles et de marchands corfiotes, ainsi que d'une foule nombreuse, avant d'être confié à l'ordre de Saint-Augustin[1],[2],[3].
Complexe immobilier de taille importante et propriétaire d'un patrimoine immobilier considérable, le monastère est placé, à partir de 1406, sous la tutelle et la protection du bailli local des Vénitiens[2].
Ayant subi d'importants dégâts en 1537, le monastère est entièrement reconstruit en 1542[2].
En son sein sont enterrés les Corfiotes tombés lors de la bataille navale de Lépante en 1571, ainsi qu'un certain nombre de fonctionnaires vénitiens locaux[1],[2]
En 1571, de nouvelle interventions architecturales ont lieu au sein du complexe, plus précisément des travaux de réparation de la toiture, puis, au cours de la période entre 1668 et 1670, d'autres travaux sont également effectués, au cours desquels le clocher prend probablement sa forme définitive[2].
Au cours de ces travaux, le plafond de l'église du monastère est décoré de 28 tableaux peints par Riggoni, avec la contribution, également, de l'iconographe Théodore Poulakis, ainsi que de son frère[2].
En 1713, suite à une décision de l'archevêque local, Augusto Antonio Zacco, le complexe cesse de fonctionner en tant que monastère et est reconverti en séminaire[1],[3].
En 1797, lors de l'invasion française de l'île, il subit d'importants dommages, tandis que le , au cours des bombardements allemands, le complexe immobilier est entièrement détruit par le feu, mais reste néanmoins debout, bien qu'en état de ruines[1],[2],[3].
En 1953, suite à une décision de l'autorité démotique locale, sous le mandat de maire de Stamátios Dessýlas, l'ensemble du complexe immobilier est démoli, à la seule exception, hormis le clocher, de l'extrémité nord-est de l'église de l'ancien monastère[1],[2],[3].
Au cours de la période entre 2020 et 2022, le clocher fait l'objet de travaux de restauration, sous la supervision de l'Éphorie des antiquités de Corfou, au cours desquels des peintures murales sont découvertes, dont une partie est désormais exposée au sein de l'enceinte du vieux fort de Corfou[4].
Architecture
En forme de basilique à trois nefs, l'église du monastère est dotée de trois fenêtres circulaires sur sa façade, dont l'accès se fait par un petit escalier en marbre rouge ouvragé, ainsi qu'une présence marquée de décorations sculptées[1],[3].
Aujourd'hui, sur les parties supérieures du clocher, subsistent encore des représentations allégoriques de Corfou, accompagnées de l'emblème local de l'île[1].