Club échangiste
club de pratiques libertines
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Le club échangiste (autrement désigné comme « club libertin » ou « boîte de nuit échangiste »), tout comme le « sauna libertin », est un lieu de rencontre privé destiné à la sexualité de groupe entre partenaires majeurs et consentants. Intégrant le plus souvent les pratiques sexuelles issues de l’échangisme, les clients ont pour but de partager des plaisirs de courte durée, en sortant de leurs habitudes et en évitant des relations suivies ou indiscrètes. Des clients fréquentent ces endroits pour leur « ambiance décontractée », sans rechercher des rapports sexuels.

Parfois influencés par certaines pratiques homosexuelles (sauna, backroom, BDSM), ces clubs paraissent parfois proches des boîtes de nuit et donc plus fréquentables.
Diversité des clubs dans le monde
Longtemps secrète, la pratique sexuelle de l’échangisme est aujourd'hui mieux tolérée ; elle remplace le « troc des femmes », qui se substituait à la prostitution et se faisait à l’initiative des hommes.
Longtemps prohibée, comme d’autres pratiques sexuelles minoritaires, les échangistes se retrouvent encore sur des sites extérieurs ; ces sites sont parfois confondus avec la « drague » des gays, la prostitution et les organisations liées à la pornographie, et, parfois même, à la drogue. Cet amalgame se retrouve dans les lieux publics (forêts, plages, etc.), rarement dans les clubs privés.
En Amérique du Nord
Aux États-Unis et au Canada, des clubs accueillent les échangistes ; ce style de vie apparait non seulement comme une distraction sexuelle, mais aussi comme une activité sociale tournée vers l’idée de réseau. Des organisations, sous forme d'associations, se chargent de trouver les lieux échangistes : elles louent un bar ou une boîte de nuit, une ou deux fois par semaine, pour leurs membres. Ces locations peuvent animer les banlieues ou les grands espaces industriels qui resteraient autrement fermés ou vides.
Une fois que les membres du club ont réservé un établissement, s’organisent alors des soirées « on-premise » ou « off-premise » - suivant que l’on autorise les activités sexuelles « sur place » (dans un coin de l’établissement réservé uniquement aux membres du club) ou qu’elles se passent « en dehors » ; le lieu ne sert alors qu’aux rencontres des partenaires sans aller jusqu’aux rapports sexuels.
Quelle que soit la situation, ces soirées sont souvent réservées aux couples et tolèrent uniquement les femmes seules, mais beaucoup plus rarement les hommes seuls : ils paient alors des frais d'adhésion beaucoup plus élevés.
R. c. Labaye est un arrêt de principe de la Cour suprême du Canada rendu en 2005 sur l'indécence en droit pénal et concernant la légalité des clubs échangistes[1].
En Europe
Dans les pays européens, essentiellement du nord de l'Europe où ces pratiques sont plus répandues, des clubs sont dédiés en permanence à l'échangisme.
La France a adopté une législation suffisamment souple pour ne plus confondre le proxénétisme avec la gestion d’un club échangiste ; depuis une dizaine d’années, les ouvertures d’établissements de loisirs sexuels se multiplient (article 225 du Code pénal).
La France regroupe la majorité des clubs européens ; ils sont évalués à un demi-millier ; le site du Cap d’Agde peut même être considéré comme la capitale européenne du sexe, avec sa cinquantaine de boutiques, restaurants, bars, clubs ou saunas spécialisés. Les pratiques sur ce site sont strictement réservées aux « adultes consentants » ; ils interdisent la prostitution d’adolescents ou d’enfants à l’origine du tourisme sexuel dans certains pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Asie, de l’Est de l’Europe ou d’Amérique du Sud.
Organisation des clubs
L’ambiance et la clientèle
Les clubs échangistes ont des ambiances et des usages assez variables : certains se fondent sur une sélection financière et/ou physique, d’autres se veulent plus populaires. La plupart conservent les schémas culturels de la boîte de nuit et de la pornographie avec des spectacles et équipements évoquant les vidéos pornographiques ; d’autres créent des ambiances plus intimes (« lounge » bar, balnéothérapie) ; d'autres vont jusqu'au tantrisme, la BDSM, et se rattachent ponctuellement à la culture gay.
Les clubs se différencient par leur qualité de prestations, leur surface, leur lieu d'implantation, leur hygiène, et bien entendu les prix d’entrée ; ils vont majoritairement déterminer le type de clientèle (différenciation des tarifs pour femme, homme, couple). Les plus grands établissements accueillent des centaines de personnes le samedi soir ; de nombreux petits clubs sont plutôt réservés aux habitués. Le nombre de clients indique un « choix » plus important, mais n'implique pas qu’il y a plus d‘activités.
L’organisation des espaces
Les clubs échangistes sont totalement conçus pour les pratiques tournant autour de la sexualité de groupe. Ils se divisent généralement en deux espaces : les premiers favorisant un premier contact de rencontre (« lounge », bar, piste de danse, restaurant) ou une approche plus ciblée (salon de massage, bains, douches, sauna, jacuzzi…), et les seconds destinés aux activités sexuelles (alcôves, isoloirs, chambres).
Dans ce dernier espace, parfois surnommé « coin câlin », des pièces (ouvertes ou fermées) sont équipées pour des relations sexuelles, sur un sofa ou un lit avec matelas couverts de skaï ou de draps.
Ces « cellules » sont de taille variable et peuvent disposer de différents équipements, parfois de fenêtres (donnant sur les couloirs), de glory holes, des miroir, et de machines se rattachant au sado-masochisme. La mise à disposition de préservatifs dans ces pièces est un gage de qualité pour l’établissement.
Le sauna libertin
Le « sauna libertin » est un lieu également destiné à la rencontre dans le but d'avoir des relations sexuelles. Ils se composent généralement de jacuzzi, hammam, sauna, douche et « coins câlins ». Généralement, les vêtements ne sont pas tolérés, mais un peignoir est fourni ou selon les établissements, un simple serviette pour un homme et un paréo pour les dames.
Les usages et le consentement
En général, les règles de base dans ces clubs reposent sur le consentement réciproque - condition sine qua non de la légalité de l’établissement.
On trouvera donc des restrictions et un règlement intérieur à respecter impérativement sous peine d'être expulsé :
- l'interdiction des attouchements sans consentement (signe de tête, regard, geste) ;
- la compréhension des refus verbaux (« non veut dire non ») sans avoir à se justifier ;
- le port systématique du préservatif (en général distribué gratuitement) ;
- l'interdiction de la prostitution et de la drogue (cause de fermeture d’un club) ;
- la discrétion — ou l’anonymat.
Bibliographie
- Delphine Casse (sous la direction de), France coquine… et Belgique, 2007-2008, guides Petit Futé
- Thierry Demessence, Libertin(e) aujourd'hui : Mélangistes, échangistes, bisexuels, qui sont-ils ?, Éditions De mes sens, 2004 (ISBN 2952162506)
- Alain Giami, Description et observation, préface pour R. Mendès-Leite, P.O. de Busscher Micro-géographie sexographique de deux back-rooms parisiennes (p. 5–11). Lille : Cahiers Gai-Kitsch-Camp, 1997
- Richard Veille, Amours plurielles : échange, mélange et autres pratiques…, Éditions Blanche, 2007 (ISBN 2846281610)
- Daniel Welzer-Lang, La planète échangiste : les sexualités collectives en France (Résultats d'une enquête sociologique dans les lieux échangistes), Éditions Payot & Rivages, Paris, 2005 (ISBN 2-228-89976-3)
