Charles Colbert de Croissy

diplomate français From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Colbert de Croissy, né à Reims le [1] et mort à Versailles le , est un administrateur, diplomate et homme d'État français.

Faits en bref Intendant de la généralité de Paris, 1668-1675 ...
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Biographie

Carrière administrative

Issu de la famille Colbert, une famille de marchands et de banquiers champenois de Reims, Charles Colbert est le fils de Nicolas Colbert de Vandières et de Marie Pussort. Il est le frère cadet de Jean-Baptiste Colbert, le "grand Colbert". Dans le sillage de son frère, commis de Michel Le Tellier, le secrétaire d'État de la Guerre, il est nommé en 1654 intendant des armées de Catalogne, Provence et Naples. L'année suivante, il achète une charge de conseiller au parlement de Metz et en 1656 est nommé intendant d’Alsace, poste qu'il cumule avec l'intendance des Trois-Évêchés en 1661. Président du Conseil supérieur d'Ensisheim et président à mortier au parlement de Metz en 1662, il est à la fois un administrateur, un magistrat et un agent diplomatique pour le compte du cardinal Mazarin, se rendant plusieurs fois en Allemagne pour participer à des négociations.

En 1663, il quitte l'Est de la France pour servir comme intendant en Touraine, Anjou et Maine et commissaire du roi aux États de Bretagne en 1663 et 1665. De passage en Bretagne en 1665, il établit un rapport circonstancié sur l'abbaye Notre-Dame du Tronchet. En 1666, il passe intendant d'Amiens et de Soissons et sert comme intendant d'armée pendant la guerre de Dévolution. Après avoir été brièvement intendant de la Flandre conquise, il couronne sa carrière administrative par le poste prestigieux d'intendant de Paris, fonction qui recouvre non pas Paris mais l'Île-de-France (1668-1675).

Carrière diplomatique

Dans les faits, Croissy, dont la carrière s'oriente définitivement vers la diplomatie, n'aura guère l'occasion d'exercer ce dernier emploi d'intendant. En 1668, il est l’un des plénipotentiaires du congrès d’Aix-la-Chapelle, puis ambassadeur à Londres, pour négocier une alliance avec l'Angleterre de Charles II. Les pourparlers aboutissent au traité de Douvres du . Entre 1676 et 1678, il est un des négociateurs français qui siègent au congrès de Nimègue aboutissant au traité de Nimègue de 1678.

Maître des requêtes depuis 1663, conseiller d’État par semestre depuis 1668, conseiller d’État ordinaire depuis , Croissy acquiert un office de président à mortier au Parlement de Paris le . Il se trouve en Bavière comme envoyé extraordinaire de Louis XIV auprès de l'électeur pour demander la main de sa sœur Marie-Anne-Victoire en faveur du dauphin Louis lorsqu'il apprend la disgrâce de Pomponne et sa nomination pour lui succéder dans la charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères (1679).

Carrière ministérielle

Il prend ses fonctions le , son frère aîné ayant assuré son intérim dans l'attente de son retour en France.

Secrétaire d'État[2] et ministre d'État, Croissy est à la fois un des concepteurs et le principal artisan de la politique des Réunions de Louis XIV, qui aboutit à la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Réputé âpre et brutal avec les diplomates étrangers, il reflète par son attitude l'orgueil du monarque à l'apogée de son règne, entre 1679 et 1688. Ezéchiel Spanheim peint le ministre « bon et bienfaisant par inclination, chagrin ou emporté par tempérament ou par accident, traitable ou difficile par intervalle et par la nature des affaires, et ainsi commode ou fâcheux par les mêmes endroits, d’ailleurs appliqué par devoir, habile par routine, jaloux de son poste, et enfin fort soumis aux volontés du roi ». Saint-Simon le décrit comme « un homme d’un esprit sage, mais médiocre, qu’il réparait par beaucoup d’application et de sens, et qu’il gâtait par l’humeur et la brutalité naturelle de sa famille ».

Durant son ministère, Croissy n'est jamais seul à définir la politique extérieure de la France : Louis XIV fixe le cap, et ses collègues, Louvois et Seignelay, empiètent volontiers sur ses attributions. Il prépare les négociations du traité de Ryswick de 1697.

Écrit

  • La Bretagne de Louis XIV. Mémoires de Colbert de Croissy (1665) et de Béchameil de Nointel (1698), Philippe Jarnoux, Pierrick Pourchasse et Gauthier Aubert (texte présenté et annoté par), Presses universitaires de Rennes, 2016, [présentation en ligne] (ISBN 978-2-7535-5119-0)

Mariage et descendance

Par contrat passé à Paris le , il épouse Françoise Béraud ( - Paris, ), unique enfant de Joachim Béraud, seigneur de Croissy, bourgeois de Lyon, et de Marguerite de Laistre. Le Roi Louis XIV et la cour appréciaient Françoise Béraud, qui était reçue dans l'entourage royal. Riche héritière, elle apporta notamment à son époux la terre de Croissy, dont il prit le nom et qui fut érigée, avec les paroisses de Torcy, Collégien, en marquisat en sa faveur, par lettres patentes données à Saint-Germain en Laye en [3].

Tous deux eurent sept enfants :

  • Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, successeur de son père dans ses charges (Paris, - Paris, ), marié en 1696 avec Catherine Félicité Arnauld de Pomponne (1679-1755), dont postérité ;
  • Charles-Joachim Colbert de Croissy, prêtre, agent général du clergé, évêque de Montpellier (Paris, - Montpellier, ) ;
  • Marie-Françoise Colbert de Croissy ( - Paris, ), mariée à Paris le avec Louis Joachim de Montagu, vicomte de Beaune, marquis de Bouzols (1662-1746), sans postérité ;
  • Louis-François-Henri Colbert, comte de Croissy, lieutenant-général des armées du Roi, gouverneur de Crécy en Brie, lieutenant du Roi des ville, comté et évêché de Nantes, ambassadeur auprès du Roi Charles XII de Suède (Paris, - Paris, ), marié en 1711 avec Marie Brunet de Rancy (1693-1742), dont postérité féminine ;
  • Charlotte Colbert, religieuse, abbesse de Maubuisson (Nimègue, - Abbaye de Maubuisson, ) ;
  • Marguerite-Thérèse Colbert (Versailles, - Paris, ), mariée en 1701 avec Louis IV de Clermont d'Amboise, marquis de Reynel († 1702), puis en 1704 avec François Marie Spinola, duc de Saint-Pierre, grand d’Espagne, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1659-1727). Elle eut pour parrain messire Charles Honoré d'Albert, duc de Chevreuse, et pour marraine Catherine Thérèse de Matignon, femme de messire Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, châtelain de Blainville. Dont postérité du premier mariage ;
  • Olympe-Sophie Colbert, non mariée (Versailles, - )[4].

Mort à Versailles, Colbert de Croissy fut enterré à Paris, dans l'église Saint-Eustache, comme son frère Jean-Baptiste l'avait été treize ans plus tôt.

Il eut pour successeur son fils Jean-Baptiste Colbert de Torcy ; auquel il avait assuré la survivance de sa charge de secrétaire d'État dès 1689.

La descendance de Charles Colbert de Croissy s'est éteinte en ligne masculine au décès de son arrière petit fils, Jean Baptiste François Ménelay Colbert de Croissy, marquis de Sablé, en 1791[5].

Notes et références

Annexes

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