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Église Saint-Martin de Clamecy

église située dans la Nièvre, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

L'église Saint-Martin de Clamecy est une église collégiale située dans la ville de Clamecy, dans la région actuelle Bourgogne Franche-Comté, au sein du département de la Nièvre.

DédicataireSaint-Martin
RattachementParoisse Sainte-Marie de Bethléem
Style dominantGothique
Faits en bref Présentation, Dédicataire ...
Collégiale Saint-Martin de Clamecy
Façade ouest de la collégiale Saint-Martin de Clamecy.
Façade ouest de la collégiale Saint-Martin de Clamecy.
Présentation
Dédicataire Saint-Martin
Type Collégiale
Rattachement Paroisse Sainte-Marie de Bethléem
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Site web www.belleseglises.com/fr/eglises/collegiale-saint-martin-clamecyVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Commune Clamecy
Coordonnées 47° 27′ 35″ nord, 3° 31′ 08″ est
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne
(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Église Saint-Martin de Clamecy
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Martin de Clamecy
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Historique des phases de construction

Fondation de la collégiale

La collégiale Saint-Martin de Clamecy a pour origine une chapelle paroissiale, datée du VIIIe siècle. Au IXe siècle, les comtes de Nevers sont venus s'installer à Clamecy, en participant activement au développement de la ville. Ils ont notamment fondé une paroisse, un château-fort et une chapelle paroissiale[1].

La reconstruction de la chapelle paroissiale primitive au XIe siècle a été décidée respectivement par le vicomte Guy de Clamecy et l'évêque d'Auxerre Geoffroy de Champallement, afin d'accueillir un collège de huit chanoines destiné à célébrer le culte divin[2]. L'édifice est dans un premier temps dédié à Saint-Potentien ; grand évangélisateur de la région.

Le chapitre et sa collégiale vont prospérer grâce à des soutiens financiers. Des dîmes, des rentes, des droits de pêche et de chasse, des terres et vignobles seront accordés par le vicomte Guy de Clamecy. Sa femme, la comtesse Ida sera aussi à l'origine de la croissance du chapitre, grâce à ses dons d'argent, de pièces d'argenterie et de rentes en nature. La comtesse de Nevers, Mahaut de Courtenay attribuera de son côté cents sols de rente annuelle aux chanoines.

Il n'y a pas de texte officiel qui permet d'attester avec précision le début des travaux d'amélioration de l'édifice primitif. La plupart des historiens s'accordent sur la date de 1215, qui correspond à la date d'affranchissement de la ville dictée par le comte Hervé de Nevers[3].

Campagne principale de travaux

La période des travaux s'étend de 1215 à 1520 environ.

En 1240 avait lieu la seconde campagne de construction de la nef avec la réalisation des trois premières travées[4]. Les deux travées précédant le jubé seront édifiées lors de la même période que le chœur, considéré comme "le plus bel exemple du gothique bourguignon"[5]. Des inspirations cisterciennes sont utilisées, en particulier sur les congés des arcatures des collatéraux d'ailleurs très présents dans la région au XIIIe siècle[6]. Il faut aussi noter l'alternance des supports : pile simple ou pile complexe supportant des arcs surhaussés et décorés de têtes humaines sculptées et les voûtes sont sur croisée d'ogives.

Il faudra attendre le XVe siècle pour l'achèvement de la dernière travée de la nef, montrant le plan final de la collégiale, avec la particularité d'avoir un chevet plat.

En 1437 « fut faite toute neuve la charpenterie dessus la nef »[7] et l'année suivante le vocable change. La collégiale est dès lors dédiée à saint Martin « le dimanche après l'apparition de Nostre Seigneur, l'an mil quatre cent trente-huit »[7] pour rendre hommage à l'un des plus grands évangélisateurs de la Gaule.

L'an 1497 est une année clé dans l'édification de la collégiale. Elle correspond à la construction de la tour monumentale orientée au sud-ouest. C'est la partie qui constitue la fierté des habitants de la ville puisque la tour et le portail ont été faits grâce à la "piété et à la munificence des seuls habitants de Clamecy"[8]. La pierre de Basseville utilisée pour la construction était issue d'une carrière locale située le long du canal du Nivernais. La construction revient à Pierre Cuvé dit "Bat-le-Duc" et son équipe d'ouvriers.

Statue de Pierre Cuvé rue du Grenier à Sel.

L'année 1515 marque un tournant dans la construction de la collégiale : la fin des travaux concernant la tour et le début de l'édification du portail et de la façade. Le portail majestueux surmonté des trente-deux scènes de la vie de Saint-Martin est essentiellement gothique. D'un point de vue iconographique, il s'agirait de l'ensemble le plus complet de la vie du saint. La façade quant à elle est qualifiée "d'excessivement ornée et apparaissant comme un placage"[9] probablement "la plus richement décorée de tout le diocèse"[10] .

Malgré son savoir-faire impressionnant, l'architecte Pierre Cuvé mourut sous le poids des blocs de pierre. La légende raconte qu'un bloc serait tombé de la tour et aurait écrasé Bat-le-Duc. Le bloc en question a été sculpté par un de ses élèves, reprenant la silhouette de son maître. La sculpture est aujourd'hui exposé à l'entrée de Clamecy rue du Grenier à Sel[11]. Cet évènement tragique n'a pas été le seul : le , lors de la fête de la Sainte-Barbe, un mouvement de foule a eu lieu lors de la visite de la tour, provoquant la mort par étouffement de plusieurs clamecycois[9].

De la fin des travaux jusqu'à nos jours

Dès 1520 les gros travaux de la collégiale sont terminés. Le monument va en revanche susciter des interrogations fondamentales dès l'année suivante. En 1521, le roi de France François Ier passe par Clamecy. Il est frappé par la forme des mus intérieurs qui penchent dangereusement vers l'extérieur[12]. En conséquence, le roi fait don d'une somme d'argent pour aider les chanoines à réaliser des travaux de soutènement, consistant en l'installation d'un jubé. C'est le chanoine Guillaume Colas qui est chargé de son installation et achèvera les travaux en 1525. Certains pensent que ce jubé est à l'origine du fléchissement des murs tandis que d'autres estiment qu'il compense ce fléchissement[13]. Jusqu'à ce que le jubé soit retiré en 1840 par Eugène Viollet-le-Duc au moment du classement de la collégiale sur la première liste des Monuments Historiques, il continuera d'interroger les architectes, les évêques et les ingénieurs qui feront des demandes de financement pour protéger les murs qui menaçaient de tomber en ruine.

Faux jubé actuel de la collégiale Saint-Martin.

Durant la même année 1525, les portes en chêne massif sont installées à l'entrée de la collégiale.

Le marque la date de la bénédiction des cloches de la tour. Martine, la première est parrainée par le duc du nivernais Louis-Jules Barbon-Mazzarini-Mancini et marrainée par son épouse, la duchesse du nivernais, Hélène Phélipaux de Pontchartrain. La deuxième cloche, Marie est parrainée par le marquis de Chabannes Claude-François et marrainée par sa femme Marie-Henriette de Fourvière de Cuncy-sur-Yonne. La dernière, Gabrielle ne semble pas avoir été baptisée[14].

Un tournant important à lieu lors de la Révolution française. Le chapitre de chanoines est supprimé et l'édifice devient un Temple de la Raison, destiné à accueillir les cérémonies des révolutionnaires. De nombreuses dégradations sont notables à cette période. En 1793, Fouché donnait l'ordre de démolir la tour de la collégiale. Il souhaitait retirer les gouttières et les gargouilles afin que les eaux de pluie s'infiltrent et provoquent l'écroulement supposé naturel de la tour. Il avait aussi ordonné de faire retirer les cloches pour en faire des canons. Seule Martine est restée jusqu'en 1851 où elle a été fendue par des émeutiers de la révolte de 1848. Le son des cloches ne sera rétabli qu'en 1857 grâce au financement de familles locales et leur bénédiction sera donnée le par l'évêque de Nevers Dominique-Augustin Dufêtre. On dit qu'elles sonnent depuis "le plus beau son du diocèse de Nevers et d'Auxerre"[15].

L'église est classée au titre des monuments historiques par la liste de 1840[16].

Orgue Aristide Cavaillé-Coll situé dans la collégiale Saint-Martin de Clamecy.

L'orgue est composé de deux parties d'époques différentes. La tribune d'orgue du XVIe siècle est également classée au titre des monuments historique en 1840[17]. La partie instrumentale, due au facteur Aristide Cavaillé-Col, et installée en 1863-1864, est inscrite au titre objet des monuments historiques par arrêté du 27 décembre 1974[18]. Il figure parmi les trois orgues de ce maitre recensés en Bourgogne-Franche-Comté[réf. souhaitée].

La collégiale a connu différents événements à la fin du XXIe et au tout début du XXIe siècle. Le lundi , un drapeau rouge a été placé au sommet de la tour à la suite de l'élection du conseil municipal à majorité communiste. Ce drapeau rouge est venu remplacer le drapeau tricolore de la Révolution (qui sera lui-même replacé après la Seconde Guerre Mondiale et est encore en place aujourd'hui)[19].

La guerre de 1939 à 1945 n'a eu qu'un impact mineur sur l'édifice. La collégiale a connu quelques bombardements allemands, causant la chute de gargouilles de la tour le .

Description de l'édifice

Annexes

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