Comité Diderot
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Le Comité Diderot est un réseau international d'universitaires, d'experts et de professionnels de l'audiovisuel qui souhaitent contribuer au rétablissement de la libre circulation de l'information, sans propagande de guerre, entre l'Europe et la Russie en vue d'apporter un soutien aux sociétés civiles ukrainienne, russe et biélorusse. Il est créé en , dans le contexte de l'agression de la fédération de Russie contre l'Ukraine et des importantes restrictions à la liberté d'expression en Russie.
Le Comité Diderot a pour objet de lutter contre la désinformation russe dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie[1]. Il contribue à l'action de Reporters sans frontières auprès de l'Arcom et du Conseil d'Etat qui conduit à l'interdiction de la diffusion par Eutelsat des chaînes russes de propagande de guerre NTV, Pervyi Kanal et Rossiya 1[2]. Il propose l'idée et contribue au lancement du bouquet de chaînes Svoboda Satellite. Il lance diverses alertes concernant le contournement des sanctions européennes contre les médias russes de propagande et contre les chaînes islamistes soutenant le terrorisme[réf. souhaitée].
L'historien Antoine Arjakovsky cite l'action de RSF et du Comité Diderot comme exemple de « ministères de la Paix » émanant de la société civile[3]. Le professeur de droit des médias Andrei Richter souligne que l'approche des sanctions par le Comité Diderot va au-delà de la critique de la désinformation qui fonde les sanctions de l'Union européenne, en mettant l'accent sur des appels par les chaînes russes de propagande à l'enlèvement, voire à l'assassinat, de dirigeants étrangers en visite en Ukraine, des déclarations incitant au génocide des Ukrainiens, des propos homophobes et antisémites, proposant la légitimation de l'utilisation possible d'armes nucléaires contre des pays soutenant l'Ukraine, qualifiés de « 40 États nazis », et propageant l'annonce d'une IIIe Guerre mondiale qui devrait conduire à la démilitarisation de l'OTAN[4]. Le Comité Diderot est qualifié d'« influent » par Advanced Television, presse spécialisée dans l'audiovisuel[5]. Le consultant danois en matière de télécommunications John Strand cite les travaux du Comité Diderot concernant la collaboration d'Eutelsat avec l'appareil de propagande du régime du Kremlin dans ses analyses du marché international des télécommunications[6].
Historique
Origines : pétition d'avril 2022
Le , Jim Phillipoff, ancien directeur du Kyiv Post et d'une plate-forme de télévision numérique en Ukraine, publie dans le Kyiv Post un article dans lequel il constate que les chaînes de propagande de guerre russes sont diffusées vers la Russie par le satellite Eutelsat 36B de l'opérateur français de satellites Eutelsat, dont les clients sont les plates-formes de télévision à péage NTV Plus et Trikolor. Il suggère que des sanctions prises contre ces deux plates-formes permettraient de libérer des capacités et de diffuser des chaînes d'information indépendante pour contrer la propagande officielle[7].
Jim Phillipoff est contacté par André Lange, chercheur belge en communication et ancien expert et responsable de département à l'Observatoire européen de l'audiovisuel (Conseil de l'Europe). Ils décident de créer le Comité Diderot en vue de promouvoir ce projet[8].
Le , le Comité Diderot publie un premier rapport et lance une pétition signée par diverses personnalités universitaires et du secteur audiovisuel. Parmi les signataires figurent notamment tous les membres de l'autorité de régulation ukrainienne Conseil national de la Radio et de la Télévision (NRADA)[9],[10]. La pétition est adressée aux principaux dirigeants européens, et aux dirigeants d'Eutelsat. Elle reprend la proposition de sanctions et l'idée d'un bouquet de chaînes alternatives. Elle dénonce également le fait que les deux plates-formes clientes d'Eutelsat ont arrêté la diffusion vers la Russie de huit chaînes internationales d'information[11],[12].
À la suite de l'action du Comité Diderot, la Fédération européenne des journalistes et la Fédération internationale des journalistes déposent une alerte formelle auprès de la Plate-forme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l'Europe, dénonçant le fait qu'Eutelsat a accepté la censure de huit chaînes internationales d'information[13].
Eutelsat répond en défendant sa neutralité et en argumentant que c'est aux autorités européennes ou nationales de prendre des sanctions, et non à l'opérateur[14].
