Congrès international d'architecture moderne

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Les congrès internationaux d'architecture moderne ou CIAM sont nés du besoin de promouvoir une architecture et un urbanisme fonctionnels. La première rencontre eut lieu en 1928, à La Sarraz (Suisse) grâce à Hélène de Mandrot, et Le Corbusier y joua un rôle important. Le dernier congrès « officiel » des CIAM, le 10e du nom, eut lieu à Dubrovnik en 1956. Mais c'est en 1959, à Otterlo, aux Pays-Bas, que certains membres décidèrent de mettre fin à ces congrès. Certains d'entre eux ont poursuivi les réunions sous la dénomination Team 10.

Faits en bref Fondation, Dissolution ...
Congrès international d'architecture moderne
Logo de Congrès international d'architecture moderne vers 1937.
Histoire
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Formation et membres

Le CIAM s'est constitué au château de La Sarraz en grâce à l'impulsion d'Hélène de Mandrot qui voulait créer une émulation pour l'architecture moderne dans sa propriété. 28 architectes européens s'y sont réunis dont Le Corbusier et Sigfried Giedion (premier secrétaire général).

Les autres membres sont Karl Moser (premier président et absent à La Sarraz), Victor Bourgeois, Pierre Chareau, Josef Frank, Gabriel Guevrekian, Max Ernst Haefeli (de), Hugo Häring, Arnold Hoechel (de), Huib Hoste, Pierre Jeanneret (cousin de Le Corbusier), André Lurçat, Ernst May, Max Cetto (en), Fernando García Mercadal, Hannes Meyer, Werner Max Moser, Carlo Enrico Rava, Gerrit Rietveld, Alberto Sartoris, Hans Schmidt (de), Mart Stam, Rudolf Steiger, Henri-Robert Von der Mühll et Juan de Zavala.

Par la suite, d'autres membres importants rejoignent le groupe, tels Aino Aalto, Alvar Aalto, Charlotte Perriand, Hendrik Petrus Berlage, Cornelis van Eesteren, Minnette de Silva et Bruno Elkouken.

Influence

Le Corbusier publia la Charte d'Athènes[1] en 1941 (reprise des conclusions du CIAM IV de 1933, texte fondateur de l'architecture et de l'urbanisme moderne).

Ce texte énonce les moyens d'améliorer les conditions d'existence dans la ville moderne, qui doit permettre l'épanouissement harmonieux de quatre grandes fonctions humaines : habiter, travailler, se divertir et circuler. Mais son « manifeste concret » reste la construction des CIAM pour l’exposition internationale de 1937 : un « Pavillon des temps nouveaux, essai de musée d’éducation populaire (urbanisme) ».

Les congrès

Ier Congrès: La Sarraz (1928) - Fondation et buts

Le congrès inaugural se tient du 25 au , sous l'impulsion de Le Corbusier, de l'historien Sigfried Giedion et de la mécène Hélène de Mandrot. Les vingt-huit architectes présents signent la « Déclaration de La Sarraz », qui affirme que l'architecture doit être liée à l'économie générale et à la vie sociale. Le groupe rejette l'académisme et définit six axes de travail urgents: l'expression architecturale moderne, la standardisation, l'hygiène, l'urbanisme, l'éducation et les relations avec l'État[2].

IIe Congrès: Francfort (1929) - L'Existenzminimum

Sous la direction d'Ernst May, alors architecte en chef de Francfort-sur-le-Main, ce congrès se concentre sur le « logement pour le minimum vital » (Existenzminimum). L'objectif est de définir des normes minimales de surface et d'équipement pour répondre à la crise du logement après la Première Guerre mondiale. Une exposition de plans à l'échelle 1:50 permet de comparer les solutions de logements sociaux à travers l'Europe et les États-Unis[2].

IIIe Congrès: Bruxelles (1930) - Le lotissement rationnel

Organisé par Victor Bourgeois, ce congrès élargit l'analyse du logement à l'échelle du quartier. Walter Gropius y présente une contribution majeure comparant les constructions basses, moyennes et hautes. Bien qu'aucune conclusion définitive ne soit adoptée sur la hauteur idéale, l'idée de blocs résidentiels en hauteur libérant du sol pour des espaces verts commence à s'imposer[2].

IVe Congrès: Athènes (1933) - La Ville Fonctionnelle

Ce congrès est le plus célèbre pour avoir produit la Charte d'Athènes sous la direction de Cornelis van Eesteren. Les délégués analysent 33 villes mondiales pour en extraire des principes d'urbanisme universels basés sur le zonage. Le document final sépare la ville en quatre fonctions: Habiter, Travailler, Se recréer (Loisirs) et Circuler (Transports)[2].

Ve Congrès: Paris (1937) - Logement et Loisirs

Tenu dans le cadre de l'Exposition internationale de 1937, ce congrès approfondit les thèmes de l'habitation et de la région urbaine. L'influence de l'ouvrage de Le Corbusier, La Ville radieuse (1935), est prédominante. C'est le dernier grand rassemblement avant la rupture causée par la Seconde Guerre mondiale[2].

VIe Congrès: Bridgwater (1947) - Reconstruction

La reprise des activités met l'accent sur les besoins de reconstruction des villes dévastées par la guerre. L'anglais devient la langue prédominante des échanges. Le groupe britannique MARS prend une importance croissante, cherchant à intégrer une dimension esthétique et émotionnelle à la rigueur fonctionnaliste[2].

VIIe Congrès: Bergame (1949) - Grilles et standardisation

À Bergame, le débat s'enlise dans des questions méthodologiques et l'utilisation de la « Grille CIAM » de Le Corbusier pour l'analyse urbaine. Les tensions internes entre les fondateurs historiques et la nouvelle génération d'architectes commencent à s'intensifier[2].

VIIIe Congrès: Hoddesdon (1951) - Le Cœur de la Ville

Le congrès d'Hoddesdon tente de définir le centre urbain comme un lieu de vie civique et sociale, au-delà du simple zonage. L'échec des "maîtres" à proposer des formes urbaines nouvelles pour les sociétés d'après-guerre déçoit une partie des délégués[2].

IXe Congrès: Aix-en-Provence (1953) - L'Habitat

Ce congrès voit l'opposition frontale entre le dogme des quatre fonctions et la vision du groupe réuni autour d'Alison et Peter Smithson. Ils présentent la « Grille de l'Association », privilégiant les relations humaines et la notion d'appartenance au quartier plutôt que la séparation fonctionnelle[2].

Xe Congrès: Dubrovnik (1956) - La crise du fonctionnalisme

L'absence des pères fondateurs comme Le Corbusier et Gropius marque la fin d'une époque. Le Team 10 prend le contrôle effectif des débats, remettant en cause la rigidité des CIAM face au dynamisme des mégapoles modernes[2].

XIe Congrès: Otterlo (1959) - Dissolution

Sous l'égide du Team 10, le dernier congrès à Otterlo rejette la « ville scientifique ». Les architectes se tournent vers une approche tenant compte de la croissance spontanée des cités, de l'anthropologie et d'une conscience écologique naissante. Cette rencontre acte la fin officielle des CIAM[2].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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