Ressources et consommation énergétiques mondiales

préoccupation sur l'avenir de l'énergie From Wikipedia, the free encyclopedia

Les réserves mondiales prouvées d'énergie fossile pouvaient être estimées en 2022, selon l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la Terre et les matières premières, à 41 662 EJ (exajoules), dont 55 % de charbon, 25 % de pétrole et 19 % de gaz naturel. Ces réserves assurent 81 ans de production au rythme de 2024 ; cette durée est très variable selon le type d'énergie : 53 ans pour le pétrole, 54 ans pour le gaz naturel, 140 ans pour le charbon. Pour l'uranium, avec les techniques actuelles, elle serait de 85 à 130 ans selon les estimations, et sa durée d'utilisation pourrait se compter en siècles en ayant recours à la surgénération. À plus long terme, la fusion nucléaire pourrait apporter des ressources encore plus élevées. Le potentiel de l'énergie solaire est également quasi illimité.

Évolution de la consommation énergétique mondiale par source d'énergie entre 2000 et 2024 : charbon, pétrole, gaz, nucléaire, hydraulique, autres renouvelables.

La production mondiale d'énergie commercialisée était en 2025, selon l'Energy Institute, de 600 EJ, en progression de 14,6 % par rapport à 2015. Elle se répartissait en 33,5 % de pétrole, 27,7 % de charbon, 25,1 % de gaz naturel, 5,2 % de nucléaire et 8,6 % d'énergies renouvelables (EnR) (dont hydroélectricité : 2,7 % ; éolien, solaire, biomasse, géothermie, biocarburants : 5,9 %). Dans la production électrique mondiale, le charbon reste largement dominant.

Depuis la révolution industrielle, la consommation d'énergie ne cesse d'augmenter. La consommation finale énergétique mondiale progresse de 66 % entre 1990 et 2023 ; elle s'élève en 2023, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), à 429 EJ, dont 21,2 % sous forme d'électricité ; depuis 1990, elle progresse un peu plus vite que la population, mais sa répartition par source d'énergie n'a guère évolué : la part des énergies fossiles recule de 1,9 points, mais leur domination reste massive : 81,6 % ; la part des EnR passe de 14,2 % en 1990 à 16,4 % en 2023, car le recul de la part de la biomasse compense en partie la progression des autres EnR. Quatre pays concentrent 51 % de cette consommation : la Chine 23,6 %, les États-Unis 15,2 %, l'Inde 7,1 % et la Russie 5,1 %. La répartition par secteur de cette consommation est : industrie 30,1 %, transports 28,6 %, résidentiel 19,6 %, tertiaire 8 %, agriculture et pêche 2,3 %, usages non énergétiques (chimie, etc.) 9,8 %. La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie progresse rapidement : de 13,5 % en 1990 à 21,2 % en 2023 ; cette progression est la plus rapide dans les pays émergents. La consommation par habitant est en moyenne mondiale de 78,6 GJ/hab ; celle de l'Éthiopie ne représente que 3 % de cette moyenne alors que celle des États-Unis est 3,6 fois supérieure à la moyenne.

Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre dues à l'énergie en 2023 sont estimées par l'AIE à 39 Gt, en progression de 132,6 % depuis 1971, dont 35,5 Gt dues à la combustion, elles-mêmes réparties en 43,8 % produites par le charbon, 32,6 % par le pétrole et 21,3 % par le gaz naturel ; par secteur en 2023, 37,4 % sont issues de l'industrie, 24,6 % du transport, 16,4 % du secteur résidentiel et 9,3 % du secteur tertiaire. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) par habitant en 2023 sont estimées à 4,30 t dans le monde, 13,09 t aux États-Unis, 7,87 t en Chine, 6,50 t en Allemagne, 3,84 t en France, 1,92 t en Inde et 0,85 t en Afrique. Selon l'Energy Institute, les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie ont progressé de 4 % de 2019 à 2024.

Dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, tous les pays se sont engagés à maintenir la hausse des températures en deçà de +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Pour aboutir à ce résultat, il faut globalement s'abstenir d'extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial, d'ici à 2050. Selon l'AIE, les engagements individuels des pays à la conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) sont largement insuffisants : ils ne feraient que ralentir la progression des émissions de CO2 et mèneraient à une hausse des températures de +2,7 °C en 2100.

Notes de méthode

Unités de mesure

L'unité de mesure de l'énergie est le joule ; dérivée du Système international d'unités (SI), cette unité correspond au travail d'une force d'un Newton sur un mètre.

Par la force de l'habitude, nombre de statisticiens continuent à utiliser la tonne d'équivalent pétrole (tep) et plus souvent son multiple, la mégatonne d'équivalent pétrole (Mtep), le pétrole étant la source d'énergie la plus utilisée dans le monde. Cependant beaucoup (surtout dans les pays d'Europe du Nord) prennent l'habitude d'utiliser des multiples de l'unité officielle et il n'est pas rare de trouver des péta voire des exa-joules (péta et exa sont des préfixes du Système international d'unités) pour mesurer l'énergie produite à l'échelle de pays ou du monde[n 1]. L'Agence internationale de l'énergie a basculé ses statistiques des tep aux joules en 2021. Les tep ne sont dès lors presque plus utilisées.

Chaque type d'énergie possède son unité de mesure privilégiée et l'on utilise pour les agréger ou les comparer les unités de base que sont le joule et la mégatonne d'équivalent pétrole (Mtep), parfois le kilowatt-heure (kWh), toute énergie primaire étant assez souvent convertie en électricité. Les unités particulières à chaque énergie sont :

La calorie (cal), qui ne fait pas partie du SI, est encore utilisée dans le domaine de la thermique du bâtiment comme unité de chaleur.

Conversions entre unités

Dans le domaine des ressources et consommation énergétiques mondiales, les unités énergétiques sont souvent préfixées pour indiquer des multiples :

Quelques coefficients de conversion entre familles d'unités :

  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 41,868 GJ, certaines organisations utilisant la valeur arrondie (par convention) à 42 GJ ;
  • 1 tonne d'équivalent charbon (tec) = 29,307 GJ ;
  • 1 kilowatt-heure (kWh) = 3,6 MJ ;
  • 1 British thermal unit (btu) = 1 054 à 1 060 J ;
  • 1 calorie (cal) = 4,185 5 J ;
  • 1 tep = 11 628 kWh ;
  • 1 tep = 1,428 6 tec ;
  • 1 tep = 1 000 m3 de gaz (équivalence conventionnelle du point de vue énergétique) ;
  • 1 tep = 7,33 barils de pétrole (équivalence conventionnelle du point de vue énergétique) ;
  • 1 mégawatt-heure (MWh) = 0,086 tep.

De l'énergie primaire à l'énergie finale

Les flux d'énergie, depuis l'extraction minière de combustibles fossiles ou la production d'énergie nucléaire ou renouvelable (énergie primaire), jusqu'à la consommation par l'utilisateur final (énergie finale), sont retracés par les bilans énergétiques. Les opérations de conversion et transport de l'énergie donnant toujours lieu à des pertes diverses, l'énergie finale est toujours plus faible que l'énergie primaire.

La différence peut être faible pour l'industrie pétrolière par exemple, dont le rendement est dans certains cas proche de 1 (par exemple, pour une tonne brûlée dans un moteur à combustion, on n'a eu besoin d'extraire qu'à peine plus d'une tonne d'un puits de pétrole saoudien ; ce n'est néanmoins pas le cas pour les gisements offshore profonds, les pétroles lourds, le gaz de schiste voire les bitumes canadiens dont le rendement de production peut être le facteur limitant leur exploitabilité, indépendamment du prix).

En revanche, la différence est très importante si ce carburant est converti en énergie mécanique (puis éventuellement électrique), puisque le rendement de ce processus est au maximum de l'ordre de 40 % (ex. : pour 1 tep sous forme d'électricité consommée chez soi, le producteur a brûlé 2,5 tep dans sa centrale à charbon, type de centrale actuellement le plus répandu dans le monde). Une centrale électrique présente souvent sa puissance selon deux unités différentes, « MWth » (MW thermique) et « MWe » (MW électrique) ; la première correspond à l'énergie primaire, la seconde à l'énergie finale[1].

Dans le cas d'une électricité produite directement (hydroélectricité, photovoltaïque, géothermique…), la conversion en énergie primaire pertinente est fonction du contexte et le coefficient de conversion utilisé doit être indiqué (voir ci-dessous) : pour comptabiliser la production d'une centrale hydroélectrique, on peut convertir directement les kilowatts-heures en tep selon l'équivalence physique en énergie 11 630 kWh = 1 tep ; mais si l'on se pose la question « combien de centrales à charbon cette centrale hydroélectrique peut-elle remplacer ? », alors il faut multiplier par 2,5.

Conversion des productions électriques

Lorsqu'il s'agit de convertir une énergie électrique exprimée en kilowatts-heures (ou ses multiples) en énergie primaire exprimée en tep, on rencontre couramment deux méthodes :

  • la méthode théorique ou « énergie finale » : on calcule simplement le nombre de tep selon l'équivalence physique en énergie ci-dessus ;
  • la méthode de « l'équivalent à la production » ou « méthode de substitution », qui indique le nombre de tep nécessaires à la production de ces kilowatts-heures. Pour cela, on introduit un coefficient de rendement par lequel on doit multiplier le nombre de tep pour obtenir le nombre de kilowatts-heures. Par exemple, considérant un rendement de 38 %, on a TWh = 106 MWh = 0,086 / 0,38 × 106 tep = 0,226 Mtep. Ainsi, on considère que TWh est équivalent à 0,226 Mtep (et non 0,086 Mtep), car on considère qu'il est nécessaire de produire ou qu'il a fallu produire 0,226 Mtep pour obtenir TWh.

La méthode retenue par les institutions internationales (Agence internationale de l'énergie, Eurostat…) et utilisée en France depuis 2002, est assez complexe en ce qu'elle utilise deux méthodes différentes et deux coefficients différents selon le type d'énergie primaire ayant produit l'électricité :

  • électricité produite par une centrale nucléaire : coefficient de 33 % ;
  • électricité produite par une centrale géothermique : coefficient de 10 % ;
  • toutes les autres formes d’électricité : méthode théorique, ou méthode du contenu énergétique qui revient à utiliser un coefficient de conversion de 100 %.

Par contre, l'Agence d'information sur l'énergie américaine et les statistiques de l'Energy Institute adoptent la méthode de substitution.

Le présent article utilise également cette méthode de substitution ou méthode de l'équivalent à la production avec un coefficient de 38 % pour toutes les sources d'énergie électriques. En effet nous considérons l'énergie qu'il aurait fallu dépenser dans une centrale thermique d'un rendement de 38 % pour produire cette énergie électrique. Ceci est la meilleure méthode pour comparer les différentes énergies entre elles.

Classement des énergies primaires et secondaires

Au niveau de la production et de la consommation, les différentes formes d'énergie primaire peuvent se classer de la façon suivante :

Les énergies secondaires issues de transformations des énergies primaires constituent la majorité des formes d'énergies utilisées par les consommateurs :

Ressources énergétiques mondiales

Le tableau suivant montre :

  • l'immensité des réserves potentielles de l'énergie solaire : selon le Conseil mondial de l'énergie, 1,08 × 1014 kW d'énergie solaire atteignent la surface terrestre. Même si seulement 0,1 % de cette énergie pouvait être convertie à un rendement de 10 %, cela représenterait déjà quatre fois la puissance installée mondiale de 3 000 GW en 2010[2] ;
  • la relative faiblesse des réserves d'uranium (énergie nucléaire) telles qu'estimées par l'Association nucléaire mondiale (ANM). Selon le cinquième rapport d'évaluation du GIEC, les ressources déjà identifiées et exploitables à des coûts inférieurs à 260 $/kgU suffisent à couvrir la demande actuelle d'uranium pour 130 ans, soit un peu plus que l'estimation de l'ANM (voir tableau infra), qui repose sur un plafond de coût d'exploitation inférieur. Les autres ressources conventionnelles, à découvrir mais dont l'existence est probable, exploitables à des coûts éventuellement supérieurs, permettraient de répondre à cette demande pour plus de 250 ans. Le retraitement et le recyclage de l'uranium et du plutonium des combustibles usés permettrait de doubler ces ressources et la technologie des réacteurs à neutrons rapides peut théoriquement multiplier par 50 ou plus le taux d'utilisation de l'uranium[3]. Le thorium est trois à quatre fois plus abondant que l'uranium dans la croûte terrestre mais les quantités exploitables sont mal connues car cette ressource n'est pas utilisée à grande échelle actuellement[3].
Davantage d’informations Type d'énergie, Réserves mondiales (en unité physique) ...
Réserves mondiales d'énergies 2020 et consommation annuelle 2024 par sources d’énergie
Type d'énergie Réserves mondiales
(en unité physique)
Réserves mondiales[b 1]
(en exajoules)
Réserves mondiales
(en %)
Consommation annuelle[e 1]
(en EJ)
Nombre d'années
de consommation
à ce rythme
Pétrole254 Gt[b 2]10 60225 %20153
Gaz naturel211 Tm3[b 3]8 01219 %15153
Charbon1 076 Gt[N 1],[b 4],[b 5]23 04855 %166139
Total fossiles41 662100 %51880
Uranium[N 2],[4]5,93 Mt2 636[N 3],[5]5 %3185
Thorium[N 4]6,4 Mt[6]ndndnsns
Hydroélectrique[7]21 PWh/an75 (par an)16ns
Énergie éolienne[8],[N 5]39 PWh/an140 (par an)2 714 TWh[e 2]ns
Solaire[N 6]1 070 000 PWh/an3 849 000 (par an)2 811 TWh[e 2]ns
Biomasse[N 7],[9]3 000 EJ/an3000 (par an)56[10]ns
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Les potentiels énergétiques présentés ci-dessus ne sont pas directement comparables : pour les énergies fossiles et nucléaires, il s'agit de ressources techniquement récupérables et économiquement exploitables, alors que pour les énergies renouvelables (sauf l'hydroélectricité et une part de la biomasse), il n'existe encore aucune estimation globale des ressources économiquement exploitables : les parcs éoliens de nouvelle génération et les centrale solaires photovoltaïques de grande taille s'approchent de la compétitivité en coût d'investissement par rapport aux centrales à gaz ou au charbon mais ne peuvent encore, dans la plupart des cas, être produites que si elles sont subventionnées : selon l'ADEME (en 2017), « les soutiens publics restent nécessaires pour prolonger les baisses de coût, faciliter les investissements ou compenser les défaillances de marché »[11] ; les potentiels indiqués ici sont des potentiels théoriques basés sur des considérations uniquement techniques.

Les productions indiquées ci-dessus sont en fait des consommations estimées par l'Energy Institute ; on néglige ainsi les variations de stocks.

Pour le solaire et la biomasse, les réserves indiquées correspondent aux potentiels annuels disponibles sur toute la surface terrestre, alors que pour les autres énergies, seules les réserves prouvées et économiquement exploitables sont prises en compte. Seule une très petite part du potentiel solaire théorique peut être exploitée, car les terres cultivables resteront réservées à l'agriculture, les océans seraient difficilement exploitables, et les zones proches des pôles ne sont pas économiquement exploitables.

À plus long terme, la fusion nucléaire, actuellement au stade expérimental, pourrait théoriquement apporter des ressources beaucoup plus importantes : la quantité d'énergie produite par la réaction de fusion est environ quatre millions de fois supérieure à celle que génèrent des réactions chimiques telles que la combustion du charbon, du pétrole ou du gaz naturel ; une centrale de fusion comme celles qui pourraient être opérationnelles dans la deuxième partie du XXIe siècle ne consommerait que 250 kg de combustible chaque année, répartis à parts égales entre le deutérium et le tritium[12].

Conventions de conversion : pour les énergies qui sont transformées en électricité (uranium, hydraulique, éolien, solaire), la conversion en unité de base (EJ) est réalisée en termes équivalents à la production. Pour l'uranium, la conversion des réserves en exajoules a été réalisée sur la base d'une consommation annuelle de 67,5 kt d'uranium[5] pour produire 31 EJ d'électricité[e 1].

Notes

  1. 779 Gt de charbon et 321 Gt de lignite.
  2. Réserves minières d'uranium prouvées. Ne tient pas compte des réserves secondaires (stocks civils et militaires, uranium appauvri…) qui comptent pour plus d'1/3 de la consommation actuelle.
  3. 67,5 kt d'uranium pour produire 30 EJ d'électricité
  4. Le thorium est utilisé à la place de l'uranium dans certaines centrales en Inde et est envisagé en Chine.
  5. Production éolienne annuelle sur la base d'un facteur de capacité de 22 % pour 237 GW installés en 2011.
  6. Potentiel solaire annuel théorique (Irradiation solaire totale de la Terre).
  7. Total de l'énergie solaire utilisée par photosynthèse par les plantes et autres organismes.

Réserves de pétrole

Davantage d’informations Pays, Fin 2010 (Gt) ...
Réserves prouvées de pétrole : 10 principaux pays
Pays Fin 2010[13]
(Gt)
Fin 2022[b 6](Gt) % en 2022 Production
2022 (Mt)[b 7]
R/P
Drapeau du Venezuela Venezuela31,847,418,7 %37,3[b 2]1271
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite34,038,915,3 %573,168
Drapeau de l'Iran Iran20,428,411,2 %176,5161
Drapeau du Canada Canada27,426,010,3 %274,095
Drapeau de l'Irak Irak19,519,77,8 %221,389
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis12,515,46,1 %181,185
Drapeau de la Russie Russie10,514,85,8 %535,128
Drapeau du Koweït Koweït13,813,85,4 %145,795
Drapeau des États-Unis États-Unis4,28,63,4 %796,611
Drapeau de la Libye Libye6,36,62,6 %51,0129
Total mondial216,9253,6100,0 %4 16361
Gt = milliards de tonnes ; Mt = millions de tonnes
R/P = Réserves /Production 2022 (années restantes au rythme actuel)
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Les quatre premiers pays concentrent 55,5 % des réserves.

NB : la forte augmentation des réserves du Canada, du Venezuela et des États-Unis résulte de l'intégration des réserves non conventionnelles de sable bitumineux pour les deux premiers (25,3 Gt au Canada et 41,9 Gt au Venezuela), de pétrole de schiste (3,3 Gt) pour le troisième[b 6].

Réserves de gaz naturel

Davantage d’informations Rang, Pays ...
Réserves prouvées de gaz naturel : dix principaux pays
Rang Pays fin 2010[13]
(Tm3)
fin 2022[b 3]
(Tm3)
% en 2022 Production
2022 (Gm3)[b 8]
R/P
1Drapeau de la Russie Russie47,5847,7622,7 %674,371
2Drapeau de l'Iran Iran30,0633,9916,1 %262,3130
3Drapeau du Qatar Qatar25,3223,8311,3 %178,4134
4Drapeau des États-Unis États-Unis7,7216,397,8 %1 014,916
5Drapeau du Turkménistan Turkménistan8,0313,956,6 %78,3178
6Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite7,799,324,4 %122,976
7Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis6,038,203,9 %55,6147
8Drapeau de la République populaire de Chine Chine2,816,343,0 %223,928
9Drapeau du Nigeria Nigeria5,295,912,8 %44,3133
10Drapeau du Venezuela Venezuela5,205,542,6 %16,2[b 9]342
Total mondial192,1210,84100,0 %4 143,650,9
Tm3 = 1012 mètres cubes ; Gm3 = milliards de mètres cubes
R/P = Réserves 2022 /Production 2022 (années restantes au rythme actuel)
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Les quatre premiers pays concentrent 57,9 % des réserves.

Réserves de charbon

Davantage d’informations Rang, Pays ...
Réserves prouvées de charbon : 10 principaux pays
Rang Pays Réserves
de charbon
fin 2022 (Gt)[b 4]
Réserves
de lignite
fin 2022 (Gt)[b 10]
Réserves*
totales (EJ)
Part en 2022 Production
charbon+lignite
2025 (EJ)[e 3]
Ratio R/P
1Drapeau des États-Unis États-Unis218,029,95 76625,0 %11,04522
2Drapeau de la République populaire de Chine Chine146,310,73 76416,3 %94,6640
3Drapeau de l'Inde Inde122,35,53 10713,5 %17,97173
4Drapeau de la Russie Russie71,790,42 80712,2 %9,16306
5Drapeau de l'Australie Australie75,474,02 71411,8 %10,89249
6Drapeau de l'Ukraine Ukraine32,02,38233,6 %0,263 165
7Drapeau de la Pologne Pologne22,75,17143,1 %1,34533
8Drapeau de l'Indonésie Indonésie21,713,36913,0 %16,0343
9Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan25,6nd6372,8 %2,05311
10Drapeau de l'Allemagne Allemagne-35,44001,7 %0,77519
Total monde779,0321,023 024100,0 %180,76128
Gt = milliards de tonnes ; Mt = millions de tonnes ; EJ = exajoules
* Conversion : charbon 24,9 EJ/Gt ; lignite 11,3 EJ/Gt
R/P = Réserves 2022 /Production 2025 (années restantes au rythme actuel)
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Les cinq premiers pays concentrent 78,8 % des réserves de charbon.

Réserves d'uranium et de thorium

Davantage d’informations Rang, Pays ...
Réserves mondiales prouvées récupérables d'uranium par pays en milliers de tonnes[4]
Rang Pays Réserves 2007 % Réserves 2019 %
1Drapeau de l'Australie Australie72522,0 %1 69328 %
2Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan37811,5 %90715 %
3Drapeau du Canada Canada32910,0 %5659 %
4Drapeau de la Russie Russie1725,2 %4868 %
5Drapeau de la Namibie Namibie1765,3 %4487 %
6Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud2848,6 %3215 %
7Drapeau du Brésil Brésil1574,8 %2775 %
8Drapeau du Niger Niger2437,4 %2765 %
9Drapeau de la République populaire de Chine Chinendnd2494 %
10Drapeau de la Mongolie Mongoliendnd1432 %
Total 10 premiers2 21367,1 %5 36587 %
Total monde3 300100 %6 148100 %
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L'institut allemand des sciences de la Terre et des matières premières (BGR) classe en 2022 les ressources mondiales en cinq catégories[b 11] :

  • réserves (coût < 80 $/kg)[b 12] : 1 211 kt ;
  • ressources prouvées, techniquement et économiquement récupérables (coût : 80 à 260 $/kg) : 3 486 kt ;
  • ressources supposées (coût < 260 $/kg) : 3 329 kt ;
  • ressources pronostiquées : 1 692 kt ;
  • ressources spéculatives : 3 833 kt.

Les deux premières catégories de ressources forment les ressources découvertes : 6 715 kt. Les deux dernières forment les ressources à découvrir. Au total, les réserves ultimes (ressources) atteindraient 12 240 kt.

Davantage d’informations Rang, Pays ...
Réserves mondiales estimées de thorium par pays en milliers de tonnes[6]
Rang Pays Réserves 2014 %
1Drapeau de l'Inde Inde84616 %
2Drapeau du Brésil Brésil63211 %
3Drapeau de l'Australie Australie59510 %
4Drapeau des États-Unis États-Unis5958 %
5Drapeau de l'Égypte Égypte3807 %
6Drapeau de la Turquie Turquie37414 %
7Drapeau du Venezuela Venezuela3006 %
8Drapeau du Canada Canada1723 %
9Drapeau de la Russie Russie1553 %
10Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud1483 %
Total 10 premiers4 19766 %
Total monde6 355100 %
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Énergies renouvelables

Les énergies renouvelables sont par définition « inépuisables à l'échelle du temps humain »[14]. L'évaluation de leur potentiel se fait donc non en termes de réserves, mais en considérant le flux énergétique potentiel que peut fournir chacune de ces sources d'énergies. Comme pour toutes les sources d'énergie, on obtient la quantité d'énergie produite en multipliant le temps de production par la puissance moyenne disponible (puissance maximale pondérée par le facteur de charge). Il est assez difficile de connaître le potentiel de chaque énergie car celui-ci varie selon les sources (voir tableau). Cependant, le potentiel théorique de l'énergie solaire peut être évalué assez facilement puisque l'on considère que la puissance maximale reçue par la terre – après passage dans l'atmosphère – est d'environ 1 kW/m2. On arrive alors à une potentiel énergétique solaire théorique sur un an de 1 070 000 PWh. Bien entendu, la grande majorité de la surface terrestre est inutilisable pour la production d'énergie solaire, car celle-ci ne doit pas entrer en concurrence avec la photosynthèse nécessaire à la production alimentaire, depuis les échelons les plus modestes des chaînes alimentaires (phytoplancton, végétaux en général) jusqu'à l'agriculture. Les surfaces utilisables pour le solaire se limitent aux déserts, aux toits de bâtiments et autres surfaces déjà stérilisées par l'activité humaine (routes, etc). Mais il suffirait théoriquement de couvrir 0,3 % des 40 millions de kilomètres carrés de déserts de la planète de centrales solaires thermodynamiques pour assurer les besoins électriques de l'humanité en 2009 (environ 18 000 TWh/an)[15].

Production annuelle énergétique mondiale

Carte de la répartition de la production d'énergie dans le monde entre 1989 et 1998.

La production mondiale d'énergie primaire s'élevait selon l'Agence internationale de l'énergie à 643 EJ (exajoules) en 2023 contre 366 EJ en 1990, soit +76 % en 33 ans[16]. Les énergies fossiles représentaient 81,1 % de cette production (charbon : 28,6 %, pétrole : 29,6 %, gaz naturel : 22,9 %) contre 81,9 % en 1990 ; le reste de la production d'énergie provenait du nucléaire (4,7 %) et des énergies renouvelables : 14,1 %, dont 8,6 % de la biomasse et des déchets, 2,4 % de l'énergie hydraulique et 3,2 % d'autres EnR. De 1990 à 2023, cette répartition a peu changé : la part des énergies fossiles a baissé de 0,8 point, celle du nucléaire de 1,3 point et celle des énergies renouvelables a progressé de 2,2 points[16]. La biomasse comprend le bois énergie, les déchets urbains et agricoles, les biocarburants ; les autres EnR comprennent l'énergie éolienne, l'énergie solaire, la géothermie, etc. Cette statistique sous-évalue la part des énergies renouvelables électriques (hydroélectricité, éolien, photovoltaïque) : cf. conversion des productions électriques.

Avec des conventions différentes, l'Energy Institute donne des estimations plus récentes :

Davantage d’informations Énergie, Production en 2015 ...
Production énergétique mondiale commercialisée selon la source d'énergie
Énergie Production
en 2015
Production
en 2025
Variation
2025/2015
Consommation 2025
en exajoules[e 1]
Part
en 2025
Pétrole[e 4]4 362,8 Mt4 701,1 Mt+7,8 %200,9733,5 %
Charbon[e 5]160,44 EJ180,76 EJ+12,7 %166,0327,7 %
Gaz naturel[e 6]126,53 EJ151,07 EJ+19,4 %150,7025,1 %
Nucléaire[e 7]2 575,8 TWh2 845,4 TWh+10,5 %31,045,2 %
Hydraulique[e 8]3 880,1 TWh4 479,2 TWh+15,4 %16,122,7 %
Renouvelables[n 2],[e 9]28,86 EJ51,57 EJ+78,7 %35,455,9 %
Total énergie primaire[e 10]523,80 EJ600,31 EJ+14,6 %600,31100 %
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Détail énergies renouvelables 2025[e 2] :

Cette statistique comprend les énergies renouvelables utilisées pour la production d'électricité, mais pas celles utilisées directement pour des usages thermiques (bois, biocarburants, pompe à chaleur géothermique, chauffe-eau solaire…) ni celles qui sont auto-consommées.

Selon les statistiques ci-dessus de l'Energy Institute, les combustibles fossiles totalisent 86,3 % de la consommation d'énergie et les énergies décarbonées 13,8 % (dont renouvelables : 8,6 %) en 2025. Le réseau REN21 estime en 2024 que la part des énergies renouvelables modernes dans la consommation d'énergie finale était en 2022 de 13 %, sans compter la biomasse traditionnelle (électricité renouvelable : 7,0 %, chaleur renouvelable : 4,9 %, biocarburants : 1,0 %) contre 9,5 % en 2012[17].

En 2016, pour la première fois, les investissements mondiaux dans le pétrole et le gaz sont tombés au-dessous de ceux dans l'électricité ; ils ont baissé de 38 % entre 2014 et 2016 ; les investissements bas carbone dans la production et le transport d'électricité ont progressé de 6 %, atteignant 43 % des investissements totaux dans l'énergie ; les investissements dans le charbon ont chuté d'un quart en Chine ; les mises en service de centrales charbon ont baissé fortement de 20 GW au niveau mondial, et les décisions d'investissement prises en 2016 sont tombées à 40 GW seulement ; dans le nucléaire, 10 GW ont été mis en service mais seulement GW ont été décidés. Les investissements dans les énergies renouvelables ont reculé de 3 %, mais les mises en service ont progressé en cinq ans de 50 % et la production correspondante de 35 %[18],[19].

Production de pétrole

Production de gaz naturel

Production de charbon

Production d'électricité

Énergie nucléaire

Davantage d’informations Rang 2022, Pays ...
Production d'uranium par pays (tonnes)[20]
Rang
2022
Pays 2010 2022 Variation
2022/2010
% 2022
1Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan17 80321 227+28 %43,0 %
2Drapeau du Canada Canada9 7837 351−29 %14,9 %
4Drapeau de la Namibie Namibie4 4965 613+22 %11,4 %
3Drapeau de l'Australie Australie5 9004 553+12 %9,2 %
7Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan2 4003 3000 %6,7 %
6Drapeau de la Russie Russie3 5622 508−18 %5,1 %
5Drapeau du Niger Niger4 1982 020−29 %4,1 %
8Drapeau de la République populaire de Chine Chine8271 700+128 %3,4 %
11Drapeau de l'Inde Inde400600−23 %1,2 %
10Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud583200−41 %0,4 %
9Drapeau de l'Ukraine Ukraine850100−6 %0,2 %
12Drapeau des États-Unis États-Unis1 66075−96 %0,2 %
Total mondial53 67149 355−8 %100 %
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Les quatre premiers producteurs de 2022 regroupent 38 744 tonnes, soit 78,5 % du total mondial. NB : les données ci-dessus prennent en compte uniquement la production des mines, qui en 2022 couvre 74 % de la demande. Les autres sources d'uranium sont le retraitement des combustibles usés, le ré-enrichissement d'uranium appauvri et parfois le prélèvement dans les importants stocks conservés en réserve, estimés en 2020 à 282 000 t, dont 41 000 t aux États-Unis, 42 000 t dans l'Union européenne, 129 000 t en Chine, 9 600 t en Inde et 60 000 t dans les autres pays d'Asie orientale[21].

Davantage d’informations Rang 2025, TWh ...
Production d'énergie nucléaire par pays
Rang
2025
TWh Production
brute 2010
Production
brute 2023
Variation
2023/2010
Production
brute 2025
% monde
en 2025
% pays
en 2024[22]
1Drapeau des États-Unis États-Unis838,9808,1−3,7 %826,129,0 %18,2 %
2Drapeau de la République populaire de Chine Chine73,9434,7+488 %485,217,1 %4,5 %
3Drapeau de la France France428,5338,2−21,1 %390,113,7 %67,3 %
4Drapeau de la Russie Russie170,4217,0+27,3 %218,67,7 %18,1 %
5Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud148,6180,5+21,5 %184,76,5 %31,7 %
6Drapeau du Japon Japon288,284,1−71 %94,13,3 %10,0 %
7Drapeau du Canada Canada90,789,0−2 %84,83,0 %13,4 %
8Drapeau de l'Inde Inde26,347,9+82 %53,81,9 %3,3 %
9Drapeau de l'Espagne Espagne62,056,9−8 %54,21,9 %19,9 %
10Drapeau de l'Ukraine Ukraine89,252,0−42 %54,11,9 %54,9 %[e 11]
11Drapeau de la Suède Suède57,848,5−16 %46,61,6 %29,1 %
12Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis-33,1ns39,11,4 %21,8 %
13Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni62,140,6−35 %35,91,3 %12,3 %
14Drapeau de la Finlande Finlande22,834,3+50 %32,81,2 %39,1 %
15Drapeau de la Tchéquie Tchéquie28,030,4+8,6 %32,11,1 %40,2 %
Total monde2 7562 740−0,6 %2 845,4100 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[23] pour 2010 et 2023 ; Energy Institute[e 7] pour 2025.
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Les cinq principaux pays producteurs regroupent 74 % du total mondial. L'Ukraine, qui produisait 89,2 TWh en 2010 et 86,2 TWh en 2021, soit 55 % de l'électricité du pays, a vu sa production tomber à 52 TWh en 2023 et n'est plus prise en compte par l'AIEA ; l'Energy Institute estime sa production en 2025 à 54,1 TWh. L'Allemagne, qui produisait 140,6 TWh en 2010 et 31,9 TWh en 2022, a fermé ses dernières centrales le .

Le léger recul de la production mondiale entre 2010 et 2023 provient principalement de l'arrêt de réacteurs au Japon (−204 TWh) et en Allemagne (−133 TWh) à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima, et d'une baisse transitoire de la production française due à des problèmes de corrosion (−90 TWh), en grande partie compensés par la progression du nucléaire en Chine, en Inde, en Russie, en Finlande, aux Émirats arabes unis et en Corée du Sud.

Selon le rapport annuel de l'Association nucléaire mondiale, la production nucléaire mondiale est repartie à la hausse de 4 % en 2021, atteignant 2 653 TWh, la troisième plus haute production mondiale d'électricité d'origine nucléaire depuis 1970, juste derrière les 2 657 TWh de 2019 et les 2 660 TWh de 2006. La puissance installée des centrales nucléaires chinoises a progressé de 13 % en 2021, passant de 46 GW à 52 GW, classant la Chine au 3e rang mondial après les États-Unis (94 GW) et la France (61 GW). Au , sur les 56 réacteurs nucléaires en cours de construction dans le monde, 41 sont en Asie, dont 20 en Chine, soit 20,6 GW en Chine sur 57,6 GW dans le monde. Sur les 10 nouveaux projets lancés dans le monde en 2021, 6 étaient chinois, et la Chine est le seul pays à avoir démarré la construction de nouveaux réacteurs (trois REP) au premier semestre 2022. La Chine a multiplié par dix le nombre de ses centrales depuis vingt ans, et par six sa production d'électricité depuis 2010. Son 14e plan quinquennal (2021-2025) fixe l'objectif de doubler la part du nucléaire dans la production d'électricité, pour la faire passer à 10 % en 2035. Dix réacteurs ont été définitivement arrêtés en 2021, dont trois en Allemagne, mais la capacité totale des réacteurs atteint 370 GW en 2021, en hausse de GW par rapport à 2020. Le facteur de charge moyen passe de 80,3 % en 2020 à 82,4 % en 2021[24].

Énergie hydroélectrique

Énergie éolienne

Énergie solaire

L'énergie solaire thermique (chauffe-eau solaire, chauffage de piscines, chauffage collectif, etc.), ressource d'énergie importante en Chine, Grèce ou encore Israël, n'est pas prise en compte ci-dessous.

Solaire photovoltaïque
Centrales solaires thermodynamiques

Énergie géothermique

Réseaux de chaleur

Prospective

Dans le monde

En , un rapport de l'Agence internationale de l'énergie estime que, pour espérer atteindre la neutralité carbone en 2050, il est nécessaire de renoncer dès à présent à tout nouveau projet d'exploration pétrolière ou gazière ou de centrale à charbon, d'investir 5 000 milliards USD par an dans les technologies bas carbone, soit plus du double du rythme actuel, d'installer d'ici à 2030 quatre fois plus de capacités solaires et éoliennes annuelles qu'en 2020 ; les ventes de voitures neuves à moteur thermique doivent aussi cesser dès 2035. D'ici à 2050, 90 % de l'électricité devra provenir des énergies renouvelables, et une large part du solde de l'énergie nucléaire ; les ressources fossiles ne fourniraient plus qu'un cinquième de l'énergie, contre quatre cinquièmes en 2020. De nombreux défis devront être affrontés, dont les besoins en métaux rares, nécessaires aux technologies nouvelles mais concentrés dans un petit nombre de pays ; près de la moitié des réductions d'émissions de CO2 viendra de technologies aujourd'hui au stade de la démonstration : batteries avancées, hydrogène vert, mais aussi systèmes de captage et stockage du CO2 (CCS)[25].

Le rapport annuel 2018 de l'Agence internationale de l'énergie sur l'évolution prévisible de la production d'énergie prévoit une croissance de plus de 25 % de la demande totale d'énergie d'ici 2040, tirée notamment par l'Inde et les pays en développement. La demande mondiale d'électricité devrait bondir de 60 % et représenter près d'un quart de la demande totale d'énergie contre 19 % en 2017 ; la demande de charbon et de pétrole devrait reculer ; la part des énergies renouvelables pourrait atteindre 40 % en 2040 contre 25 % en 2017. L'Agence internationale de l'énergie imagine un autre scénario appelé « le futur est électrique », avec un développement beaucoup plus volontariste des usages de l'électricité pour la mobilité et le chauffage : la demande d'électricité augmenterait alors de 90 % au lieu de 60 % d'ici à 2040 ; avec la moitié de la flotte de voitures devenue électrique, la qualité de l'air s'améliorerait fortement, mais cela aurait un effet négligeable sur les émissions de gaz carbonique sans des efforts plus importants pour augmenter la part des renouvelables et des sources d'électricité faiblement carbonées[26].

Selon le rapport 2016 de l'Agence internationale de l'énergie, l'Accord de Paris sur le climat de 2015 aura pour effet, si les engagements des pays sont respectés, de ralentir la croissance des émissions de CO2 liées à l'énergie (croissance annuelle ramenée de 600 à 150 millions de tonnes par an), ce qui serait largement insuffisant pour atteindre l'objectif de limiter à +2 °C le réchauffement climatique d'ici 2100 ; la trajectoire résultant de ces accords mènerait à +2,7 °C. Le scénario menant à +2 °C impliquerait une forte baisse des émissions, et par exemple le passage du nombre de véhicules électriques à 700 millions en 2040. Selon le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, « les renouvelables font de très grands progrès sur les prochaines décennies mais leurs gains restent largement confinés à la production d'électricité. La prochaine frontière pour l'histoire des renouvelables est d'étendre leur usage dans les secteurs de l'industrie, du bâtiment et des transports où existent d'énormes potentiels de croissance »[27].

Si d'autres sources d'énergies pourront être utilisées à court terme en remplacement des énergies fossiles, plusieurs physiciens font remarquer qu'une croissance à taux constant de la production d'énergie n'est de toute façon physiquement pas possible à long terme, car les limites planétaires (quantité d'énergie reçue par la Terre en provenance du Soleil) seraient atteintes en quelques siècles, même avec un taux de croissance relativement modeste[28],[29].

Projet européen

En , Miguel Arias Cañete (commissaire européen à l'énergie) a annoncé que l'Union européenne (premier importateur d'énergie fossile dans le monde) a annoncé un objectif de diminution de près d'un tiers sa consommation d'énergie avant 2030 (−32,5 % soit −0,8 % d'économie par an), mais l'objectif est non-contraignant. Il s'inscrit dans le cadre de l'accord de Paris (−40 % de GES émis d'ici 2030 pour l'UE) et du troisième volet du paquet « Énergie propre » proposé par la Commission fin . Il vise l'indépendance énergétique de l'Europe, mais doit ensuite être approuvé par les États membres et les eurodéputés qui étaient plus ambitieux (−35 % par rapport au niveau de 1990). Pour cela la législation sur la construction des bâtiments et sur les énergies renouvelables a été précisée et l'UE envisage de pousser à améliorer l'efficacité énergétique des appareils électro-ménagers et des chauffe-eau. L'UE veut aussi renforcer l'accès pour tous à l'information individuelle sur nos consommations d'énergie (dont pour le chauffage collectif, la climatisation et l'eau chaude).

Les ONG, des eurodéputés et certains observateurs rappellent que cet objectif peu ambitieux ne suffira pas à répondre à l'accord de Paris. La France ou la Suède visent déjà −35 %. Ces objectifs pourraient éventuellement être revus à la hausse en 2023, mais il « restera dans les livres d'histoire comme une opportunité manquée malgré les meilleurs efforts du Parlement européen et de plusieurs Etats membres progressistes » juge Imke Lübbeke du WWF (citant l'Italie et l'Espagne qui ont poussé à plus d'ambition)[30].

Consommation énergétique mondiale

Prévision de consommation mondiale d'énergie, en Mtep (source : BP Energy Outlook 2015[31]).

En 1800, avant la révolution industrielle, la consommation énergétique mondiale (énergie commerciale seulement) était de 305 Mtep (soit moins de 13 EJ), dont 97 % issue de l'exploitation de la biomasse (en particulier du bois) et 3 % du charbon. Ce dernier combustible devient majoritaire au début du XXe siècle en raison des besoins massifs des machines à vapeur[32].

En 2023, l'énergie finale consommée dans le monde s'élevait à 429 EJ contre 259 EJ en 1990, en progression de 66 % en 33 ans[33].

Consommation énergétique selon le type d'énergie utilisé

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie en une première estimation de la demande mondiale d'énergie en 2024 : sa croissance est estimée à +2,2 %, soit moins que celle du PIB (+3,2 %) mais plus que la moyenne 2013-2023 (+1,3 %). Plus de 80 % de la nouvelle demande de 2024 est provenue des économies émergentes. La consommation d'électricité a grimpé de 4,3 %. La contribution des énergies renouvelables à la croissance de l'offre s'élève à 38 %, celle du gaz naturel à 28 %, celle du charbon à 15 %, celle du pétrole à 11 % et celle du nucléaire à 8 %. Les énergies décarbonées (nucléaire et énergies renouvelables) atteignent pour la première fois 40 % de la production totale d'électricité. Le taux d'accroissement de la demande mondiale d'énergie atteint 4,9 % en Inde, 4,2 % en Asie du sud-est, 2,9 % en Chine, 2,2 % au Moyen-Orient, 1,7 % aux États-Unis, 0,5 % dans l'Union européenne et −1,2 % au Japon[34].

L'AIE fournit les estimations suivantes :

Davantage d’informations Type d'énergie, Productiond'énergie primaire 1990 ...
Production d'énergie primaire[16] et consommation finale d'énergie[33] selon le type d'énergie utilisé (PJ)
Type d'énergie Production
d'énergie primaire
1990
Consom.
finale
1990
Part dans la
consom. 1990
Production
d'énergie primaire
2023
Consom.
finale
2023
Variation
consom.
2023/1990
Part dans la
consom. 2023
Pétrole135 717109 19242,2 %190 108172 584+58,1 %40,2 %
Gaz naturel70 65839 628 15,3 %147 06170 329+77,5 %16,4 %
Charbon93 08931 47112,2 %184 13136 946+17,4 %8,6 %
Nucléaire22 002--29 919---
Hydroélectricité7 715--15 308---
Éolien, solaire, géoth.1 5341440,06 %20 7531 885×13,10,4 %
Biomasse
et déchets
34 96029 44211,4 %55 60340 351+37 %9,4 %
Électricité-34 92313,5 %-90 905+160 %21,2 %
Chaleur414 0725,4 %6316 108+14 %3,8 %
Total365 680258 872100 %642 947429 108+66 %100 %
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Une part importante des énergies primaires est convertie en électricité ou en chaleur de réseau et est donc consommée sous ces deux formes. Afin de retrouver la part de chaque source primaire dans la consommation finale, il faut reventiler les consommations d'électricité et de chaleur selon leur source primaire :

Davantage d’informations Type d'énergie, Consom.finale 1990 ...
Consommation finale d'énergie, après reventilation des consommations d'électricité[35] et de chaleur[36] selon leur source primaire (Pétajoules)
Type d'énergie Consom.
finale
1990
Part dans la
consom.
Consom.
finale
2023
Part dans la
consom.
Variation
consom.
2023/1990
Pétrole115 33344,6 %175 42241,1 %+52 %
Gaz naturel51 91220,1 %95 86422,4 %+85 %
Charbon48 76318,8 %77 39018,1 %+59 %
Total fossiles216 00883,5 %348 67681,6 %+61 %
Nucléaire5 9442,3 %8 2921,9 %+40 %
Hydroélectricité6 4432,5 %13 2633,1 %+106 %
Biomasse
et déchets
30 05411,6 %43 71210,2 %+45 %
Géoth., sol.th.2630,1 %1 3510,3 %+413 %
Éolien100,004 %7 0451,6 %×672
Solaire30,001 %4 8941,1 %×1 399
Total EnR36 77514,2 %70 26516,4 %+91 %
Total258 872100 %429 108100 %+66 %
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La consommation d'énergie a progressé plus rapidement que la population (+66 % contre +52 %), mais sa répartition par source d'énergie est restée assez stable : la part des fossiles n'a baissé que de 1,9 points et celle du nucléaire de 0,4 points, et celle des énergies renouvelables n'a progressé que de 2,2 points, car le développement très rapide de la plupart d'entre elles a été en grande partie compensé par le recul de la part de la biomasse : −1,4 points.

Consommation finale d'énergie des principaux pays

Davantage d’informations Pays, val. ...
Consommation finale d'énergie (PJ)[33]
Pays 1990 2000 2010 2020 2023
val. %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine27 92333 24869 34589 948101 21323,6 %
Drapeau des États-Unis États-Unis54 15864 73963 34560 70265 37415,2 %
Drapeau de l'Inde Inde9 00012 16518 43224 90730 3117,1 %
Drapeau de la Russie Russie26 16917 49618 70020 79321 7925,1 %
Drapeau du Brésil Brésil4 6686 4428 8639 35210 5752,5 %
Drapeau du Japon Japon12 17914 07713 14211 04310 4572,4 %
Drapeau de l'Iran Iran2 2913 9696 5989 0839 7272,3 %
Drapeau du Canada Canada6 6347 6007 7887 7648 1881,9 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne10 0819 6889 7098 9978 1771,9 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud2 7335 3016 7367 4217 2851,7 %
Drapeau de l'Indonésie Indonésie2 3883 8114 4475 7756 7361,6 %
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite1 6532 9715 7686 3536 6441,5 %
Drapeau de la France France5 9286 7616 6895 7865 7011,3 %
Drapeau de la Turquie Turquie1 6912 4223 2854 5044 8411,1 %
Drapeau du Mexique Mexique3 5204 0394 9594 4344 8281,1 %
Drapeau de l'Italie Italie4 8135 3945 6004 4984 5931,1 %
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni5 7856 3115 7464 8064 5921,1 %
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande1 2212 1403 5484 1124 1311,0 %
Drapeau du Pakistan Pakistan1 5162 1462 9783 7443 3480,8 %
Total mondial258 872290 024365 074395 783429 108100 %
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Part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie

Davantage d’informations Pays ...
Part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de quelques pays (%)[33]
Pays 1990 2000 2010 2020 2023 2024
Drapeau de l'Islande Islande24,1 %32,0 %51,7 %50,8 %51,3 %
Drapeau de la Norvège Norvège47,7 %47,6 %45,2 %47,5 %47,0 %
Drapeau du Japon Japon22,6 %24,9 %28,4 %29,8 %30,3 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine6,2 %11,6 %18,1 %26,5 %28,7 %
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud22,7 %28,5 %29,0 %28,2 %26,3 %
Drapeau de la France France18,4 %20,5 %23,9 %25,6 %25,1 %
Drapeau de l'Espagne Espagne17,8 %19,0 %22,8 %24,3 %23,6 %
Drapeau des États-Unis États-Unis17,5 %19,5 %21,5 %22,4 %21,4 %
Drapeau de l'Italie Italie16,1 %18,2 %19,2 %22,0 %21,9 %
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni17,1 %18,8 %20,5 %21,0 %21,1 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne16,3 %18,0 %19,7 %19,3 %20,0 %
Drapeau du Brésil Brésil16,3 %17,9 %17,8 %19,6 %19,7 %20,4 %
Drapeau de l'Indonésie Indonésie4,3 %7,5 %12,5 %19,6 %22,0 %
Drapeau de l'Inde Inde8,5 %10,9 %14,0 %16,8 %19,1 %
Drapeau de la Russie Russie11,4 %12,5 %14,0 %12,9 %13,8 %
Drapeau du Nigeria Nigeria3,3 %2,8 %4,8 %5,0 %4,9 %
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie0,5 %0,6 %1,2 %2,6 %3,0 %
Drapeau d'Haïti Haïti1,9 %1,1 %1,6 %2,3 %2,1 %
Total mondial13,5 %15,7 %17,6 %20,6 %21,2 %
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On constate une progression quasi générale et rapide de la part de l'électricité ; cette progression est particulièrement rapide dans les pays émergents : Chine, Inde, Indonésie ; par contre, on constate une légère baisse au cours de la période la plus récente dans quelques pays développés : France, Espagne, États-Unis. Le cas de l'Islande[37] et de la Norvège est très spécifique : leur taux de consommation électrique est très élevé du fait de l'abondance de ressources hydroélectriques à bas coût, qui attirent des industries électro-intensives (fonderies d'aluminium, minage de cryptomonnaie...).

Consommation énergétique par secteur

L'Agence internationale de l'énergie fournit les estimations suivantes :

Davantage d’informations Consommationfinale 1990, Part dans la consommation ...
Consommation finale d'énergie par secteur (pétajoules)[38]
Consommation
finale
1990
Part dans la
consommation
Consommation
finale
2023
Variation
consommation
2023/1990
Part dans la
consommation
Industrie75 25529,1 %128 950+71 %30,1 %
Transport66 06425,5 %122 904+86 %28,6 %
Secteur résidentiel60 63623,4 %84 171+39 %19,6 %
Secteur tertiaire19 0247,3 %34 520+81 %8,0 %
Agriculture et pêche7 1092,7 %9 922+40 %2,3 %
Non spécifié10 7844,2 %6 691−38 %1,6 %
Usages non énergétiques19 9997,7 %41 949+110 %9,8 %
Total258 872100 %429 108+66 %100 %
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Le total « agriculture et pêche » ci-dessus ne recouvre pas l'alimentation (certaines productions ne sont pas alimentaires, et inversement une partie de la production industrielle — tracteurs, engrais, etc. — et des secteurs des transports, du résidentiel et du tertiaire sont affectés à l'alimentation) et ne montre pas la place de cette dernière. Elle représentait, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en 2021, 30 % de la consommation d'énergie mondiale[39]. Dans les pays développés, la répartition de ce total est de 25 % à la production, 45 % pour la transformation et la distribution, et le reste dans le petit commerce, la préparation et la cuisson ; dans les pays en voie de développement, la part de la production est plus faible, et celle de la cuisson plus grande[39].

Consommation d'énergie par habitant

La liste ci-dessous, tirée des statistiques de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), ne prend en compte que les pays de plus de 50 millions d'habitants ainsi que les pays européens de plus de 10 millions d'habitants ; les statistiques de l'AIE englobent la quasi-totalité des pays du monde.

Davantage d’informations Pays ou région, Population (millions) ...
Consommation d'énergie primaire et consommation d'électricité
par habitant dans le monde en 2023
Pays ou région Population
(millions)[40]
Consommation
d'énergie primaire
(GJ/hab)[41]
Consommation
d'électricité
(MWh/hab)[42]
Monde8 06578,63,47
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud63,281,23,25
Drapeau de l'Allemagne Allemagne83,9120,85,86
Drapeau du Bangladesh Bangladesh171,512,10,60
Drapeau de la Belgique Belgique11,8169,66,93
Drapeau du Brésil Brésil211,162,02,92
Drapeau de la République populaire de Chine Chine1 419119,16,52
Drapeau de la Colombie Colombie52,337,51,59
Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo105,817,10,13
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud51,7223,411,43
Drapeau de l'Égypte Égypte114,538,91,49
Drapeau de l'Espagne Espagne48,396,05,12
Drapeau des États-Unis États-Unis336,8266,212,54
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie128,716,00,11
Drapeau de la France France68,3131,36,42
Drapeau de la Grèce Grèce10,477,54,63
Drapeau de l'Inde Inde1 43831,91,18
Drapeau de l'Indonésie Indonésie281,241,11,45
Drapeau de l'Iran Iran90,6142,33,82
Drapeau de l'Italie Italie59,096,25,05
Drapeau du Japon Japon124,5127,47,67
Drapeau du Kenya Kenya55,322,80,19
Drapeau du Mexique Mexique129,761,62,61
Drapeau de la Birmanie Birmanie (Myanmar)54,117,20,37
Drapeau du Nigeria Nigeria227,913,40,14
Drapeau du Pakistan Pakistan247,517,40,52
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas17,9143,16,19
Drapeau des Philippines Philippines114,924,30,93
Drapeau de la Pologne Pologne36,7107,74,27
Drapeau du Portugal Portugal10,677,65,15
Drapeau de la Tchéquie Tchéquie10,9146,75,96
Drapeau de la Roumanie Roumanie19,167,02,59
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni68,589,14,21
Drapeau de la Russie Russie143,8230,27,29
Drapeau de la Suède Suède10,5178,512,08
Drapeau de la Tanzanie Tanzanie66,616,80,14
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande71,777,52,97
Drapeau de la Turquie Turquie85,377,53,58
Drapeau de l'Ukraine Ukraine37,763,12,52
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnam100,442,62,59
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Investissements

L'investissement mondial dans les énergies décarbonées devrait atteindre 1 740 milliards de dollars en 2023, mais l'investissement dans les fossiles croît à nouveau pour la 3e année consécutive.

Selon le rapport 2023 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur les investissements mondiaux dans l'énergie, les investissements dans les combustibles fossiles tendent à décliner, passant de 1 319 G$ (milliards de dollars américains) en 2015 à 1 002 G$ en 2022, pendant que les investissements dans les énergies décarbonées progressent, passant de 1 074 G$ en 2015 à 1 617 G$ en 2022, 1 740 G$ étant attendus pour 2023. Les investissements dans les énergies renouvelables électriques sont passés de 451 G$ en 2019 à 596 G$ en 2022 alors que ceux dans les centrales thermiques fossiles ont reculé de 134 G$ en 2019 à 108 G$ en 2022. Les investissements dans les réseaux électriques et le stockage sont passés de 304 G$ en 2019 à 352 G$ en 2022 et ceux dans le nucléaire de 37 G$ en 2019 à 53 G$ en 2022. L'AIE prévoit que les investissements dans le solaire (382 G$) dépasseront en 2023 ceux dans la production de pétrole (371 G$) alors qu'en 2013 les investissements pétroliers étaient cinq fois plus élevés (636 G$ contre 127 G$). Les dépenses de l'industrie pétrolière et gazière vont de moins en moins aux investissements dans le pétrole et le gaz (48 % en 2022 contre 86 % en 2008) et de plus en plus aux dividendes et rachats d'actions (39 % en 2022 contre 14 % en 2008), au désendettement (13 % en 2022) et très peu aux investissements dans les énergies décarbonées (1 %)[43].

Emplois

En 2022, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie son premier rapport sur l'emploi dans l'énergie. Elle l'estime à 65 millions de personnes en 2019, soit environ 2 % des emplois au niveau mondial, dont 21 millions dans la production de combustibles, 20 millions dans celle d'électricité et 24 millions dans les usages finaux tels que l'efficacité énergétique (bâtiments et industrie) et la fabrication de véhicules routiers[44]. L'AIE estime que les énergies propres emploient plus de 50 % des travailleurs de l'énergie ; la production d'électricité bas carbone en emploie 7,8 millions, à égalité avec la production de pétrole ; la production de véhicules emploie 13,6 millions de personnes, dont 10 % pour les voitures électriques, leurs composants et leurs batteries. Plus de la moitié de l'emploi dans l'énergie se situe dans la région Asie-Pacifique ; la Chine à elle seule compte pour 30 % du total. Plus de 60 % des effectifs sont employés à développer de nouveaux projets. Les emplois à haute qualification comptent pour 45 % du total. L'AIE prévoit une croissance des emplois dans tous ses scénarios, les nouveaux emplois dans les énergies propres compensant le déclin de l'emploi dans les énergies fossiles[45],[46].

Impact environnemental

Les émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, etc.) de l'Union européenne sont imputables pour environ 80 % à la production et à la consommation d'énergie[47] ; cet indicateur n'est pas disponible au niveau mondial.

Les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie ont atteint en 2025, selon les estimations de l'Energy Institute, 35 806 Mt, en hausse de 1,1 % par rapport à 2024, de 5,3 % par rapport à 2019 et de 9,2 % depuis 2015. Les émissions de la Chine (31,5 % du total mondial) ont augmenté de 0,7 % en 2025 et de 22,6 % depuis 2015 ; celles des États-Unis (13,3 % du total mondial) ont progressé de 3,1 % en 2025, mais baissé de 7,4 % depuis 2015 ; celles de l'Inde (8,3 % du total) ont progressé de 0,6 % en 2025 et de 39,8 % depuis 2015 ; celles de la Russie (4,6 % du total) ont baissé de 0,9 % en 2025, mais progressé de 8,1 % depuis 2015. En Europe (9,9 % du total mondial), elles ont progressé de 0,5 % en 2025 (−1,2 % en Allemagne, +2,2 % en Pologne, −0,1 % en Italie, −1,3 % en France, +2,1 % en Espagne, +4,3 % en Turquie, −1,3 % au Royaume-Uni), et de 15,9 % depuis 2015[e 12].

Selon les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie, moins récentes mais plus précises, les émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l'énergie s'élevaient en 2023 à 38 987 Mt, en progression de 132,6 % par rapport à 1971[h 1], dont 35 559 Mt d'émissions dues à la combustion[h 2]. Ces émissions dues à la combustion étaient dues pour 43,8 % au charbon[h 3], 32,6 % au pétrole[h 4], 21,3 % au gaz naturel[h 5] et 2,3 % aux déchets non renouvelables. Les émissions de CO2 par habitant liées à l'énergie en 2023 étaient estimées à 4,30 tonnes en moyenne mondiale, en progression de 15,6 % par rapport à 1971, 13,09 t aux États-Unis, 6,50 t en Allemagne, 3,84 t en France, 7,87 t en Chine (surtout dans l'industrie qui produit en grande partie pour les consommateurs américains et européens…), 1,92 t en Inde et 0,85 t en Afrique[h 6].

Ces chiffres rendent compte des émissions de chaque pays mais n'intègrent pas les gaz à effet de serre induits par la production des produits importés ou exportés. L'Institut national de la statistique et des études économiques (France) et le ministère français de la Transition écologique et solidaire ont chiffré les émissions totales des Français à 11,1 tonnes de CO2 par personne en 2012, un chiffre nettement supérieur à l'émission de gaz à effet de serre par habitant sur le territoire national[48].

Par secteur en 2023, les émissions de CO2 par combustion d'énergies fossiles étaient issues pour 49 % de l'industrie de l'énergie (surtout lors des transformations : production d'électricité et de chaleur : 44,2 %, raffinage, etc.), 23,9 % des transports (dont transport routier : 17,9 %), 17,8 % de l'industrie, 5,4 % du secteur résidentiel et 2,3 % du secteur tertiaire[h 7] ; mais après réallocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs consommateurs, la part de l'industrie passe à 37,4 %, celle des transports à 24,6 %, celle du secteur résidentiel à 16,4 % et celle du secteur tertiaire à 9,3 %[h 8].

Au niveau mondial, les émissions de CO2 dues à la combustion d'énergies fossiles ont augmenté de 6 % en 2021, selon l'Agence internationale de l'énergie, pour atteindre le niveau record de 36,3 Gt (milliards de tonnes), après avoir reculé de 5,2 % en 2020. Le charbon est responsable de 40 % de l'accroissement des émissions, atteignant un record historique de 15,3 Gt ; le gaz a aussi dépassé le niveau de 2019, à 7,5 Gt ; le pétrole reste au-dessous du niveau de 2019, à 10,7 Gt, les transports n'ayant pas encore complètement repris[49].

Dans le cadre des négociations internationales sur le climat, tous les pays se sont engagés à maintenir la hausse des températures en deçà de +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Or, pour aboutir à ce résultat, il faudrait que les pays s'abstiennent d'extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial, d'ici à 2050. Pays par pays, cela concerne l'essentiel des immenses réserves de charbon qui se trouvent en Chine, en Russie, en Inde et aux États-Unis. Au Moyen-Orient, cela suppose d'abandonner l'idée d'extraire 60 % du gaz et de ne pas toucher à environ 260 milliards de barils de pétrole, l'équivalent de toutes les réserves de l'Arabie saoudite. Il faudrait enfin oublier toute velléité d'exploiter les réserves d'énergies fossiles découvertes en Arctique et s'interdire d'accroître l'exploitation du pétrole non conventionnel (schiste bitumineux, huile de schiste, etc.)[50].

L'Agence internationale de l'énergie avait déjà préconisé, en 2012, de laisser dans le sol plus des deux tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles, car notre consommation, d'ici à 2050, ne devra pas représenter plus d'un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles afin de ne pas dépasser les +2 °C de réchauffement global maximal d'ici la fin du siècle[51]. Une étude publiée en 2009 estimait qu'il ne fallait pas émettre plus de 1 000 gigatonnes de CO2 de 2000 à 2050 pour avoir trois chances sur quatre d'éviter un réchauffement supérieur à +2 °C (1 440 gigatonnes pour une chance sur deux), dont 234 gigatonnes déjà émises entre 2000 et 2006. La même étude estimait que la combustion des réserves connues de combustibles fossiles conduirait à l'émission de 2 800 gigatonnes de CO2, soit très largement plus que le budget résiduel[52].

Notes et références

Voir aussi

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