Convention d'Ocaña

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La convention d'Ocaña est une assemblée constituante de la Grande Colombie qui s'est réunie dans la ville d'Ocaña, en Colombie, entre le et le . Son objectif était de réformer la constitution de Cúcuta afin de résoudre les problèmes survenus durant la première république de Colombie.

Depuis quasiment le début du processus d'indépendance des territoires composant la Grande Colombie, la situation politique du pays est tendue entre les partisans d'un État centralisé fort, suivant les idées de Simón Bolívar, président, et les partisans d'une confédération de type fédéral, suivant les idées de Francisco de Paula Santander, le vice-président. Les désirs séparatistes de différentes factions, notamment vénézuéliennes incarnées par le général José Antonio Páez qui s'oppose à la fois à Bolívar et Santander, aggravent encore les difficultés de la vie politique colombienne.

De jusqu'en 1827, Bolívar, bien que président en titre de la Grande Colombie, ne gouverne pas et laisse à Santander le soin de diriger le pays. Il est en effet, avec l'autorisation du Congrès, en campagne pour la libération du Pérou et de la Bolivie jusqu'en 1824, puis occupe le poste de président du Pérou jusqu'au .

De retour en Grande Colombie, Bolívar doit donc faire face à une situation explosive. Un premier congrès est organisé en 1827 afin de réfléchir au futur de la constitution de Cúcuta. Considérant qu'elle est la cause des maux de la République, celui-ci décide de convoquer une convention de tous les représentants de toutes les provinces du pays pour le dans la ville d'Ocaña, convocation officialisée par la loi du .

Participants

Église de San Francisco, où s'est tenue la convention d'Ocaña.

75 citoyens participèrent à la convention : 42 néo-grenadins, 23 vénézuéliens, 8 équatoriens et 2 panaméens.

Déroulement

Francisco de Paula Santander.

Sitôt la convocation effectuée, Francisco de Paula Santander renonce à sa charge de vice-président afin de participer à la convention en tant que député. Bolívar, en tant que président, ne peut y participer.

Le , 17 députés se réunissent et se constituent en en comité préparatoire afin d'examiner la légalité des nominations effectuées par chaque province de la République.

Le se met en place un conseil de qualification de 68 députés qui officie jusqu'au 8.

Le , à 9 heures du matin, une messe solennelle est célébrée dans l'église de Santa Ana et à 11 heures, les députés retournent dans l'église de San Francisco afin de commencer les sessions formelles de la convention. 64 délégués de toutes les provinces de la Grande Colombie assistent à l'inauguration, sur les 108 qui correspondant à la population. Dans un premier temps, José María del Castillo y Rada, de Carthagène, est élu président de la grande convention et Andrew Narvarte, de Caracas, est élu vice-président.

Toutes les forces militaires d'Ocaña a été retirée à Mompox, pour éviter des incidents. L'objet des discussions est le système politique que doit adopter la Grande-Colombie. Les participants se divisent en deux camps : ceux qui préconisent le centralisme, les partisans de Bolívar, et ceux qui défendent le système fédéral, partisans de Santander, qui dénoncent le centralisme de la Constitution de Cúcuta. Les leaders de ces deux groupes politiques opposés de la convention sont Francisco de Paula Santander et José María Castillo y Rada.

Le est approuvée à l’unanimité la proposition de réformer la constitution. Une commission de rédaction est nommée.

Le , Jose Ignacio Marquez est nommé en tant que président de la convention et Martin Tobar Ponte vice-président.

À partir du se discutait un projet visant à adopter le système fédéral, un vote est organisé le 28 et rejette l'option, à la grande satisfaction de Bolívar. Finalement, il est décidé que la structure de la Constitution de Cúcuta serait conservée, que le gouvernement colombien et ses trois pouvoirs resterait unitaire, que son administration devait être renforcée pour une action plus efficace qu'il était nécessaire d'établir des assemblées dans les divisions territoriales.

Le , le Comité de rédaction présente le projet de constitution dont la rédaction a été effectué par Vicente Azuero.

Le , après une lecture rapide, il est approuvé en première lecture. Quelques jours plus tard, la minorité bolivarienne commence à faire des objections à ce projet connu sous le nom de Constitution Azuerina.

Le , alors que le deuxième débat allait commencer, le Dr José María del Castillo y Rada présente un autre projet, ce qui déclenche de nouveaux incidents.

Le , les bolivariens demandent que soit faite lecture du second projet, alors que la deuxième lecture du premier projet est toujours en suspens. Très logiquement, les santandéristes répliquent en les traitant de monarchistes.

Le , les députés bolivariens se réunissent et décident de se retirer de la convention, en raison de la façon dont leur projet a été reçu.

Entre le 2 et le , un tiers des députés ne participe pas aux discussions. Santander et Azuero menacent de se retirer de la convention. À ce moment, l'état d'esprit des députés les répartit en trois catégories :

  • les santandéristes exaltés
  • les bolivariens prêts à se retirer de la convention
  • les indépendantistes insatisfaits

Le , la discussion sur les deux projets est définitivement suspendue et un troisième commence à être discuté, sous la forme d'un amendement à la Constitution de 1821, présenté cette fois par Diego Fernando Gomez.

Le , les bolivariens écrivent au Libérateur en lui exprimant leur volonté de se retirer de la convention.

Le , au petit matin, 19 députés bolivariens quittent Ocaña en direction de La Cruz (aujourd'hui Abrego).

Le , la convention d'Ocaña est levée sans qu'aucun accord ne soit obtenu, si ce n'est sur la nécessité de réformer la Constitution.

Conséquences

Références

Voir aussi

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