Coup d'État de 1978 aux Comores
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- Assassinat de Ali Soilih
- Instauration de la République fédérale islamique des Comores par Ahmed Abdallah
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Grande Comore, Comores |
| Issue |
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| Mercenaires de Bob Denard |
| Ali Soilih | Bob Denard Saïd Atthoumani Ahmed Abdallah |
Le coup d'État de 1978 aux Comores, également appelé opération Atlantide, est perpétré le par des mercenaires français dirigés par Robert « Bob » Denard. Il aboutit au renversement du président Ali Soilih[1],[2], au pouvoir depuis 1976[3], et à l'instauration de la république fédérale islamique des Comores (RFIC), qui sera elle-même remplacée en 2001 par l'Union des Comores.
Ce coup d'État est nommé « opération Atlantide » par Denard, qui acquiert, avec l'aide de Pierre Guillaume, officier de la Marine nationale, le bateau Antinea pour réaliser ce putsch. Son équipe, composée d'une cinquantaine de mercenaires, embarque à Lorient (Bretagne) pour se rendre secrètement à Moroni, la capitale comorienne, sous couverture d'une société de recherche sismique et géophysique devant se rendre en Terre de Feu (Amérique du Sud). Le matin du , les mercenaires débarquent sur la plage d'Itsandra Mdjini, sur l'île de Grande Comore, prennent en quatre heures le contrôle de Moroni et emprisonnent Ali Soilih, qui sera assassiné deux semaines après son arrestation[2].
En , Bob Denard tient une réunion avec ses lieutenants et des membres de l’opposition comorienne afin de monter une opération militaire contre le régime pro-communiste d’Ali Soilih.
Plusieurs scénarios sont envisagés, et finalement en c’est l’assaut amphibie qui est choisi[4].
Hugues de Tressac, l'un des mercenaires recrutés, explique avoir été approché dès pour une mission qui est reportée plusieurs fois.
Le jeune homme, déjà vétéran de la guerre en Rhodésie, explique que le SDECE était informé de l'opération.
En effet, après une première rencontre avec Denard, il accompagne ce dernier au siège des services spéciaux français, boulevard Mortier à Paris.
De Tressac est présenté comme le « radio », le transmetteur de Denard. Avec un chiffreur du SDECE, il met au point une procédure de communication codée via le livre de Lawrence d'Arabie, Les Sept Piliers de la Sagesse[5].
En , avec l'aide de Pierre Guillaume, le célèbre Crabe-Tambour, Denard rachète un vieux chalutier, le Cap Fagnet. Le navire est réparé et des essais en mer ont lieu au large de l'archipel des Glénan.
Concernant l'équipement de ses Hommes, Denard leur distribuera le paquetage suivant : un treillis noir, un bonnet en laine noire, un ceinturon, un treillis camouflé et un béret vert. Il faut y ajouter l’élément indispensable à tout soldat : une bonne paire de chaussures, en l’occurrence des rangers.
Par discrétion, Denard achète des fusils de chasse de calibre 12, à pompe ou semi-automatique dans des armureries de la région bordelaise. En effet, la législation française sur les armes à feu était beaucoup moins restrictive qu'aujourd'hui, car ces armes s’achetaient avec une carte nationale d’identité. De Tressac est ainsi armé d'un fusil de marque Breda, fabriqué en Italie. Ces armes sont très efficaces pour le combat rapproché en milieu clos (combat en jungle, en zone urbaine…) mais leur portée est bien moins importante que des fusils à canon rayé. Denard précise que certains de ses hommes ont amené leur pistolet personnel (on ignore s'ils ont été acquis de façon licite ou via le marché noir), et il emporte lui-même un revolver .38 Special[6].
Le recrutement des mercenaires débute dès 1977 comme on a pu le voir avec de Tressac. Le recrutement voit différentes générations d'hommes se côtoyer. Les plus anciens, comme Michel Loiseau, Roger Bruni ou Roger Bracco, ont combattu au Congo et au Biafra aux côtés de Bob Denard et sont les plus expérimentés. D'autres, plus jeunes, ont reçu une formation d'officier, comme le médecin Jean-Louis Millotte, Jean-Baptiste Pouye et Bruno de la Chapelle (les deux hommes combattront ensemble au Tchad avec De Tressac en 1982).
Les plus jeunes des mercenaires ont tout juste la vingtaine, et certains connaissent leur baptême du feu au Liban en 1976 aux côtés des Phalangistes de Bachir Gemayel.