Coup d'État de 1996 au Niger
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Le coup d'État de 1996 au Niger est un coup d'État militaire survenu le à Niamey, au Niger. Il renverse le premier président élu démocratiquement, Mahamane Ousmane, resté trois années au pouvoir, et installe le général Ibrahim Baré Maïnassara à la tête de l'État.
Le , au cours de la première élection présidentielle démocratique organisée au Niger, Mahamane Ousmane est élu président de la République avec 55,42 % des voix face à Mamadou Tandja, dans le cadre d'une constitution inspirée de la constitution française de la Ve République[1]. Il doit faire face à une crise économique et sociale, ainsi qu'à une rébellion touarègue. Il signe un accord de paix avec les Touaregs le . Mais à la suite d'un renversement d'alliances, il se retrouve en minorité au parlement nigérien. Il provoque des élections législatives anticipées, en , qui sont remportées par la principale force d'opposition, le Mouvement national pour la société du développement (MNSD) de Mamadou Tandja. Un proche de Mamadou Tandja, Hama Amadou, devient premier ministre dans le cadre d'une cohabitation avec le président Ousmane, une situation politique complexe dans une démocratie encore récente[2].
Le conflit politique entre le président et le premier ministre paralyse le pays pendant presque une année, alors que la situation économique est déjà catastrophique à la suite du blocage des négociations avec les bailleurs de fonds dû à l'incertitude politique, des cours en baisse de la seule production d'exportation, l'uranium, et d'une dépréciation du naira nigérian qui annule l'effet de la dévaluation du franc CFA. S'y ajoute une crise sanitaire avec une épidémie de méningite, en 1995, contre laquelle les réactions des pouvoirs publics sont inadaptées[2].
À la tête de l'état-major des Forces armées nigériennes (FAN), Ibrahim Baré Maïnassara (surnommé IBM), un officier parachutiste, connait bien le pouvoir pour avoir participé, âgé de 25 ans, au coup d'état de Seyni Kountché, en 1974, à la suite d'un contexte économique là encore dramatique. Le colonel Baré Maïnassara est resté constamment, depuis 1974 proche des premiers cercles du pouvoir. Ex-attaché militaire et ambassadeur à Paris, il est également bien connu de l'ancienne puissance coloniale, la France, dont l'influence est restée déterminante. Baré Maïnassara menace une première fois d'une intervention militaire fin 1995 si les querelles politiques ne cessent pas. Un premier compromis politique est trouvé. Mais il ne dure que quelques semaines. En , la situation politique semble de nouveau bloquée, le président Ousmane menace une nouvelle fois l'Assemblée de dissolution, et la majorité parlementaire répond en le menaçant de destitution[2],[3].
Événements
L'après-midi du , l'armée, commandée par le colonel Baré Maïnassara, entre en action. Elle emprisonne les trois premiers personnages de l’État et suspend les partis politiques. Plusieurs soldats et des membres de la garde présidentielle sont tués dans les combats[4]. La direction de l’État est confiée à un Conseil de salut national de douze membres, avec à sa tête le colonel Baré Maïnassara[2].