Couvent des Récollets de Rouffach
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9-11, rue du Quatrième-Régiment-des-Spahis-Marocains rue des Récollets |
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Le couvent des Récollets de Rouffach est un ensemble de bâtiments constitué de l'église Sainte-Catherine et de l'ancien couvent des frères mineurs récollets de Rouffach construit autour d'un jardin intérieur. L'église n'est plus accessible au public depuis plusieurs années et les bâtiments conventuels logent actuellement le service des archives municipales de la ville, ainsi qu'une salle d'exposition.
Le couvent des Récollets est situé aux 9-11, rue du Quatrième-Régiment-des-Spahis-Marocains et rue des Récollets à Rouffach (Haut-Rhin). Il abritait jadis le tribunal cantonal et on peut encore lire cette inscription sur le fronton de la partie centrale de la façade qui donne sur un parvis récemment réaménagé et agrémenté de jeux d'eau. Ce bâtiment est accolé à la façade sud de l'église dont seule la partie arrière du chœur donne sur la rue. L'église Sainte-Catherine[1] et le corps de bâtiments conventuels[2] sont tous deux classés Monuments historiques depuis 1921.
Historique
Moyen Âge
L'ordre des Frères mineurs a été créé en 1210 par François d'Assise et dès 1250 des frères franciscains ont construit un prieuré à Rouffach. Grâce à des donations, le couvent put bientôt s'agrandir : le petit abri flanqué d'une chapelle devint un couvent avec une église à la fin du XIIIe siècle. L'église consacrée à Sainte Catherine d'Alexandrie a été construite entre 1280 et 1310 ; durant cette même période, le frère Blodelin a fait ériger le cloître du couvent[3]. Le couvent faisait partie de la Provincia Argentina, congrégation des Ordres de Strasbourg. En 1435, il a rejoint le mouvement réformiste de l'Observance. Le ministre provincial Jodocus faisait l'éloge des frères de Rouffach qui vivaient "en stricte observance de la règle"[4]. C'est à la suite de cette réforme qu'ils se sont appelés frères "récollets".
À partir de 1487, l'Ordre des Chevaliers teutoniques s'établit à proximité du couvent. Les frères autorisent les Chevaliers à célébrer les offices dans la nef latérale sud de l'église : les deux communautés se partagent leur lieu de culte.
L'école humaniste
À l'aube du XVIe siècle, la réputation du couvent grandit grâce à son école qui a vu passer plusieurs humanistes, dont un recteur de l'université de Heidelberg, Jodocus Gallus, son neveu Conrad Pellican, philologue et théologien, l'historien Materne Berler, l'évêque auxiliaire de Strasbourg Johannes Siegrist, le cosmographe Sebastian Münster, Valentin Boltz, miniaturiste, coloriste et dramaturge ainsi que Conrad Lycosthenes, grammairien et vulgarisateur des sciences[5].
En 1564 le couvent fut abandonné après que, dans les derniers temps, il n'y avait plus que deux frères qui l'occupaient. Une première tentative de repeuplement en 1565 tourna court quand des bâtiments conventuels ont été sévèrement endommagés par un incendie. On confia le couvent à deux prêtres et à un frère convers.
En 1591 le couvent fut repeuplé à l'initiative du bailli de Rouffach, le comte Eberhard de Manderscheid-Blankenheim.
En 1725, les frères sont chargés de l’enseignement du latin, de la syntaxe, de la poésie et de la rhétorique, aux garçons de la ville de Rouffach[6].
Révolution et XIXe siècle
Durant la Révolution, le couvent fut endommagé et sécularisé en 1791. Les 25 pères et 10 frères franciscains sont chassés[3]. En 1792, il servit de caserne, en 1794 d'hôpital militaire et en 1795 de prison.
L'église fut vendue en 1793 à deux bourgeois rouffachois. En 1797, la paroisse de Rouffach loua la "maison du Seigneur" comme chapelle secondaire et des offices y furent de nouveau célébrés. Entre 1819 et 1826 les quatre propriétaires de l'église léguèrent leur bien à la Ville de Rouffach qui en redevint ainsi l'unique propriétaire[7] En 1840 l'église Sainte-Catherine fut entièrement restaurée et dans les années 1860, elle servit d'église paroissiale durant les travaux de modification de l'église Notre-Dame.
Inoccupés durant quelques années, les bâtiments conventuels ont abrité dans les années 1840 et 1850 des logements privés et un pensionnat de jeunes filles. En 1848, un incendie a détruit l'aile ouest du couvent[8]. Dans les années 1850, les bâtiments ont hébergé un atelier de tissage et une teinturerie jusqu'en 1875, puis une imprimerie.
Du XXe siècle à nos jours
Après 1870, sous administration allemande, ces bâtiments furent modifiés pour servir de tribunal. La façade extérieure prit son aspect actuel[7]. Cette fonction judiciaire se prolongea après 1919 (tribunal cantonal jusqu'en 1959)[3]. Au XXIe siècle, des travaux de réhabilitation des bâtiments sont réalisés en 2004[9] pour accueillir les archives municipales de Rouffach et une salle d'exposition, prêtée à diverses associations (le centre de gestion rural et les collections de l’association pour la conservation du patrimoine religieux en Alsace).
Durant les deux guerres du XXe siècle, l'église subit des préjudices. Restaurée une première fois grâce à une aide de l'État au titre des dommages de guerre, elle est restituée au culte en 1924 et consacrée par l'évêque de Strasbourg[3]. De 1950 à 1990, des travaux d'entretien sont réalisés par la commune sur la maçonnerie et la toiture et les vitrages.
Dans les années 1980, des fouilles archéologiques sont conduites dans l’église sous la direction de l’archiviste municipal de Rouffach, Pierre-Paul Faust et de l'archéologue Pierre Brunel. Les dalles funéraires couvrant le sol de la nef sont soulevées et l'église est en chantier. Ces travaux sont interrompus en[date à préciser] par manque de moyens de financement et l'église est actuellement fermée au public.