Culture de l'information
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La culture de l'information, parfois également appelée « culture informationnelle », est une expression qui date du milieu des années 1990. Elle désigne la possession de connaissances et de compétences techniques, informationnelles intellectuelles dans un contexte de surcharge informationnelle caractérisée, entre autres médias, par la multiplication et la complexification des environnements numériques. Michel Menou note que « cette notion semble fournir une explication commode aux succès autant qu’aux échecs des processus, systèmes et produits d’information. Quand toutes les causes bassement techniques et matérielles se sont avérées incapables de fournir quelque lumière, la culture de l’information arrive en renfort ; puis elle disparaît de nouveau, aussi subitement qu’elle était apparue »[1].
Le concept est utilisé actuellement par des chercheurs en sciences de l'information et de la communication, mais aussi par des professionnels de la documentation et des bibliothèques.
Le concept est différent de celui de maîtrise de l'information, traduction approximative de l'anglais information literacy, en constituant un prolongement ou une évolution dans les objectifs visés qui constituent autant d'étapes dans l'acquisition de compétences. Ainsi Brigitte Juanals avait décrit cette progression en distinguant « la maîtrise de l'accès à l'information », fondée sur des compétences techniques et documentaires, de « la culture de l'accès à l'information », caractérisée par « une utilisation autonome critique et créative de l'information ». Ces deux premières étapes constituant des prérequis dans une progression qui conduit à la « culture de l’information » qui suppose culture générale, connaissance des médias, assimilation des dimensions éthiques et intégration sociale au-delà des uniques compétences documentaires et informatiques[2].
Olivier Le Deuff analyse la culture de l'information en sept points [3]. Selon cet auteur[4], le concept se rapproche de celui de translittératie[5], défini par Sue Thomas comme « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux »[6].
Origines et histoire du concept
Sylvie Fayet-Scribe considère qu'une « certaine » culture de l’information émerge à la fin du XXe siècle[7]. L’Association des professionnels de l'information et de la documentation a consacré au sujet une journée d’études en , à la suite d'échanges sur la liste ADBS-info en 1994, puis en 1996 avec à chaque fois Jean Michel, ingénieur des ponts et chaussées et spécialiste de l’information comme initiateur, puis en 1997[8]. Les assises de 2003 à l'Urfist de Paris [9] ont constitué un point de départ important pour créer une dynamique de recherche et d'expérimentations. Dans cette dynamique a été concrétisé le projet de recherche Erté [10] débuté en 2006. Le projet s'est achevé en 2008 avec un colloque sur le thème de « L’Éducation à la culture informationnelle »[11]. Les actes ont été publiés aux presses de l'Enssib. Une thèse consacrée aux aspects définitoires de la culture de l'information est publiée en 2009 par Olivier Le Deuff qui reliera ensuite la thématique aux enjeux actuels autour des cultures numériques[12].