D'Annunzioisme
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Le d'Annunzioisme (italien : dannunzianéṡimo) était un phénomène artistique et culturel non seulement attribuable à l'esthétique de Gabriele D'Annunzio qui a influencé la littérature, le goût et les modes de vie des contemporains, mais était aussi la manifestation et la réaction au « mal de vivre », à ce malaise social qui a eu de profondes conséquences, morales et politiques, sur la situation historique des premières décennies du xxe siècle en ItalieInterprétation abusive ?[1].
Le style de D'Annunzio, qui se présentait comme anti-bourgeois, suscita l'intérêt et la curiosité en particulier parmi une certaine aristocratie et des employés de la classe moyenne de la Rome d'Umberto Ier, influençant leurs coutumes par ses attitudes esthétiques, narcissiques, amorales et surhumaines, si évidentes qu'elles firent de D'Annunzio le « véritable fils de notre temps »[2].
Arrivé à Rome à seulement dix-neuf ans, Gabriele D'Annunzio acquiert rapidement une renommée en tant que journaliste spécialisé dans l'art de vivre, écrivant des chroniques spéciales où il met en valeur les traits distinctifs de sa personnalité et de son esthétique : le narcissisme, l'esthétisme comme mode de vie, un engagement et un talent linguistique au service de la construction d'une légende personnelle. Il décrit les vêtements féminins avec minutie et prodigue des conseils sur les coiffures à la mode, cherchant ainsi ouvertement à transcender la médiocrité quotidienne et à démontrer que « l'art est une marchandise dont l'artiste doit connaître et appliquer les règles ». D'Annunzio démontre ainsi d'emblée sa conscience que la mode est l'un des langages les plus innovants de la modernité, et se présente ainsi comme un nouveau Pétrone, l'arbitre de l'élégance que le beau monde, d'abord romain puis italien, s'empresse de suivre pour être au diapason des dernières modes[3]. Le « Poète » dilapide une véritable fortune en vêtements de luxe et en achat d'objets précieux mais conventionnels pour meubler sa maison du Vittoriale, voulant se présenter comme transgressif mais inspirant en réalité son comportement au désir de se conformer à l'élégance de l'élite dont il tente de se proposer comme chef et leader.
L'audace
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'arditisme[Quoi ?] se répandit au sein de la bourgeoisie italienne, passant d'une forme militaire de combat à un phénomène social lié à la magniloquence, à la préciosité expressive, à l'esthétisme exaspéré du style de D'Annunzio et à sa vision de la guerre comme régénérateur de l'esprit de défi et d'aventure mis à l'épreuve dans l'entreprise de Fiume. Les attitudes anarchiques, également exprimées dans les devises de D'Annunzio, donnèrent naissance au fascisme, qui exploita les aspects psychologiques offerts par la propagande et l'esthétique futuriste de D'Annunzio pour la conquête du pouvoir[4].
