Danse traditionnelle géorgienne
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La danse traditionnelle géorgienne est née à l’intersection de deux mondes culturels, l'européen et l'asiatique : ses racines remontent à l'ère préchrétienne. Malgré les invasions successives, mongoles, perses, ottomanes et russes, elle a su conserver ses caractéristiques propres[1].
Production de spectacles à l'étranger
Les fouilles archéologiques de Trialeti, en Géorgie centrale, effectuées au XXe siècle, ont conduit à la découverte de représentation de danses rituelles exécutées par des chasseurs en l’honneur des dieux durant le IIe millénaire av. J.-C. Plus récemment, les fouilles d’Armatsikhe (anciennement Baguineti) ont mis au jour des figures de danseuses sur une plaque d’os datant du VIIe siècle av. J.-C.[2].
Les danses portent souvent un nom dérivé des régions où elles sont nées, comme Adjarouli (Adjarie), Kazbegouri (Kazbegui), Khevsoulouri (Khevsourétie), Mtioulouri (Mtioulétie), Ratchouli (Ratcha), Svanouri (Svanétie), et parfois d’une profession, comme Kintouri pour les Kintos, les vendeurs nomades de Tbilissi[Note 1].
Au XXe siècle, deux troupes de ballet ont porté les danses traditionnelles géorgiennes sur les 5 continents, le Ballet national de Géorgie Soukhichvili[3]— fondé en 1945 par Iliko Soukhichvili et Nino Ramichvili — et l'Ensemble Erisioni[4]— fondé comme troupe amateur en 1885 et qui donna naissance durant les années 1990 au spectacle Georgian Legend sous l'impulsion de Jim Lowe et de Pascal Jourdan —; elles perdurent aujourd'hui en parallèle avec de nouvelles compagnies comme l'Ensemble Rustavi[5] ou plus récemment le Ballet national royal de Géorgie[6].
Patrimoine culturel immatériel en France
Les danses géorgiennes en Île-de-France *
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Danseur montagnard | ||
| Domaines | Pratiques festives Musiques et danses |
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| Lieu d'inventaire | Île-de-France | |
| * Descriptif officiel Ministère de la Culture (France) | ||
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Le ministère français de la Culture inclut le les danses géorgiennes dans l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[7], à partir d'un travail documentaire réalisé par Simone Tortoriello et l'association Ïle-du-Monde[8], en reconnaissance de l'apport qu'elles ont représenté en Île-de-France depuis près d'un siècle. En effet les émigrations géorgiennes, politiques durant les années 1920 et 1940, économiques au XXIe siècle, ont favorisé la création de troupes amateurs en Asie mineure, en Europe et aux États-Unis[Note 2]. Pour la région parisienne, dans l'immédiat après guerre, deux chorégraphes géorgiens exilés, Chota Abachidzé (1915-1995) et Sergo Kokhréidzé[9] forment la 1re génération d'origine géorgienne, née en France, et produisent des spectacles aux fêtes communautaires. Au début des années 1970, Pierre-Alexis Kobakhidzé forme à son tour une quarantaine de personnes et produit des spectacles semi-professionnels[10] — dans le cadre de Musigrains —. Depuis les années 2000, Lali Djashiashvili, Beka Noniashvili et Irakli Oboladze[11] — dans le cadre du Centre culturel géorgien Lazi — et Sergo Kleri — dans le cadre de l'Ensemble Tamarionni issu de la Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Tamar de Villeneuve-Saint-Georges — forment et produisent des spectacles associatifs. Depuis les années 2010, Zurab Tsutskiridze, un ancien professionnel de ballet géorgien, forme — dans le cadre du Studio de danse géorgienne Deisi — les jeunes générations à Paris, Strasbourg, Lyon, Valence et Nice[12].
La musique
Les danses sont accompagnées par les instruments de la musique traditionnelle géorgienne, à cordes comme le pandouri (luth à trois cordes), le tchongouri (luth à quatre cordes), à vent comme le salamouri (flûte à bec) ou le doudouki (hautbois), à percussion comme le doli (tambour à double face pratiqué avec les mains), ou le garmoni (sorte d’accordéon) introduit au XIXe siècle.
Les costumes
Pour les femmes, les longues robes de style médiéval sont destinées à dissimuler les mouvements de pieds, participant à l’impression de glissement sur le sol ; l’accentuation de la taille, les manches et les coiffes sont quant à elles destinées à souligner le maintien du haut du corps et de la tête, ainsi que la grâce des gestes attendus. Pour les hommes, le costume est une tenue de guerre : il est composé d’un tchokha à cartouchières, serré par un ceinturon portant un poignard — le khandjali —, un pantalon et des bottes — permettant les pointes, pratiquées dans la plupart des danses —, le tout couronné d’un bonnet parfois de fourrure. Chaque région géorgienne propose des robes ou des costumes spécifiques, notamment les régions montagneuses et l’Adjarie.



