Diane Barrière
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Diane Barrière, née le dans le 15e arrondissement de Paris et morte le à l'hôpital américain de Paris, est une femme d'affaires, héritière du groupe Barrière.
15e arrondissement de Paris (France)
| Naissance | 15e arrondissement de Paris (France) |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Diane Marie Anne Barrière |
| Nationalité |
française |
| Formation | |
| Activité |
Femme d'affaires |
| Famille |
Lucien Barrière (père adoptif) |
| Mère |
Martha Szentgyörgyi |
| Conjoint | Thierry Gaubert (de 1975 à 1979) Dominique Desseigne (de 1984 à 2001) |
Biographie
Origines
Sa mère, Martha Szentgyörgyi, est une artiste acrobate hongroise, née en 1919, et ayant fui son pays lors de la Seconde Guerre mondiale ; elle meurt à Neuilly-sur-Seine en 2008.
Lucien Barrière l'adopte quand il se marie avec sa mère[1],[2].
Formation
Diane Barrière fait ses études au lycée Capron, à Cannes, puis à l'université Paris-Dauphine. Elle est titulaire d'une maîtrise de finances et de fiscalité.
Vie privée et familiale
Elle épouse, le , Thierry Gaubert, dont elle divorce le . Elle se remarie le à Dominique Desseigne, notaire à Paris. Elle a avec celui-ci deux enfants, Joy et Alexandre[3].
Groupe Barrière
Diane Barrière succède à son père adoptif Lucien Barrière, à la mort de ce dernier, en 1990[4]. À la tête du groupe Barrière avec 60 % du capital du groupe en sa possession[5], elle poursuit avec succès la politique de ses prédécesseurs. Sous sa présidence, le groupe connaît une expansion significative. Diane Barrière procède notamment à l'acquisition du Fouquet's, à Paris, en 1998[6], et poursuit l'expansion du groupe jusqu'à son décès en 2001[7], des suites de son grave accident aérien[8].
En 1997, Diane Barrière est mise en examen pour abus de biens sociaux, recel, abus de majorité et présentation de faux bilans. En 1991, alors qu'elle doit payer des droits de succession élevés à la suite de la mort de son père, Diane Barrière propose à l'homme d'affaires Jean-Marc Oury un montage financier permettant de détourner le paiement d'une partie de ces droits de succession[9].
Accident d’avion et tétraplégie
Le , Diane Barrière, alors âgée de 38 ans, est victime d'un accident d'avion sur le trajet la menant de Saint-Tropez (Var) à La Baule (Loire-Atlantique)[10].
L'avion, un bimoteur Beechcraft Baron, modèle E55, immatriculé F-BMRB en provenance de Bourges avec un passager, atterrit à l'aérodrome du Luc - Le Cannet (Var) où le ravitaillement en carburant est impossible pour ce type d'avion. Diane Barrière rejoint l'avion depuis Saint-Tropez en hélicoptère. L'avion redécolle avec ses trois occupants pour La Baule sans plan de vol. Le bimoteur à hélices tombe en panne sèche de carburant à environ cent trente kilomètres de son lieu de destination et l'atterrissage en urgence est raté : l'avion s'écrase dans un champ à 7 kilomètres de l'aérodrome de Luçon-Chasnais (Vendée), pourvu d'une unique piste en herbe à l'époque de l'accident, que le pilote a pris pour l'aérodrome de Fontenay-le-Comte (Vendée) situé à 28 kilomètres du lieu de l'accident. L'autonomie de l'avion ne permettait pas de faire le trajet Bourges-La Baule via Le Luc sans remettre du carburant en cours de route.
Trois personnes arrivées rapidement après l'accident, entendant des gémissements de douleur venant de l'intérieur de l'épave en feu, arrachent la porte de l'avion et extirpent des flammes la passagère, Diane Barrière. Elle est très gravement blessée et brûlée sur tout le corps. Elle est la seule rescapée de l'accident, le pilote est mort sur le coup et le passager avant est mort brûlé vif.
Conduite au CHU de Bordeaux après son accident, les médecins constatent que son corps est totalement brûlé au troisième degré sur un quart de sa surface[11]. Une proche de Diane Barrière témoigne que « pendant des mois, simplement pour changer ses pansements, il fallait lui faire une anesthésie générale »[12]. Malgré trente-trois jours de coma et plus de 80 interventions chirurgicales, Diane Barrière reste tétraplégique et invalide à 100 %[13]. Sa lucidité et sa présence d’esprit restent intactes.

Mort et fin de l'enquête
Mais au printemps 2000, sa santé se dégrade à nouveau. Une infection pulmonaire la conduit à être hospitalisée à l’Hôpital américain, à Neuilly. Son dossier médical indique alors qu'elle n'était plus en mesure de tenir la moindre conversation, même la plus simple, et que son état ne lui permettait pas de supporter le moindre stress psychologique ni aucune conversation prolongée[14]. Malgré son état et alors qu'elle se trouve à l'hôpital, le 7 juillet 2000, deux avocats signent pour elle une série de documents juridiques qui modifient de fond en comble son régime matrimonial, passant de la séparation de biens à la communauté universelle. Ces documents attribueront à Dominique Desseigne l'usufruit de ses titres et la totalité de ses biens (dont la maison de la villa Montmorency et les dividendes et actions du groupe Barrière) après la mort de son épouse[15].
En proie à de grandes souffrances, mais toujours pleinement consciente, Diane Barrière meurt le , à l’âge de 44 ans, dans sa chambre de la villa Montmorency, où la famille s'était installée après l'accident. Ses enfants, Alexandre et Joy, étaient alors âgés de 14 et 11 ans. Aucune enquête n'a été menée sur les circonstances de sa mort[16].
L'enquête du BEA à la suite de l'accident d'avion a montré que « la passagère avait consulté plusieurs compagnies de transport public aérien à la demande et que leur prix avait été largement supérieur à celui proposé par l'association gérant le Baron »[17], l'appareil n'étant pas exploité en régime de transport public de passagers mais en aviation générale. La réglementation qui s'applique aux entreprises de transport public leur impose des contraintes d'équipement, de maintenance et de formation du personnel que ne connaissent pas les aéroclubs. Les aéro-clubs n'ont pas le droit d'effectuer un vol commercial.
En 2009, quatorze ans après les faits, l’État est condamné à payer une partie du préjudice[18].
Dans la fiction
Diane Barrière est évoquée dans l'ouvrage « Hallier l'Edernel jeune homme » de Jean-Pierre Thiollet, paru en 2016, en référence au restaurant de l'Hôtel Fouquet's Barrière, qui au début des années 2010 portait son prénom en son hommage[19].