Dictionnaire de la langue québécoise

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Langue
français
Auteur
Léandre Bergeron
Dictionnaire de la langue québécoise
Format
Langue
français
Auteur
Léandre Bergeron
Genre
Sujet
Date de parution
Pays
Éditeur

Le Dictionnaire de la langue québécoise est un glossaire de québécismes rédigé par Léandre Bergeron. Publié chez VLB éditeur en 1980, il est suivi d'un supplément en 1981.

À sa parution, l'ouvrage reçoit de vives critiques. Plusieurs linguistes et lexicographes lui reprochent son manque de rigueur scientifique et sa méthodologie jugée approximative. En 1982, la professeure Danielle Trudeau publie Léandre et son péché, un essai entièrement consacré à la réfutation du dictionnaire de Bergeron[1].

Dans un bilan de la lexicographie québécoise paru en 1988, le linguiste Jean-Yves Dugas écrit : « Malgré une bonne volonté de présenter un corpus linguistique selon une totale objectivité, Bergeron n'aura réussi qu'à s'attirer les foudres d'à peu près tous les linguistes du Québec, parfaitement unanimes à dénoncer ce qu'ils considèrent comme une vaste fumisterie[2]. »

En 1997, le quotidien Le Devoir parle d'une « lexicologie douteuse »[3].

Plusieurs décennies après la publication, les jugements négatifs persistent. Selon le linguiste Gabriel Martin, l'ouvrage de Bergeron demeure négativement perçu dans les milieux universitaires, la rhétorique polémiste de l'auteur et ses prétentions excessives ayant contribué à « cristalliser les réticences des spécialistes du français québécois[4] ».

Dimension idéologique

Le Dictionnaire de la langue québécoise s'inscrit dans une perspective nationaliste et contestataire. L'auteur revendique une approche linguistique affranchie des normes françaises, dans la continuité des mouvements de réaffirmation culturelle du Québec des années 1970. Selon ses propres dires, l'entreprise relevait du « pamphlet » et se voulait un « geste éminemment politique » en faveur de la reconnaissance d'une identité linguistique québécoise distincte[5].

L'éditeur Hervé Foulon estime que l'ouvrage reflétait « la joualisation à tout vent »[6]. Selon l'éditeur et linguiste Gabriel Martin, cette démarche relevait de l'idéologie de l'authentique, qui valorise le parler populaire comme marque d'émancipation identitaire[5].

Héritage et répercussions

Bergeron affirme que son dictionnaire a contribué à populariser l'expression « langue québécoise » en remplacement de « français québécois » dans les milieux intellectuels des années 1980, notamment chez des figures comme Gaston Miron[5].

Sur le plan éditorial, l'ouvrage aurait permis de sauver VLB éditeur d'une grave crise financière[4]. Il a également stimulé la réflexion sur la norme linguistique québécoise, en introduisant une voix « irrévérencieuse et discordante dans des milieux, certes plus rigoureux, mais parfois assez traditionalistes et claniques[4]. »

En 1997, la maison d'édition française Hatier s'inspire du Dictionnaire de la langue québécoise pour enrichir le Bescherelle, un projet que les éditions québécoises Hurtubise HMH refusent toutefois de diffuser[6].

Plus récemment, le linguiste et musicien Jérôme 50 a cité le Dictionnaire de la langue québécoise comme une inspiration directe pour son Dictionnaire du chilleur, publié par Le Robert en 2024[7].

Liens internes

Lien externe

Notes et références

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