Le district d'Ikaruga utilise les caractères « 何鹿» dans son nom, confirmés être lus « Ikaruga» par l'Engishiki Jinmyōchō, compilé en 927[1]. Le Wamyō ruijushō, paru en 938, le liste sous le nom « 伊加留加», aussi lu «Ikaruga»[1]. Selon l'ouvrage Tamba-shi (丹波志), rédigé en 1794, on y trouvait de nombreux Gros-becs masqués à l'époque, dont le nom en japonais « Ikaruga» (斑鳩 / 鵤) (actuellement « Ikaru»)[1]. Le nom du comté original d'Ikaruga a donc été modifié pour inclure cette signification[1]. Le nom peut être retrouvé dans d'autres anciennes provinces japonaises[1]. On recense ainsi un village Ikaruga (鵤郷) dans la province de Harima, ainsi qu'un hameau Ikaruga (斑鳩里) dans la province de Yamato[N 1],[1]. La graphie en kanji particulière, « 何鹿», qui ne correspond pas aux caractères habituels pour le nom de l'espèce, « 斑鳩 / 鵤», a été adoptée en suivant les Man'yōgana, qui l'écrivait « 如何流鹿» ou « 何如留鹿»[1]. Ainsi, le nom a été adoptée en omettant les deux caractères du milieu dans « 何如留鹿»[1].
Étendue du district d'Ikaruga sur une carte de la préfecture de Kyoto dans ses tracés du .
Le district d'Ikaruga, historiquement dans la province de Tamba, en est situé à son extrême nord[1]. Le mont Mikuni (三国岳), d'une hauteur de 616,4 mètres, se trouvent dans son territoire et marque la frontière entre les provinces de Tamba, Tango et Wakasa[1]. Les frontières ont légèrement changé au début de l'ère Meiji[1].
Le territoire du district d'Ikaruga correspond maintenant à la totalité de la ville d'Ayabe, ainsi qu'aux quartiers Ho'oji, In'nai, Yamanokuchi et Kisaichi de Fukuchiyama.
Le , le district d'Ikaruga devient voisin de la ville de Fukuchiyama (福知山市), détaché du district d'Amata[4]. Le , le district d'Ikaruga devient voisin des villes de Maizuru (舞鶴市) et de Higashimaizuru(ja) (東舞鶴市), détachées du district de Kasa[4]. Le , le district d'Ikaruga ne borde plus Higashimaizuru après sa fusion avec la ville de Maizuru[4]. Le , après la création de la ville d'Ayabe, le district d'Ikaruga ne borde plus le district d'Amata[4]. Le , après l'agrandissement d'Ayabe, le district d'Ikaruga ne borde plus les districts d'Ōi, d'Onyū, de Funai et de Kitakuwada, ainsi que la ville de Maizuru[4],[5].
La plus ancienne mention du comté d'Ikaruga provient d'une tablette de bois trouvée dans les ruines du palais Fujiwara(ja) à Fujiwara-kyō (actuelle Kashihara dans la préfecture de Nara)[1]. La tablette porte l'inscription «Tamba no kuni, Ikaruga-gun, Takatsu-gō» (丹波国何鹿郡高津郷)[1]. La date étant inconnue, l'estimation de la date d'origine de la tablette s'appuie sur les documents venant avec elle, qui suggèrent une datation de l'ère Tenpyō (entre 729 et 749)[1]. Additionnellement, l'entrée du 3e jour du 6e mois de l'an 863 du Nihon sandai jitsuroku, fait mention du « temple Butsunan-ji, comté d'Ikaruga, province de Tamba» (丹波国何鹿郡仏南寺)[1].
Selon le dictionnaire Wamyō ruijushō édité en 938, le comté compte seize cantons (郷), ceux de Kami (賀美郷), Hayashi (拝師郷), Yata (八田郷), Kimi (吉美郷), Monobe (物部郷), Asusuki (吾雀郷), Obata (小幡郷), Takatono (高殿郷), Kisaichi (私部郷), Kurimura (栗村郷), Takatsu (高津郷), Shima (志麻郷), Ayai (文井郷), Ayabe (漢部郷), Amarube (余戸郷 ou 餘戸郷) et Mikata (三方郷)[3].
Dans la liste des sanctuaires shinto de l'Engishiki de 927, on y recense douze sanctuaires, ceux de Suwakibe (須波岐部神社, selon l'ancienne lecture «Suwakibe no jinja» (須波伎部神社)), Abichi (阿毘地神社, selon l'ancienne lecture «Abichi no jinja» (阿比地神社)), Asusuki (阿須々伎神社, selon l'ancienne lecture «Asusuki no jinja» (阿須々伎神社))[N 2], Mitetsuki (御手槻神社, selon l'ancienne lecture «Mitetsuki no jinja»), Sata (佐陁神社 ou 佐施神社, selon l'ancienne lecture «Sata no jinja»)[N 3], Kannabi (河牟奈備神社, selon l'ancienne lecture «Kamunabi no jinja» (珂牟奈備神社)), Iya (伊也神社, selon l'ancienne lecture «Iya no jinja»), Akakuni (赤國神社, selon l'ancienne lecture «Akakuni no jinja» (赤国神社)), Takakura (高蔵神社 ou 高藏神社, selon l'ancienne lecture «Takakura no jinja»), Sasuga (佐須賀神社, selon l'ancienne lecture «Sasuga no jinja» (佐須我神社)), Shimama (島萬神社, selon l'ancienne lecture «Shimama no jinja» (島万神社)) et Fukuta (福太神社)[3].
Époque moderne
Le «Kyūdaka Kyūryō Torishirabe-chō(ja)» (旧高旧領取調帳), type de registre sur l'état des villages, de la province de Tango, rédigé au début de l'ère Meiji (1868-1912), recense 133 villages et un bourg dans le comté d'Ikaruga[3]:
Une majorité des villages sont administrés par les domaines du système Han, et le reste est administré directement par le shogunat (administration Tenryō)[3]. Durant le 4e mois de la 4e année de l'ère Keiō (entre le et le ), le domaine d'Okabe devient le domaine de Hanbara (半原藩) après avoir déménagé sa base à Hanbara (半原村), dans le comté de Yana(ja), dans la province de Mikawa[N 31],[3]. Le 28e jour du 4e mois (), les villages administrés par les Hatamoto sont intégrés dans la nouvelle préfecture de Kumihama(ja) (久美浜県)[3]. Durant la 4e année de l'ère Meiji, le 14e jour du 7e mois (), le système hanest aboli, et les villages administrés par les domaines passent dans les nouvelles préfectures d'Ayabe, de Yamaga, de Sonobe, de Kaibara, de Sasayama, de Hanbara et de Yunagaya[3]. Le 2e jour du 11e mois de la même année (), après la première fusion de préfectures, la préfecture de Sasayama passe dans la nouvelle préfecture de Toyooka(ja) tandis que la préfecture de Yunagaya passe dans la nouvelle préfecture de Taira(ja) (平県)[N 32],[3]. À la fin de l'année, Shimotani change de nom pour «Yoshino» (吉野村)[3]. Le 15e jour du 11e mois (), la préfecture de Kaibara est intégrée dans la nouvelle préfecture de Nukata (額田県)[3]. Le 29e jour du 11e mois (), l'entièreté du comté d'Ikaruga passe dans la préfecture de Kyoto[3]. En 1874, plusieurs fusions municipales ont lieu, réduisant le nombre de municipalités à 98[3]:
Carte des municipalités du district d'Ikaruga en 1889 (1. Ayabe, 2. Nakasuji, 3. Ikuta, 4. Saga, 5. Obata, 6. Monobe, 7. Shigasato, 8. Kimi, 9. Nishiyata, 10. Higashiyata, 11. Yamaga, 12. Kuchikanbayashi, 13. Nakakanbayashi, 14. Okukanbayashi).
Le , la nouvelle loi municipale(ja) est appliquée dans la préfecture de Kyoto et le comté d'Ikaruga devient le district d'Ikaruga, une division administrative[3]. Le siège du district est la partie urbaine d'Ayabe[3]. En 1881, la partie urbaine du village d'Ayabe est promue et devient le bourg d'Ayabe (綾部町). La partie urbaine du village de Hongū est aussi promue et devient le bourg de Hongū (本宮町), portant le nombre total de municipalités à 85[3]. En 1882, les villages de Naka [1] et de Naka [2] changent de nom pour se différencier et deviennent respectivement les villages de Nakayama (中山村) et d'Ayanaka (綾中村). Le , à l'adoption de la loi municipale moderne(ja), le nombre de municipalités est réduit à 13 villages et un bourg par la fusion des anciennes (le bourg apparaît en gras)[3]:
Le , lorsque la loi sur les districts(ja) (郡制) est adoptée dans la préfecture, des assemblées de district ont maintenant lieu dans le district d'Ikaruga[3]. Le , les assemblées de district sont abolies, suivi du siège de district le , et le district d'Ikaruga ne devient plus qu'une division géographique[3]. Les fusions municipales reprennent le , lorsque Ikuta absorbe Obata, puis change de nom pour Toyosato (豊里村)[3],[4].
Le , le bourg d'Ayabe fusionne avec les villages de Nakasuji [2], Kimi, Yamaga, Nishiyata, Higashiyata et Kuchikanbayashi pour créer la nouvelle ville d'Ayabe (綾部市), quittant le périmètre du district[3],[4]. Le , Toyosato, Monobe, Shigasato, Nakakanbayashi et Okukanbayashi sont intégrées dans la ville d'Ayabe, laissant une municipalité restante dans le district[3],[4]. Le , le village de Saga est aboli, la partie contenant les anciens villages d'Ishiwara et d'Ogai, ainsi que d'une partie de l'ancien village de Kisaichi, rejoignant la ville d'Ayabe, tandis que le reste, contenant l'autre partie de Kisaichi et les anciens villages de Ho'oji, In'nai et Yamanokuchi rejoignant la ville de Fukuchiyama (福知山市). Le district d'Ikaruga disparaît le même jour[3],[4].
↑Aussi listé comme trois villages, ceux de Nishigata (administré par le domaine de Yamaga) et ceux de Higashinishigata (東西方村) et de Nishinishigata (西西方村) (administrés par le domaine de Kaibara).
(ja) Rizō Takeuchi (dir.) et 角川日本地名大辞典編纂委員会, 角川日本地名大辞典(ja): XXVI: 京都府 [«Grand dictionnaire Kadokawa des noms de lieux du Japon 26 - Préfecture de Kyoto»], vol.I, Kadokawa Shoten, , 1515p..
(ja) Rizō Takeuchi (dir.) et 角川日本地名大辞典編纂委員会, 角川日本地名大辞典(ja): XXVI: 京都府 [«Grand dictionnaire Kadokawa des noms de lieux du Japon 26 - Préfecture de Kyoto»], vol.II, Kadokawa Shoten, , 838p..