District d'Umerkot
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La région d'Umerkot a été le fief de la dynastie râjpoute des Sodhas d'Amarkot depuis le début du XIIe siècle, qui s'y maintient sous la domination de diverses puissances au cours de l'histoire, notamment le Sultanat de Delhi puis l'Empire moghol. Elle est le lieu de naissance de l'Empereur moghol Akbar en 1542[3]. Celui-ci y naît dans le contexte d'errance de son père, Humâyûn, et de la famille impériale moghole, qui est chassée de l'Inde entre 1539 et 1555 par l'essor de l'empire suri et le renforcement des sultanats et autres royaumes régionaux. Réfugiés un temps au Sind, avant de migrer en Perse séfévide, les moghols se voient offrir l'asile à la cour d'Amarkot par son radjah ou Rana Parshad Sodha[4],[5]. Au XVIIIe siècle elle passe sous la suzeraineté du Royaume du Marwar ou Jodhpur, qui l'annexe, avant de la céder au Raj britannique en 1858.
Lors de la partition des Indes en 1947, la population du district est partagée entre musulmans et hindous, qui ont habituellement vécu en harmonie à Umerkot. La région est ainsi l'une des rares à échapper aux violences communautaires, et la population hindoue devenue minoritaire dans le nouveau Pakistan est l'une des seules à ne pas se réfugier massivement en Inde. De nos jours, les hindous représentent toujours près de la moitié de la population du district, soit la plus forte proportion de non-musulmans dans tout le pays[3]. Ils sont néanmoins victimes de discriminations et violences[6].
Pourtant majoritairement habitée par des hindous, la région ne sera pas revendiquée par l'Inde, la population sindhie de confession hindoue n'ayant pas manifestée pour une partition du Sind[7]. Quelques groupuscules formés par des sindhis hindous adhérents ou proches du Parti du Congrès tentèrent néanmoins de mobiliser, sans succès, les décideurs politiques (y compris le Parti du Congrès à l'échelle nationale) pour une attribution du district de Tharparkar (qui comprenait alors Amarkot) et de quelques autres territoires, dans le cadre d'une potentielle partition[7]. De plus, l'actuel district d'Umerkot étant à l'aube des indépendances un jagir (en), un territoire confié par les britanniques à un vassal, le zamindar ou wadara en sindhi, qui est ici le radjah râjpoute (hindou) de la dynastie des Sodhas. Assez influent dans la région, celui-ci avait opté pour demeurer dans le futur Pakistan[5].
Le district est créé en 1993 en divisant le district de Mirpur Khas, mais il est ensuite supprimé et réintégré dans le district en 2002, avant d'être de nouveau restauré en 2004[8]. Le district et son chef-lieu sont rebaptisés « Umerkot » dans le Pakistan moderne, d'après le roi Umer Sumroo (ou Umar Sumroo), un souverain sindhi musulman de la dynastie des Sumroo (ou Sumra, également un clan râjpoute)[5], en référence à un conte populaire médiéval sindhi, Umar Marvi (en)[4].
Démographie
Lors du recensement de 1998, la population du district a été évaluée à 664 797 personnes, dont 19 % d'urbains. Le taux d'alphabétisation était de 25 % environ, soit bien moins que les moyennes nationale et provinciale de 44 % et 45 % respectivement. Il se situait à 36 % pour les hommes et 12 pour les femmes, soit un différentiel de 24 points, supérieur aux 20 points de la province[9].
Le recensement suivant mené en 2017 pointe une population de 1 073 146 habitants, soit une croissance annuelle de 2,6 %, un peu supérieure aux moyennes nationale et provinciale de 2,4 %. Le taux d'urbanisation augmente un peu, à 22 %[10].
Selon le recensement de 2023, la population atteint 1 159 831 habitants, avec une urbanisation stable[11]. Elle est essentiellement d'ethnie sindie, puisque près de 95,1 % de la population parle le sindhi et 1,8 % le pendjabi[12]. Le taux d'alphabétisation monte à 39 %, bien moins que la moyenne provinciale de 57 %, et se situe à 51 % pour les hommes et 25 % pour les femmes[13].
Le district est le premier du Pakistan à être devenu majoritairement hindouiste, puisque ceux-ci compte pour près de 54,6 % selon le recensement de 2023. Les musulmans sont presque 44,8 % de la population, tandis qu'on compte une petite minorité chrétienne de 2 702 fidèles[14].
Administration
Le district est divisé en quatre tehsils, Kunri, Pithoro, Samaro et Puran, ainsi que 42 Union Councils.
| Tehsil | Population (rec. 2023)[11] |
|---|---|
| Kunri | 237 063 |
| Pithoro | 130 383 |
| Samaro | 184 051 |
| Umerkot | 608 334 |
Le district compte huit villes rassemblant un total de 258 859 habitants. La plus importante est de loin la capitale Umerkot, qui rassemble près de 13 % de la population du district et 56 % de sa population urbaine.
| Ville | Population (rec. 2023)[15] |
|---|---|
| Umerkot | 144 558 |
| Dhoronaro | 29 507 |
| Kunri | 26 609 |
| Chore Old | 21 178 |
| Nabisar Road | 14 074 |
| Samaro | 9 607 |
| Pithoro | 7 411 |
| Shadipali | 5 915 |