Droit d'interpellation citoyenne

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Le droit d'interpellation citoyenne décrit la prise en compte et l'obligation pour les institutions de répondre à des demandes des citoyens. Cela va de la possibilité par les citoyens de poser une question et d'avoir une réponse dans un conseil municipal, ou d'être reçus en cas d'action collective, jusqu'à des processus plus spécifiques comme les référendums d'initiative citoyenne ou initiatives populaires qui décrivent des procédures de démocratie directe pour des propositions de loi.

Il s'inscrit parmi les différentes formes du droit d'interpellation.

Démocratisation par les interpellations citoyennes

Les interpellations citoyennes sont des prises de paroles publiques individuelles ou collectives (association, syndicat...) visant des personnes en responsabilité (élu, responsable d’administration...) ou des institutions au niveau local ou national. Elles peuvent aussi viser les candidats à des élections.

Elles peuvent prendre la forme d'une simple expression écrite (courrier, lettre ouverte, pétition, publication de rapport d'enquêtes) ou orale (prise de parole dans un conseil, conférence de presse). Elles peuvent aussi être constituées par l’organisation de rassemblements, de manifestations, ou d’actions non-violentes. Elles peuvent également s'organiser sous forme d'assemblées d'interpellations.

Les interpellations sont des formes de participation non-invitée. Alors que la démocratie représentative a une dimension aristocratique et que la démocratie participative reste souvent une offre publique de participation contrôlée par les élus, les dynamiques d'interpellations citoyenne introduisent un élément supplémentaire de pouvoir populaire dans la gouvernance de la cité.

Interpellation citoyenne par les usagers des services publics

Ces interpellations peuvent s'inscrire dans le cadre du droit des usagers et leur participation au service public. C'est le cas quand des usagers des transports interpellent la SNCF au sujet de la fréquence des trains, des locataires interpellent leur bailleur social sur les montants des charges ou sur la gestion des logements, ou quand des parents d'élèves interpellent le ministre de l’Éducation nationale sur l'accès à l'école pour les personnes malentendantes.

Dans son ouvrage Exit, Voice & Loyalty, Hirschman définit l'interpellation (voice) des usagers comme suit :

« Toute tentative visant à modifier un état de fait jugé insatisfaisant, que ce soit en adressant des lettres individuelles ou des pétitions collectives à la direction en place ou en ayant recours à divers types d’action collective, notamment celles qui ont pour but de mobiliser l’opinion publique ».

Hirschman décrit l'interpellation comme une alternative à la défection. La possibilité de changer de prestataire (exit) et le recours à la concurrence n'est pas possible face à des services publics en situation de monopole[1]. Les usagers sont captifs et peuvent être en colère face aux défaillances des institutions. Les dynamiques d'interpellation transforment ces mécontentements en une pression correctrice sur l'institution pour améliorer le service.

Dispositifs légaux

Références

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