Dromiciops gliroides
espèce de mammifères
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Monito del monte
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NT A2c : Quasi menacé
Le Monito del monte[1] (Dromiciops gliroides) est un mammifère marsupial, seul représentant vivant de l'ordre des Microbiotheria. On ne le trouve qu'au Chili et en Argentine.
Dénominations
Son nom en espagnol, monito del monte, signifie littéralement « petit singe de la montagne ». Il est également appelé colocolo, chumaihuén ou perrito de virtud (en français chiot de vertu)[réf. nécessaire].
Caractéristiques physiques
Le dromiciops ou colocolo est à peine plus grand qu'une souris commune ; il atteint 13 cm de long, auxquels il faut ajouter quelques centimètres supplémentaires pour sa queue préhensile. Il peut peser jusqu'à 40 grammes. Il a un pelage dense et doux, de couleur brune grisacée ou baie, avec la partie ventrale blanchâtre ; il y a des franges obscures sur les épaules et les flancs, et des taches noires autour des yeux. Les oreilles sont arrondies, courtes et velues. Il a le museau très pointu et un pouce opposable. Son corps est bien adapté au froid.
Répartition
On ne connaît pas avec précision sa distribution géographique. Mais on sait qu'on le trouve dans les bois humides du sud du Chili, entre les 36° et 43° degrés de latitude sud, dans l'isla Grande de Chiloé, dans la Cordillère de la côte chilienne, dans la vallée centrale chilienne et dans la Cordillère des Andes. Il habite aussi dans certaines régions de l'Argentine toute proche, plus précisément dans l'ouest des provinces de Neuquén, de río Negro et de Chubut, dans les zones proches des parcs nationaux du lac Nahuel Huapi et du volcan Lanín.
Habitat et habitudes
Il habite des zones boisées dans des nids faits de feuilles de quila.
Mode de vie
Dromiciops gliroides est nocturne et arboricole. Il grimpe dans les arbres à l'aide de ses larges pattes et de sa grosse queue préhensile[2].
Pendant l'hiver, il entre en hibernation, raison pour laquelle il accumule en automne de la graisse qui se dépose dans sa queue en vue de suffire à tout l'hiver ; son métabolisme rapide lui permet d'accumuler rapidement des réserves, doublant son poids en une seule semaine, si les conditions sont favorables.
Alimentation
Reproduction
Cette espèce se reproduit une fois par an, les couples se forment durant l'hiver austral (d'août à septembre). La femelle construit un petit nid (d'environ 20 cm de diamètre) à partir de bouts de bois et de bambou, il est situé à 1 ou de 2 m du sol. Les petits, dont le nombre varie de 1 à 5, naissent 3 à 4 semaines après l'accouplement. Leur mère les dépose alors dans son marsupium, dans lequel ils resteront environ deux mois. La femelle ne possède que quatre tétons dans son marsupium, elle ne peut donc nourrir que quatre petits à la fois. Des portées de cinq petits ont cependant été observées. Les petits commencent à sortir occasionnellement du marsupium de leur mère en décembre, ils sont complètement indépendants en mars. Ils atteignent la maturité sexuelle à deux ans[2].
Nomenclature et systématique
Dromiciops gliroides est la seule espèce actuelle du genre Dromiciops, ainsi que de l'ordre des Microbiotheria. Néanmoins, son statut d'espèce est discuté, notamment par D'Elía et al. qui ont décrit en 2016 trois espèces dont deux nouvelles espèces : D. bozinovici n. sp. & D. mondaca n. sp. [3].
D'après les dernières études phylogénétiques[4], l'ordre des Microbiotheria est inclus dans le super-ordre des Australidelphia. Il semble donc que cette espèce sud-américaine soit plus apparentée aux marsupiaux Australiens qu'à ceux d'Amérique du Sud.
Tous les autres membres connus de l'ordre se sont éteints entre l'Oligocène et le Miocène.
Biogéographie
Il existe plusieurs hypothèses biogéographiques sur la répartition "inattendue" du colocolo :
- hypothèse du radeau : arrivée de ses ancêtres en Amérique depuis l'Australie par un radeau, hypothèse principalement retenue ;
- hypothèse de la non-dispersion : les ancêtres se trouvaient déjà en Amérique du Sud et n'ont pas dispersé en Australie, et cela, à l'époque où les deux continents étaient réunis et formaient le Gondwana.
Cependant, une dent apparentée à Woodburnodon casei gen. et sp. nov (Mammalia, Marsupialia, Microbiotheria, Woodburnodontidae fam. nov.) et datée de l'Éocène, a été trouvée lors de fouilles sur l'Île Seymour en péninsule Antarctique[5]. Cet indice semble donc invalider l'hypothèse du radeau.