Edith Mansell-Moullin
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Edith Mansell-Moullin ( – ) est une suffragiste anglaise d'origine galloise et une militante sociale. En 1911, elle fonde la Cymric Suffrage Union, qui œuvre pour l'obtention du droit de vote des femmes galloises. Elle est la coorganisatrice du contingent gallois lors de la manifestation de 1911 de la Women's Suffrage Union, la « Grande Manifestation »[1], qui se tint à Londres. Membre du contingent britannique le plus militant, elle est emprisonnée pour dissidence et refuse de s'opposer à l'agitation gouvernementale pendant la Première Guerre mondiale.
Edith Ruth Thomas naît en d'Anne (née Lloyd) et de David Collet Thomas. Après ses études, elle travaille dans les slums (« taudis ») de Bethnal Green[2] et continue après son mariage en 1885 avec le célèbre chirurgien Charles William Mansell-Moullin, qui exerce au Royal London Hospital[3]. Elle est témoin de la grève des allumettières en 1888 et prête main-forte aux dockers dans une soupe populaire lors de la grève des dockers de Londres en 1889. Elle poursuit son travail social jusqu'en 1906 environ[4], date à laquelle elle rejoint le Women's Industrial Council et devient présidente de sa commission d'enquête[5]. Elle adhère également à la Women's Social and Political Union (WSPU) vers 1907 et devient la première trésorière de la Church League for Women's Suffrage[6]. Les deux époux Mansell-Moullin étaient suffragistes. Le médecin appartient à la Ligue masculine pour le suffrage des femmes et en est le vice-président. Mansell-Moullin est membre de la Ligue pour la liberté des femmes, en plus de la WSPU. [3]
Mansell-Moullin participe à plusieurs manifestations, dont celle de 1910 à Hyde Park, où elle partage la scène avec Emmeline Pankhurst[7]. Le , 40 000 femmes défilèrent lors de la « Grande Manifestation », organisée par la Women’s Suffrage Union, dans le cadre du cortège du couronnement de George V. Mansell-Moullin organise le contingent gallois du défilé avec Rachel Barrett et encourage les participantes galloises à porter le costume national[8]. Fière de ses origines galloises[3], après le défilé, Mansell-Moullin fonde la Cymric Suffrage Union (CSU)[9], dont l’objectif était d’obtenir le droit de vote pour les femmes galloises. Bien que principalement basée à Londres, l’Union possède des antennes au Pays de Galles et elle entreprend des tournées de conférences dans le nord du Pays de Galles pour promouvoir le suffrage féminin[3]. La CSU traduit également des documents relatifs au droit de vote en gallois et les distribue aux églises ayant des fidèles gallois[9]. En , Mansell-Moullin participe à la manifestation devant le Parlement au cours de laquelle elle figure parmi les 200 femmes arrêtées[10]. Accusée de trouble à l'ordre public et de tentative de franchissement des cordons de police, ce qu'elle nie, elle est condamnée et passe cinq jours à la prison de Holloway[3].
Après son emprisonnement, la CSU est dissoute et une organisation plus militante, la Forward Cymric Suffrage Union (FCSU), est créée [9] en . Elle et son mari dénoncent le gavage des prisonnières suffragettes et la maison de Mansel-Moullin devint un lieu de réunion pour discuter de stratégies. En 1913, Mansel-Moullin devient secrétaire honoraire du groupe que Sylvia Pankhurst avait formé pour obtenir l'abrogation de la loi du Chat et de la Souris, cette loi remplaçant l'alimentation forcée en libérant les prisonnières lorsqu'elles tombent malades de malnutrition, mais en les réincarcérant dès qu'elles étaient suffisamment rétablies[3]. La même année, le Dr Mansel-Moullin opère Emily Davison après avoir été piétinée par le cheval du roi George V au Derby, qui meurt finalement des suites de ses blessures[7].
Mansell-Moullin démissionne de la WSPU[7] notamment en raison de sa décision de suspendre les manifestations antigouvernementales pendant la guerre[11]. Pacifiste convaincue, elle ne soutient ni la guerre, ni la suspension des responsabilités sociales[3]. Profondément touchée par l'arrestation des mineurs allemands travaillant dans les mines galloises, plongeant leurs familles dans la précarité, elle lança des appels en leur faveur et collecta des fonds par l'intermédiaire de la FCSU pour les soutenir[12]. Elle proteste également contre les bas salaires versés aux femmes pendant la guerre, demandant que des fonds publics soient utilisés pour compléter les rémunérations des femmes travaillant dans l'aide humanitaire[13]. Elle démissionne de ses fonctions au sein de la FCSU en 1916 pour raisons de santé, mais continue de s'investir dans des programmes sociaux et des organisations pacifistes. En 1931, elle préside la Société pour les relations culturelles avec l'URSS et travaille comme bénévole à St Dunstan's, qui exploite un foyer pour les anciens combattants aveugles[3].
Mansell-Moullin décède le au domicile de son fils à Londres, un an après la mort de son mari[3].