El Hadj Ibrahima Sakho
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Ash Cheikh Al Islâm Al Hadj Ibrahima Sakho (1911-1994) est un érudit et chef religieux musulman sénégalais appartenant à la confrérie soufie tidjane.
Ibrahima Sakho est le fils de Elimane Sakho et de Fatoumata Ndiaye dite Mame Ngouye Sigui.Il naît le mercredi , à Dakar, au quartier Keury Kao à Rufisque.
Jeunesse
Son père Mame Elimane maîtrisait déjà le Coran et les textes religieux avant sa rencontre avec Malick Sy à Ndiarndé. C'est à la suite de cette rencontre que Mame Elimane s'installe à Rufisque en tant qu'imam Ratib et représentant de Seydil Hadj Malick.
Enfant, El Hadji Ibrahima Sakho effectue ses études coraniques à Diamal dans la région du Saloum auprès du marabout Abdou Cissé, surnommé « Borom Diamal », qui est également son oncle. Après avoir achevé sa formation auprès de la famille Cissé, Ibrahima Sakho rejoint son père à Rufisque pour poursuivre ses études. Il effectue ensuite son service militaire, intègre l'armée sous le matricule 255 6 RAC et participe à la Seconde Guerre mondiale.
À l'âge de 18 ans, il reçoit le Wird Tidjane1 de la part de son père. Quelques années plus tard, alors qu'Ibou Sakho n'a que 26 ans, il obtient l'autorisation de délivrer le Wird Tidjane aux fidèles (Ijaza Itlaqi). Il effectue son premier pèlerinage à La Mecque en 1945.
Sa vie et son œuvre
Il débute son œuvre de vulgarisation de l'islam par la publication de documents écrits sur la prière, le jeûne, la Zakat et le pèlerinage à La Mecque. Constatant que l'oralité occupe une place prépondérante dans la société sénégalaise en raison de spécificités socio-culturelles, El Hadj Ibrahima Sakho modifie son approche pédagogique et se consacre à l'enseignement oral à travers l'organisation de veillées religieuses, appelées « Gamou » en wolof.
Son premier gamou se tient en 1929 à Nguékhokh alors qu'il n’a que 18 ans. Il possède déjà des connaissances islamiques acquises auprès de Borom Diamal, de son père Mame Elimane et de l'érudit de Rufisque Amadou Lamine Diakha Cissé.
El Hadji Ibrahima Sakho se distingue par son éloquence et ses qualités pédagogiques. Sa maîtrise du Nahwou, grammaire arabe de référence, lui permet notamment d'expliquer le « Khilassou Zahab », œuvre sur la vie de Mahomet réalisée par le guide spirituel Malick Sy.
À travers le Khilassou Zahab qui contribue à sa notoriété, il participe à la diffusion de la pensée d'El Hadji Malick Sy et fait connaître sa dimension intellectuelle et morale au grand public. Il est le principal animateur du Maouloud de Tivaouane pendant près de 20 ans, aux côtés d'Abdou Aziz Sy dans la mosquée de Malick Sy. Il traduit et commente l'intégralité du Coran. Outre les veillées religieuses, il dispense son enseignement coranique dans la mosquée de Tchéddém à Sandaga, à Dakar.
Partisan de la tolérance interreligieuse, il reçoit plusieurs décorations, dont celle que lui décerne le pape Paul VI au Vatican en 1966.
Ibrahima Sakho est également poète et écrivain. Il publie plus de 16 ouvrages sur des thèmes variés et rédige des poèmes dédiés à Mahomet, à Cheikh Seydi Ahmed Tidiane Chérif et à son maître spirituel Malick Sy. Il fait construire 22 mosquées au Sénégal. L'une de ses initiatives notables est l'organisation annuelle de la prière de la Salatoul Tasbihi depuis 1968 à Médine dans le département de Mbour.
