Energy Exploration Technologies
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Energy Exploration Technologies, Inc. (plus communément appelée EnergyX) est une société technologique américaine[1] fondée en 2018 par Teague Egan, basée à San Juan, à Porto Rico, et possédant des bureaux et des laboratoires à Austin, au Texas[2] et active dans le triangle du lithium sud-américain (Bolivie, Chili et Argentine)[3],[4],[5],[6],[7].
L'entreprise est spécialisée dans le développement, la fabrication et le déploiement de technologies d'extraction du lithium, en particulier la technologie d'extraction directe du lithium (DLE) LiTAS[8],[9] et les batteries au lithium métal à l'état solide SoLiS[10].
Aperçu
EnergyX a été créée en 2018 par Teague Egan, fils de Michael Egan, le fondateur et ancien propriétaire majoritaire d'Alamo Rent a Car, qui l'a vendue pour 625 millions de dollars en 1996[3],[11].
Depuis sa création, la start-up s'est concentrée sur les technologies d'extraction et de récupération du lithium. Initialement, il s'agissait d'un projet de recherche et développement basé sur une technologie développée par le Centre de recherche sur les matériaux pour les systèmes d'eau et d'énergie (M-WET) de l'université du Texas à Austin, sous la direction de l'ingénieur chimiste et professeur Benny D. Freeman[5],[12],[13]. En 2019, EnergyX a acquis et obtenu la licence de la technologie d'extraction du lithium (LiTAS) auprès de l'université du Texas et a testé cette procédure d'extraction directe du lithium (DLE) au sein de son centre scientifique situé à Austin, au Texas[14],[5].
En 2021, EnergyX a obtenu 20 millions de dollars auprès d'Obsidian Acquisition Partners, d'Helios Capital, ainsi que de divers investisseurs providentiels et institutionnels[9],[15],[16],[17] puis elle a levé près de 5 millions de dollars par le biais du financement participatif[7].
Toujours en 2021, EnergyX figurait parmi les huit entreprises américaines, argentines, chinoises et russes présélectionnées par le gouvernement bolivien du président Luis Arce pour le déploiement de la technologie d'extraction directe du lithium (EDL) sur deux sites miniers du pays : Coipasa à Pastos Grandes et le salar d'Uyuni[18]. En décembre 2021, EnergyX a mis en service sa première usine sur le salar d'Uyuni[14],[19],[20],[21]. Cependant, en juin 2022, EnergyX n'a pas été retenue pour l'exploitation du lithium de Bolivie[22].
En 2023, la société a levé 50 millions de dollars lors d'un tour de table de série B, mené par General Motors (qui a obtenu les droits sur un pourcentage de sa production)[23].
En 2024, 75 millions de dollars ont été levés via un financement participatif auprès d'investisseurs particuliers, réalisé conformément à la réglementation A, une règle spéciale de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis qui autorise les entreprises à lever jusqu'à 75 millions de dollars par an auprès d'investisseurs particuliers, à condition de respecter certaines conditions, dont la publication de rapports semestriels. [24]. Egan a dit avoir retenu cette solution car elle lui permettait de conserver une participation plus importante (il détient actuellement 47 %) que s'il avait levé des fonds auprès de sociétés de capital risque, qui obtiennent généralement des conditions de participation plus avantageuses[24].
Technique
L'entreprise développe une technique d'extraction directe du lithium (EDL) basée sur la méthode brevetée baptisée LiTAS, qui consiste à filtrer la saumure contenant du lithium à travers une série de membranes sélectives, séparant ainsi le lithium de divers types de sels, tels que le magnésium, le sodium, le potassium, le sulfate et d'autres composés chimiques[5],[25].
Selon The Chemical Engineer : « Ces dernières années, l’entreprise est passée du système de technique organométallique (MOF) initialement développé à l'université du Texas[8] à une technologie de membranes non-MOF mise au point par ses laboratoires. La première étape du procédé utilise sa technologie d’électrodialyse LiTAS (Lithium-Ion Transport and Separation) via une membrane échangeuse d’ions séparant les ions lithium dissous dans la solution saline, ce qui permet de séparer le lithium des espèces ici indésirables comme les ions magnésium ; la deuxième étape est une électrodialyse bipolaire qui décompose un sel en ses composants acide et basique. Dans le cas du chlorure de lithium, il se décompose en hydroxyde de lithium et en acide chlorhydrique »[1].
Le système de séparation du lithium se présente assemblée en unités de traitement, elles-mêmes intégrées dans de grands conteneurs modulaires, transportables et utilisables de manière évolutive comme technologie d'extraction complémentaire à l'infrastructure minière traditionnelle[4],[26].
En 2024, certains acteurs du secteur restaient sceptiques quant aux performances annoncées par l'entreprise. Le fondateur d'une autre société d'exploration de lithium, concurrente, déclarait : « il s'agit assurément du genre d'affirmations que d'autres entreprises ne publieraient pas sans études d'ingénierie et de cadrage documentées et accessibles au public »[11]. Lorsqu'un autre consultant en lithium publia sur les réseaux sociaux que la popularité d'EnergyX était davantage due à son marketing qu'à sa technologie, la société lui a envoyé une mise en demeure, à la suite de laquelle il a supprimé sa publication[11].
Opérations et bureaux
Le siège social d'EnergyX est installé à San Juan, à Porto Rico, et plusieurs laboratoires de R&D et des installations pilotes sont situées à Austin, au Texas. La société est aussi active dans la région du Triangle du lithium, en Bolivie, au Chili et en Argentine[6].
En 2023, EnergyX a annoncé acquérir un bail l'autorisant à explorer un terrain de 36 424 hectares au Chili[24], puis annoncé un projet de production de lithium aux États-Unis, dans la formation de Smackover, à la frontière entre l'Arkansas, la Louisiane et le Texas[27] En 2025, EnergyX a racheté Daytona Lithium à une société australienne spécialisée dans le lithium en saumure (qui avait elle-même acquis sa filiale en 2023) pour 4 millions de dollars en numéraire et 22 millions de dollars en options d'achat d'actions[23]. Cette achat a permis à EnergyX de détenir plus de 14 167 hectares dans la formation de Smackover, portant ainsi sa superficie totale à 19 217 hectares[23],[28].
En 2026, EnergyX a ajouté la production de matériaux critiques de qualité nucléaire à son portefeuille de produits, déclarant vouloir fournir des isotopes de lithium et des composés de lithium de haute pureté pour les centrales nucléaires[28]. L’isotope lithium‑6 (⁶Li) est utilisé dans les blankets des réacteurs expérimentaux de fusion (comme ITER).
Il sert à produire du tritium, un combustible indispensable pour les réactions de fusion deutérium‑tritium.