Engin de siège dans l'Antiquité romaine

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Les engins de siège des armées romaines étaient, pour la plupart, dérivés des techniques de siège grecques. Relativement peu d’efforts ont été accomplis pour faire évoluer la technologie, mais les Romains ont développé sans relâche un style agressif de guerre de siège[1]. Jules César apporta beaucoup de soins à intégrer les progrès des engins de siège et entreprit d'organiser leur utilisation pour une efficacité optimale sur le champ de bataille.

Baliste

Pour faciliter cette organisation et favoriser l'autosuffisance de l'armée, un corps de génie militaire a été développé. Un grade d'ingénieur, ou praefectus fabrum, a été institué dans les armées de la république romaine, mais ce poste n'est pas retrouvé dans tous les livres de comptes et il pouvait parfois correspondre tout simplement au conseiller militaire de l’officier du grade le plus élevé[2]Il existait des architectes de légion (dont le rang demeure inconnu) qui étaient responsables de la construction de machines de guerre et qui s’assuraient également sur le terrain que toutes les machines d'artillerie étaient en état de fonctionnement. Le travail des libratores, était de veiller au bon fonctionnement des machines construites pour lancer des flèches et (occasionnellement) d’autres projectiles au cours de la bataille (Le Bohec 1994: 52). Le corps du génie était chargé de la production à grande échelle de l’artillerie et du matériel de siège, souvent préfabriqué, afin de faciliter son transport[1]. Ces machines étaient généralement construite en chêne massif.

Artillerie

Au cours d'un siège les Romains attaquaient le point le plus faible des défenses de l'ennemi et tentaient d’ouvrir une brèche dans les murs à cet endroit précis. Pour soutenir cet effort, on commençait par des tirs d'artillerie, avec trois objectifs principaux[3]: causer des dommages aux défenses, faire des victimes dans les rangs de l'armée adverse, et atteindre le moral des troupes. Ces tirs permettaient aussi de couvrir les troupes pendant la construction des rampes de siège ou l’approche des tours de siège. Il existait des machines appelées Tormenta, qui lançaient des projectiles (parfois incendiaires) tels que des javelots, des flèches, des pierres ou des billes de bois. Ces engins étaient installés sur des plates-formes munies de roues, capables de suivre l'avancée des lignes. Toutes ces machines « fonctionnaient sur le même principe de physique : un levier était inséré dans un faisceau de crins et on tordait les fibres pour accroître la force de torsion, et lorsque le bras était lâché, une quantité considérable d'énergie était libérée »[3]. Il a été dit plus tard que la torsion de tendons, et non plus de crins, permettait d’obtenir un « ressort » plus puissant. Ces armes nécessitaient beaucoup d'entretien et étaient sensibles à l’humidité à cause du cuir, des tendons, des tresses de chanvre, qui risquaient de se détendre et de perdre une partie de leur tension, ce qui rendait l’engin inutilisable[4].

Il est assez difficile de définir clairement et de décrire l’artillerie romaine, car les noms sont faciles à confondre et les historiens ne sont pas toujours d'accord sur les définitions. Les engins les plus connus sont sans doute la baliste, l’onagre, et le scorpion.

Les balistes

Une baliste romaine.
Pointes de flèches de baliste.

Après l'absorption des anciennes Cités-États grecques par les romains en 146 av. J.-C., la technologie grecque la plus avancée a commencé à se répandre dans de nombreuses régions sous influence romaine. Ce fut le cas notamment des progrès militaires très significatifs réalisés par les Grecs (notamment par Denys de Syracuse), ainsi que toutes les avancées scientifiques, mathématiques, politiques et artistiques.

Les Romains ont « hérité » de la baliste à ressort de torsion qui s’est ensuite répandue dans plusieurs villes autour de la Méditerranée, devenues romaines au titre de butin de guerre, comme c’est le cas de la ville de Pergame qui a été décrite comme un « trophée » d’armes posées sur une balustrade.[pas clair]

La baliste à torsion, développée par Alexandre, était une arme beaucoup plus complexe que les précédentes et les Romains l’ont encore améliorée.

Vitruve, dans le Livre X de son De Architectura, décrit la construction et le réglage des balistes.

Chaque centurie de l'armée romaine (groupe comprenant 60 à 100 hommes) était équipée d’une baliste depuis le Ier siècle apr. J.-C.[5]. Il existait un grade de chef de baliste, sous les ordres duquel étaient placés des experts en artillerie, ou Doctores ballistarum et, enfin, les artilleurs, ou ballistarii[6]. Les Ballistae étaient des armes tirant des projectiles lourds et capables de lancer d’énormes[Combien ?] pierres à grande distance[Combien ?] pour endommager les remparts. Elles ressemblaient à de grandes arbalètes, plutôt qu’à des catapultes. Elles étaient actionnées par deux bras horizontaux, insérés dans deux "écheveaux" verticaux de fibres formant ressort contenues dans une structure rectangulaire, constituant la tête ou la partie principale de l'arme[C'est-à-dire ?]. Les bras étaient tirées vers l'arrière au moyen d’un treuil agissant sur un levier pour tordre davantage les écheveaux et donc augmenter la force de torsion suffisamment pour envoyer un projectile[4]. On disait que le vrombissement d’une baliste tirant des pierres frappait de stupeur et suscitait l'effroi dans le cœur des ennemis réfugiés à l'intérieur des murs des cités assiégées[réf. souhaitée]. Les pierres choisies pour servir de projectiles afin d’alimenter la baliste devaient être d’un type particulier. Selon Végèce les pierres de rivière étaient les meilleures car elles étaient rondes, lisses et de forte densité. Les pierres de balistes trouvées sur le site de Massada avaient été taillées pour les rendre aussi rondes que possible[7].

Premières balistes romaines

Nid de catapultes romaines, sur la Colonne Trajane.

Les premières balistes romaines étaient fabriquées avec des pièces de bois assemblées à l'aide de plaques de fer fixées autour du châssis et des clous en fer plantés dans l’affût. Le support principal présentait un coulisseau à son sommet, sur lequel étaient chargés les carreaux ou les pierres « tirées ». Attachée à l'arrière se trouvait une paire de « treuils » et une « griffe », qui servait de cliquet, pour ramener la corde de l’arc en position de tir. Le coulisseau passait à travers le châssis de l'arme, dans lequel se trouvaient les ressorts de torsion (corde en tendons d’animaux), qui étaient tordus autour du bras de l’arc, lequel à son tour était relié à la corde de l’arc.

En tirant la corde en arrière avec les treuils on accroissait la torsion des ressorts déjà tendus, stockant une certaine quantité d'énergie pour le tir des projectiles.

La baliste était une arme très précise (on[Qui ?] cite un grand nombre d’exemples de soldats isolés fauchés par les servants d’une baliste), mais certains aspects de sa conception risquaient de compromettre sa précision en fonction de la portée[pas clair]. La portée maximale était de plus de 500 m[réf. souhaitée] mais la portée efficace contre de nombreuses cibles au combat était beaucoup plus faible. Les carreaux de baliste relativement légers n'avaient pas la même puissance que les pierres catapultées plus tard par les onagres, les trébuchets, ou les mangonneaux qui pouvaient atteindre le poids de 200 à 300 livres (90-135 kg).

Les Romains ont continué à perfectionner la baliste ; cette arme est devenue très prisée et appréciée dans l'armée romaine

Elle a été utilisée, juste avant le début de l'Empire, par Jules César lors de la conquête de la Gaule et pendant ses deux campagnes en Grande-Bretagne. Les deux tentatives d'invasion de la Grande-Bretagne et le Siège d'Alésia sont décrites dans ses commentaires (journal), la Guerre des Gaules ( De Bello Gallico ).

Elle a également été utilisée par les romains au siège de Massada.

Première invasion de la Bretagne

La première invasion de la Grande-Bretagne a eu lieu en 55 av. J.-C., après une conquête rapide et couronnée de succès de la Gaule, en partie pour explorer les terres situées au-delà de la mer, et plus concrètement pour tenter de mettre un terme à l'envoi de renforts par les bretons insulaires pour lutter contre les Romains en Gaule.

Quatre-vingts navires de transports au total transportant deux légions ont tenté d'aborder sur le littoral britannique (les dix-huit bateaux transportant la cavalerie d’accompagnement ont été déviés par le vent sur une autre route), pour être repoussés par les nombreux guerriers bretons rassemblés le long du rivage. Les navires devaient décharger leurs troupes sur la plage qui était la seule zone de débarquement possible sur de nombreux miles mais les rangs serrés des Bretons massés avec des chars et des javelots rendaient l’opération impossible.

« Voyant cela, César ordonna aux navires de guerre – qui étaient plus rapides et plus faciles à manœuvrer que les navires de transport, et de nature à impressionner les indigènes qui ne connaissaient pas leur apparence – de s’éloigner à courte distance des autres, puis de foncer à force de rames pour débarquer sur le flanc droit de l'ennemi, dans une position où les frondes, les arcs et l'artillerie pouvaient être utilisés par les hommes rassemblés sur le pont des navires pour repousser l’ennemi. Cette manœuvre a été couronnée de succès.
Effrayés par la forme étrange des navires de guerre, le mouvement des rames, et les machines inconnues, les indigènes on fait halte puis se sont légèrement retirés. »

 César, La guerre des Gaules, p. 99

Siège d’Alésia

En Gaule, la forteresse d’Alésia assiégée en 52 av. J.-C. était presque entièrement entourée d’une tranchée longue de quatorze miles (21 km) remplie d’eau provenant d’une rivière locale détournée, puis d’une autre tranchée, puis encore d’une palissade en bois et de tours, puis enfin de l'armée romaine assiégeante, retranchée derrière une autre série de palissades et de tranchées pour se protéger contre les renforts gaulois. Comme cela était la règle et conformément aux techniques de siège de l'époque, de petites balistes ont été mises en batterie dans les tours avec des tireurs d'élite et des troupes armées soit d’arcs soit de frondes.

L’Onagre

Croquis de Diels représentant un onagre, construit selon la technologie antique.

L’onagre était un engin de siège de la période romaine post-classique qui tirait son nom de l'analogie de son mouvement avec celui de la ruade d'un onagre, sorte d'âne sauvage. Il s'agit d'une sorte de catapulte romaine qui utilise la force de torsion, provenant généralement d’une corde torsadée, pour stocker l'énergie nécessaire au tir.

L’onagre était constitué d'un grand châssis posé sur le sol avec une partie avant terminée par un bâti vertical formé de solides poutres en bois fixé de manière rigide, par l’intermédiaire du châssis vertical à un essieu, comportant un seul axe. À l'extrémité de l’axe était fixée une fronde utilisée pour lancer un projectile.

En action, l’axe, ou le bras, était tendu vers le bas, par un treuil, contre la tension des cordes tordues ou d’autres ressorts, puis soudainement libéré. Comme la fronde chargée d’un poids subissait une accélération vers l'extérieur sous l’effet de la force centrifuge, une de ses extrémités se détachait, comme pour une fronde, et le projectile était projeté en avant. Le bras sera ensuite arrêté par une poutre matelassée, d'où il pourra à nouveau être treuillé vers l’arrière.

Les onagres de l'Empire romain ont été principalement utilisés pour le siège des forts ou des cités. Ils étaient souvent chargés de pierres ou de rochers énormes qui pouvaient être recouverts d'une substance combustible pour propager des incendies chez l'ennemi.

Au Moyen Âge (le fait est rapporté à partir de 1200 environ) on a utilisé une version moins puissante de l'onagre qui recevait le projectile dans une sorte de cuillère géante, et non plus dans une fronde. De cette façon, de nombreux projectiles de petites dimension pouvaient être tirés, ce qui n’était pas le cas pour la version de plus grande taille[pas clair]. Cet engin est parfois appelé mangonneau , bien que ce nom ait été utilisé pour différentes formes de machines de siège.

Scorpion

Reconstitution moderne d’un scorpion

Le scorpion est un engin semblable à une arbalète, capable de tirer de petites[C'est-à-dire ?] flèches avec une précision mortelle[2]utilisé à la fois sur le champ de bataille et au cours des sièges. Il était nommé ainsi à cause de ses flèches meurtrières, capables de percer des armures et de sa facilité d’utilisation puisqu’il pouvait être manœuvré par un ou deux hommes seulement. Les scorpions étaient destinés à blesser ou tuer les soldats ennemis, plutôt qu’à abattre les fortifications. En raison de leur petite taille, ils étaient montés sur des tours de siège. Pendant le siège d’Amida, un tir de scorpion a tué le fils de Grumbate, roi de Chionitae, alors qu'il approchait de la cité pour se rendre[8].

Des recherches ont été faites sur un scorpion à chargement automatique, le scorpion automatique ou polybolos. Des légionnaires postés en permanence des deux côtés actionnaient des manivelles qui faisaient tourner une chaîne qui entraînait différents mécanismes pour charger la catapulte et déclencher le tir. Un autre soldat assure l'alimentation en projectiles en continu[9].

À noter que les informations ci-dessus ont été remises en question. Selon certaines sources, le scorpion était le surnom d’une catapulte particulière, le mangonneau qui est, pour l’essentiel identique à l'onagre. Il était nommé ainsi en raison de son bras levé à la verticale, comme le dard d'un scorpion.

La destruction des murs

Notes et références

Voir aussi

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