Enjeu militaire du barrage d'Éguzon
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Lorsqu'il est mis en service en 1926, le barrage hydroélectrique d'Éguzon, sur la Creuse, est le plus puissant d’Europe. À partir de 1940, sa production électrique et sa distribution par le réseau de transport d'électricité interconnecté constituent un enjeu stratégique important pour l’occupant allemand[1]. Le courant produit est acheminé vers Bourges et Saumur, puis Paris, Caen, Saint-Lô et la Bretagne, et vers le Massif central[2]. Il alimente ainsi des usines travaillant pour l'Allemagne, des lignes ferroviaires importantes pour le transport militaire comme celle de Paris à Toulouse, et une partie de l'agglomération parisienne, pour laquelle l'électricité est pendant la guerre la seule source importante de chauffage[3].
Dans un premier temps, le barrage ne parait pas menacé. Il est situé dans la partie de la France dite libre, loin des zones d'intervention des premiers raids alliés, et la Résistance ne s'est pas encore organisée.
Le premier sabotage à la sortie du barrage, le par André Chauvat, met les Allemands en alerte. Le , c'est-à-dire dès l'occupation de la zone libre, un détachement de pionniers allemands d'Electrica venu de Bordeaux prend le contrôle technique des installations[4]. En 1943, le barrage est mis par les Allemands sous leur garde directe. Le , un bataillon de la Luftwaffe, comprenant une compagnie de la Flak (artillerie antiaérienne), une section du génie et une compagnie d'aérostats s'installe et des batteries et des fortins en béton sont mis en place autour du barrage. Les moyens sont considérables : 5 batteries de DCA, chacune de 3 canons, 18 ballons, 2 officiers, 400 hommes. Le nombre de ballons augmente ensuite jusqu'à 32. En , il y a 10 canons de 37 mm et 5 canons légers.
En , l'artillerie reste en place mais les moyens en personnel sont réduits aux 180 hommes desservant les batteries et les ballons. La garde du barrage est confiée le au Premier régiment de France qui y affecte 200 hommes commandés par le capitaine Calvel. Aux alentours, la protection du barrage est assurée par le GMR d'Argenton-sur-Creuse, un détachement du Premier régiment de France stationné à Vaussujean et les brigades de gendarmerie de la région.
