Ferdinand Piéchaud
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Bordeaux
Bordeaux
| Nom de naissance | Ferdinand Henri Piéchaud |
|---|---|
| Naissance |
Bordeaux |
| Décès |
(à 67 ans) Bordeaux |
| Nationalité |
|
| Père | Timothée Piéchaud |
| Enfants | Dominique Piéchaud et Bertrand Piéchaud |
| Formation |
Lycée Saint-Joseph de Tivoli Faculté de médecine de Bordeaux |
|---|---|
| Profession |
Professeur Médecin Phtisiologue |
| Distinctions |
Officier de la Légion d'honneur Fellow de l'American College of Chest Physicians (en) Médaille d'argent de l'Académie nationale de médecine |
Ferdinand Piéchaud, né à Bordeaux le et mort le dans la même ville, est un médecin, phtisiologue et professeur français s'étant illustré dans la lutte contre la tuberculose. Il est l'un des pionniers de la vaccination par le BCG en France.
Il fut président de la Société française de la tuberculose de 1955 à 1956, secrétaire général de la Fédération antituberculeuse de la Gironde, président du Comité d'entraide aux tuberculeux de Gironde, membre du Comité national de la tuberculose, président du Syndicat national des Médecins spécialistes de l'appareil respiratoire et, en dehors de ses activités médicales, président de la Société des Amis du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.
Jeunesse et formation
Ferdinand Henri Piéchaud est né en 1890 dans l'hôtel familial de Bordeaux, au 18 de la rue Porte-Dijeaux[1]. Son père, Timothée Piéchaud, professeur à la faculté de Médecine de Bordeaux, précurseur en chirurgie infantile, éminent chirurgien, est issu d'une vieille famille girondine originaire d'Abzac et à la tradition médicale fortement ancrée. Sa mère, Marie Cardez, est la fille du comte Ferdinand Cardez, et descend d'une vieille famille du négoce bordelais. Ferdinand est le sixième d'une fratrie de huit enfants.
Il fait ses études, comme ses frères Louis et Martial, chez les Jésuites au Lycée Saint-Joseph-de-Tivoli à Bordeaux. Après une licence ès lettres en 1910, il entre à la Faculté de médecine de Bordeaux, d'où il sort lauréat. Il est externe en 1910, interne en 1913[2].
Il est docteur en médecine en 1921, médecin des hôpitaux en 1924, professeur agrégé de médecine générale en 1928.
En 1935, il est l'un des signataires du Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe.
Mariage et descendance
Il se marie à Bordeaux le [3] avec Louise Moreau, fille d'Armand Moreau, négociant en vins bordelais, et de Marguerite Sebileau, sœur du professeur Pierre Sebileau, membre de l'Académie de médecine. Ils ont sept enfants : Dominique (1922-2011), Lydie (1923-2007), Françoise (1924-1963), Marie-Thérèse (1925-2015), Bernard (1928-2005), Jean-Pierre (1934) et Bertrand (1941). Sa veuve Louise est décédée en 1984 à quatre-vingt-six ans.
Carrière militaire
Appartenant à la classe 1910, il est mobilisé et part le avec le 57e régiment d'infanterie où il demeure affecté jusqu'en . Le , il est fait prisonnier au camp d'Erfurt où il soigne, en tant que médecin auxiliaire, une épidémie de typhus. Il reçoit alors la médaille d'honneur des épidémies. Fin , il rentre en France sur intervention personnelle du roi d'Espagne Alphonse XIII auprès de son cousin Guillaume II, à la demande de Madame Timothée Piéchaud en souvenir de son mari, médecin du jeune roi lors de ses séjours à Cambo-les-Bains[4], et est affecté en octobre à l'artillerie à cheval de l'armée d'Orient.
Il est ensuite reçu, en , à l'hôpital chirurgical Narychkine de Salonique comme assistant de chirurgie au 175e régiment d'infanterie. Il rentre en France le et passe alors au 142e régiment d'infanterie où il reste jusqu'au . Il est ensuite affecté à deux ambulances et finit médecin aide major de 1re classe.
Il est démobilisé le [5].
Carrière médicale
Très tôt attiré par l'hygiène, il devient préparateur, en 1923, du professeur Auché, puis en qualité de chef de laboratoire, en 1930, collaborateur du professeur Leuret.
C'est la mort, en 1929, de la tuberculose, de son beau-frère Pierre Moreau, qui le décide à se spécialiser dans cette voie[6]. Il obtient en 1948 qu'à sa chaire soit adjointe une clinique de la tuberculose. « Le sanatorium Xavier-Arnozan est, peut-on dire, entièrement son œuvre.[7] »
Éminent praticien, il participe à de nombreux congrès médicaux à l'étranger, à Rome en 1950, à Rio de Janeiro et au Maroc en 1953 pour les congrès internationaux de la tuberculose, à Rome-Salerne en 1954 pour un congrès sur l'histoire de la médecine, à Alger en 1954 pour le congrès international de la tuberculose, à Barcelone et à Madrid en 1954, à New Delhi en 1957, à Bristol, ou encore Athènes. Il est secrétaire général de la Fédération antituberculeuse de la Gironde, président du Comité d'entraide aux tuberculeux de Gironde, membre du Comité national de la tuberculose, membre de la société d'études scientifiques de la tuberculose et de la société d'études des maladies respiratoires, médecin-chef du service centre de phtisiologie Xavier-Arnozan, directeur du centre sanitaire du sud-ouest et président du Syndicat national des Médecins spécialistes de l'appareil respiratoire (S.A.R.) de 1948 à 1958.
En 1951, il est nommé membre de la commission consultative permanente pour les études de pneumo-phtisiologie au ministère de la Santé avec le professeur Étienne Bernard[8], puis en 1954, membre du conseil de coordination au Centre national d'éducation sanitaire, démographique et sociale[9].
Il fait de nombreuses publications dans diverses revues et est fait fellow de l'American College of Chest Physicians (en).
Il meurt à Bordeaux le , d'un cancer. Il est enterré au caveau familial du cimetière de la Chartreuse.
Attitude pendant la Seconde Guerre mondiale
En 1941, il est l'un des signataires de la pétition du tentant de sauver le docteur Charles Nancel-Pénard, mis en résidence surveillée fin 1940 par l'administration préfectorale pour ses opinions communistes. Le président du conseil de l'ordre des médecins, le professeur Pierre Mauriac, blâme les signataires et renvoie la pétition au préfet avec la mention "Individu dangereux". Nancel-Pénard, refusant de signer un acte d'allégeance au maréchal Pétain, est fusillé le au camp de Souge[10].
En 1943, le professeur Piéchaud cache dans son sanatorium Xavier-Arnozan une famille juive de Hongrie, les Le Pape-Korn[11].
Distinctions et hommages
Décorations
Officier de la Légion d'honneur (10 aout 1950)[12]
Croix de guerre -
Officier de l'Instruction publique
Chevalier de l'ordre de la Santé publique
Médaille d'honneur des épidémies (argent)
Prix
- Médaille d'argent de l'Académie nationale de médecine, 1944, Service de la tuberculose[13].
- Fellow de l'American College of Chest Physicians (en).
Hommages
- Centre de santé Ferdinand-Piéchaud, rue des Treuils, à Bordeaux.
- Place du Professeur-Piéchaud, à Pessac.
- Galerie Timothée-et-Ferdinand-Piéchaud de la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux.