Fondation d'Heucqueville
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La Fondation d'Heucqueville est une institution française située à Paris où se pratiquaient au XXe siècle des accouchements secrets menant à des adoptions privées.
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Fondation reconnue d'utilité publique en France |
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Histoire
La Fondation d'Heucqueville composée de nurses et médecins permettait à des parents d'acheter des nourrissons nés de filles-mères. La fondation est fondée en 1935 par un magistrat, Charles d'Heucqueville, suite au décès sans enfant de son épouse Madeleine Cahn, héritière de la Banque Lazard, au 99, rue de Prony à Paris. Elle est reconnue d'utilité publique par un décret du 21 mars 1935. Elle se situe ensuite au 81-88 boulevard de Montmorency à Paris 16e jusqu'en 1971. Sur la fin de son histoire, entre 1971 et 1979, la Fondation d'Heucqueville se trouvait à Meudon au 18, rue des Bigots. Les accouchements se pratiquaient notamment rue Pierre-Guérin dans le 16e arrondissement de Paris[1].
« Beaucoup de pupilles de la Fondation d’Heucqueville sont nés [...] 13, rue Pierre-Guérin, dans le 16e arrondissement de Paris. On est à deux pas de la fondation et à trois du domicile de son assistante sociale en chef. C’était une adresse secrète d’où rien ne sortirait », indique Patricia Fagué[2].
On retrouvait à la tête de l'institution les membres de la famille Vigneron d'Heucqueville. Marie-Charles d'Heucqueville, magistrat en est le fondateur. Son frère, Raoul d'Heucqueville y fut directeur et son neveu, le docteur Georges d'Heucqueville, favorable aux théories eugénistes sous l'Occupation fut psychiatre[3]. Durant le régime, on y recueillait que des enfants de forte constitution et « d'ascendance pure »[4]. En 1959, Michel Ribierre succède à Raoul d'Heucqueville à la direction. La grande partie des archives de la Fondation auraient été détruites[5].
On estime que 100 à 300 nourrissons étaient recueillis chaque année. On soupçonna la fondation de mettre en place un trafic d'enfant dans les années 1950[5].
Dans les années 1950, le futur président de la République Georges Pompidou était membre du conseil d’administration de cette fondation et travaillait à la banque Rothschild. « On ne trouve plus à la tête des œuvres d’adoption privées que des Politiciens, des architectes, des chirurgiens, des avocats ou simplement des milliardaires, tous parents adoptifs. Ainsi Jean Walter fait-il partie en 1942 du Conseil de l’adoption Française où son épouse Domenica Lacaze a adopté Jean-Pierre Guillaume. La même année, Georges Pompidou adopte son fil unique Alain à la fondation d'Heucqueville dont il est le trésorier[6] ». La journaliste Patricia Fagué travailla sur l'histoire de cette fondation et fait paraître en 2004 Né sous X, enquête sur l'abandon[3].