Forces armées de la fédération de Russie

ensemble des forces armées de la fédération de Russie From Wikipedia, the free encyclopedia

Les forces armées de la fédération de Russie (en russe : Вооружённые силы Российской Федерации, Vooroujionnye sily Rossiïskoï Federatsii) constituent la puissance militaire de la fédération de Russie.

Faits en bref Fondation, Branches ...
Forces armées de la fédération de Russie
Вооружённые силы Российской Федерации
Emblème des Forces armées russes.
Emblème des Forces armées russes.
Fondation (Armée impériale russe) ; (Armée rouge) ; (Forces armées soviétiques)
Branches forces terrestres
forces aérospatiales
flotte maritime militaire
ainsi que quatre armes indépendantes :
forces des missiles stratégiques
troupes aéroportées
forces d'opérations spéciales
forces de systèmes sans pilote
Quartier-général Moscou
Commandement
Président de la Russie Vladimir Poutine
Ministre de la Défense Andreï Belooussov
Chef de l'État-Major général Valeri Guerassimov
Main-d'œuvre
Âges militaires Âge militaire moyen : entre 21 et 41 ans (2014)
Disponibles au service militaire 3 150 000 hommes
Environ 42 000 femmes
Actifs Réel : 707 000 à 720 000 (2020). Autorisés : environ 1 013 000 hommes (2018)

1500000 hommes (prévu pour 2025) (5e)

Déployés hors du pays Environ 200 000 (2022)
Réservistes 1 250 000 (2022)
Budgets
Budget 145 milliards de dollars (2025)
Industrie
Fournisseurs nationaux Complexe militaro-industriel de la Russie
Fournisseurs étrangers Iran et Corée du Nord
Exportations annuelles 104 milliards de dollars américains (2015)[réf. nécessaire]
Articles annexes
Histoire Histoire militaire de la Russie
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Revers du drapeau des forces armées russes, avec l'inscription « Patrie, Devoir, Honneur ».

Les forces armées de la fédération de Russie sont créées dans leur forme actuelle le sur la base des anciennes forces armées de l'Union soviétique stationnées sur le territoire russe, des groupes de forces à l'étranger ainsi que certaines unités situées sur le territoire des anciennes républiques soviétiques.

La Russie est la deuxième puissance militaire du monde après les États-Unis selon le classement GFP[1]. La Russie possède le plus important arsenal de têtes nucléaires au monde, hérité de l'époque soviétique[2],[3],[4],[5]. Elle a également été l'un des rares pays au monde doté d'un porte-avions jusqu'au retrait de l'Amiral Kouznetsov en 2025. Le budget de l'armée russe est le quatrième mondial derrière l'Inde. Bénéficiant d'une expérience opérationnelle presque ininterrompue depuis 2014, l'armée de terre russe est l'une des grandes organisations militaires dont la puissance croit et se réforme le plus vite actuellement dans le monde[6]. Au-delà des objectifs stratégiques qui lui avaient été fixés, ses engagements en Syrie et en Ukraine ont clairement été conçus comme de grands champs d'expérimentation et d'apprentissage, sur différents modes de déploiement, en appui de la transformation profonde entamée en 2008. Les dernières années laissent apparaître un processus d'évolution des forces armées russes très différent de celui des forces terrestres occidentales[6].

Historique

Une armée héritée de l'Union soviétique (1991-2000)

En 1991, la Russie hérite de l'URSS d'une armée détériorée et dépassée qui encaisse de surcroît les problèmes qui suivront la chute de l'Union soviétique : terribles problèmes d’abandon, fuite du corps dirigeant, panne du système de conscription, corruption effrénée et inefficacité répandue dans nombre d’unités[7].

Davantage d’informations Équipement militaire, Union soviétique ...
Part russe des équipements militaires soviétiques
Équipement militaire Union soviétique Fédération de Russie
Chars 20 725 10 333
Pièces d'artillerie 13 938 7 719
Véhicules blindés 29 890 16 589
Avions de combat 6 611 4 161
Hélicoptères 1 481 1 035
Total des équipements 72 645 39 837
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La première guerre de Tchétchénie où l'armée russe s'est enlisée en 1994 est l'illustration d'un manque d'efficacité de cette armée du fait d'une mauvaise organisation, du manque d’entraînement et de soutien logistique entre autres.

L’utilisation massive et aveugle de la puissance de feu témoigne d'un manque d'adaptation aux conflits insurrectionnels.

Pendant deux ans, la première guerre de Tchétchénie a monopolisé l'attention et les ressources de l'armée, entraînant un épuisement financier et minant le moral des soldats, déjà précaire. Cette situation a également exacerbé la frustration de la population. La seconde guerre de Tchétchénie, entamée en 1999, a été mieux gérée par la Russie mais n'a pas abouti à une victoire nette[7].

Une armée progressivement modernisée sous Vladimir Poutine (2000 - 2022)

Quand Vladimir Poutine accède au Kremlin en 2000, l'armée russe est plus ou moins dans le même état qu'en 1991, manque d'équipement militaire neuf et peu de modernisation a eu lieu.

La possession d'un arsenal nucléaire reste cruciale pour la Russie dans sa revendication de sa position de grande puissance, et l'arme nucléaire continue de jouer un rôle central dans la doctrine militaire russe[7].

En 2007, Sergeï Ivanov a présenté un plan de financement ambitieux pour permettre à la Russie de maintenir sa capacité de dissuasion nucléaire tout en développant ses forces conventionnelles. Ce plan de huit ans, d'une valeur de 189 milliards de dollars, incluait des missiles intercontinentaux (ICBM), des porte-avions et des radars d'alerte avancée, avec l'objectif de fournir à la Russie les moyens nécessaires pour les "guerres du futur". En 2007, le budget de défense de la Russie s'élevait à 31 milliards de dollars, soit quatre fois plus qu'en 2001 (8 milliards)[7].

Depuis une dizaine d'années, l'armée russe essaie de moderniser ses forces, pour autant de grosses faiblesses demeurent par manque de budget dû à différentes difficultés (crise, sanctions économiques etc.)

Les unités terrestres ont été divisées par deux, cependant certaines troupes comme les troupes aéroportées ont été renforcées et revalorisées. Les exercices militaires ont été plus nombreux et le budget équipement et modernisation est passé d'environ 5,5 milliards d'euros à 25 milliards.

Malgré tout, de nombreuses faiblesses demeurent. Concernant l'armée de terre, la Russie a acquis, il y a peu de temps, une nouvelle génération de chars, le T-14 Armata, cependant celui-ci serait très cher et seulement 100 exemplaires auraient été construits. De ce fait cela oblige l'armée russe à utiliser des chars d'ancienne génération comme les T-90 à 700 exemplaires environ (qu'il est d'ailleurs question de moderniser).

Concernant l'armée de l'air, la fiabilité des moteurs des chasseurs russes montre des faiblesses persistantes, de plus des accidents sont régulièrement à signaler. L’aéronavale a perdu plusieurs de ses chasseurs depuis une année par accidents.

Une armée considérablement affaiblie par la guerre en Ukraine (2022 - aujourd'hui) ?

L'armée russe subit d'importantes pertes humaines et matérielles lors de l'invasion de l'Ukraine lancée en . Pertes dues notamment à l'emploi novateur des drones à grande échelle et au soutien militaire étranger apporté à l'Ukraine passées les premières semaines.

Face au conflit de haute intensité qu'est devenu le conflit russo-ukrainien, la Russie tente de compenser les pertes humaines par la mobilisation partielle, des primes élevées et l'aide de pays comme la Corée du Nord mais peine à remplacer les pertes matérielles et ce en raison des sanctions technologiques et industrielles prises par l'Europe et les Etats-Unis depuis l'invasion de la Crimée en 2014 et renforcées à nouveau depuis et ayant un réel impact sur le secteur de la défense russe.

Selon l'International Institute for Strategic Studies (IISS), en , environ la moitié de ses chars T-72B3 et T-72B3M et nombre de ses T-80 ont été perdus, si bien que l'armée russe a dû mettre en service du matériel plus ancien pour compenser ces pertes avec le déploiement de chars T-72, T-62 et T-55 issus des importants stocks peu ou mal entrenus de l'ex URSS[8].

La Russie aurait également perdu 6 à 8 % de ses avions et hélicoptères de combat tactique, mais les pertes atteignent 10 à 15 % sur certains types d'appareils[9].

Davantage d’informations Pertes russe au 10 avril 2023, Équipements ...
Pertes russe au 10 avril 2023
Équipements Russie et alliés (10 018)[10]
Chars 1 929
Véhicules blindés de combat 828
Véhicules de combat d'infanterie 2 289
Véhicules blindés de transport de troupes 304
Véhicules blindés de haute protection contre les mines 44
Véhicules de transport de troupes 189
Postes de commandement et postes de communication 240
Véhicules et équipements du génie 298
Systèmes de missiles antichars automoteurs 37
Véhicules et équipements de soutien d'artillerie 97
Artillerie tractée 194
Artillerie automotrice 383
Lance-roquettes multiples 192
Canons antiaériens 17
Canons antiaériens automoteurs 24
Systèmes de missiles sol-air 104
Radars et équipements de communication 30
Moyens de brouillage radar 31
Aéronefs 79
Hélicoptères 81
Drones de combat 7
Drones de reconnaissance 203
Trains logistiques 6
Camions, autres véhicules dont tout-terrain 2 409
Navires de guerre[11] 12[Note 1]
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Il apparaît également au fur et à mesure de l'extension du conflit dans le temps long, que les forces armées russes ne disposent pas de l'avantage technique nécessaire qu'auraient du leur offrir les matériels mis au point par le complexe militaro -industriel russe[12].

En effet, un écart important entre les caractéristiques techniques affichées de ses systèmes d’armes, leurs performances attendues et leurs véritables disponibilités opérationnelles est souligné par les experts comme l'hélicoptère Ka-52 Alligator, pour le système anti-aérien S-400 ou le Yak-130. A la différence des matériels occidentaux fournis aux ukrainiens comme le canon français Caesar ou le lance-missile antichar américain Javelin dont l'efficacité opérationnelle réelle dans le conflit a été démontrée par les troupes ukrainiennes participant en retour au développement de leurs ventes à l'export[12].

Si les forces russes ont su rattraper leur retard notamment dans l'emploi et l'usage des drones de reconnaissance ou FPV notamment avec l'aide de l'Iran, couplée à l'usage massif des frappes en profondeur au moyen de bombes planantes souvent imprécises, elles continuent de se heurter à une resistance ukrainienne déterminée occasionnant des pertes humaines et matérielles lourdes[13].

L’armée russe a, passé le moment de surprise du à l'invasion en , conquis entre le et le , 7.463 km2 supplémentaires soit un gain territorial de 1,23% du territoire ukrainien en 3 ans[14]. Le conflit qui dure depuis le a dépassé en durée celui de la Grande Guerre patriotique (appellation russe de la Seconde Guerre mondiale du au ). Il a généré en retour des pertes evaluées à un million de soldats russes, morts, disparus ou très gravement blessés à comparer à celle de la Guerre en Afghanistan (1979-1989) de l'ordre de 15 000 officiellement [14].

En , les pertes russes répertoriées et documentées en Ukraine s'élevaient à 22 760 matériels tous issus en majorité de la période soviétique dont 4 413 chars, 8 327 véhicules d'infanterie blindée, 969 véhicules d'artillerie auto propulsées, 342 système anti-aériens, 518 système de lance missiles multiples, 161 hélicoptères de combat, 163 avions de combat, 300 postes de commandement mobiles, 4 160 camions de transport et 28 navires de combat et sous-marin détruits dont le navire amiral Mosksva[15].

Organisation générale

Dans l'organisation soviétique, la planification des opérations était assurée par le chef de l'État-major général, ayant sous ses ordres un commandant-en-chef des forces terrestres. Maintenant, le ministre assure de plus en plus le commandement effectif des forces armées. Tout comme dans la plupart des pays du monde, c'est le chef d'État russe qui est le commandant suprême des forces armées.

Un nouveau centre de contrôle de la [16] défense nationale a été construit entre et[12] le long de la rivière Moskova, à un peu plus de deux kilomètres au sud du Kremlin de Moscou[17].

Commandant en chef

De par l'article 87 de la Constitution russe, le Président de la fédération de Russie est le commandant en chef suprême des Forces armées. Il a la décision finale quant à une intervention ou implication militaire de son pays, et décide d'une éventuelle attaque nucléaire.

Ministère de la Défense

Le ministère de la Défense de la fédération de Russie est le ministère qui exerce la direction administrative et opérationnelle sur les Forces armées de la fédération de Russie. Il a succédé au Ministère soviétique de la Défense lors de l'effondrement de l'Union soviétique.

État-Major général

L’État-major général des forces armées de la fédération de Russie est l'institution centrale gérant l'administration, les opérations et la logistique des forces armées russes. Il est appelé « général » pour le différencier des autres états-majors sous ses ordres. Le chef de l'État-major général travaille sous l'autorité du gouvernement, notamment du ministre de la Défense (presque toujours un militaire), lui-même aux ordres du commandant en chef, le président de la fédération de Russie.

Branches des forces armées russes

Les forces armées de la fédération de Russie sont divisées en trois branches principales et en quatre services indépendants dont voici les effectifs en 2020[18] :

Les branches principales

  • Les forces terrestres : environ 280 000 militaires. La fédération de Russie a reçu 85 % des unités militaires et des matériels des anciennes forces terrestres soviétiques.
  • Les forces aérospatiales : environ 165 000 militaires, elles regroupent les forces aériennes et les forces spatiales. La Russie a reçu 65 % du personnel et 40 % des aéronefs des anciennes forces aériennes soviétiques.
  • La marine : environ 150 000 à 160 000 militaires. Elle est le successeur de la marine soviétique.

Les quatre services indépendants

Forces terrestres

Formation spéciale de la police militaire du district militaire ouest (village de Mulino, oblast de Nijni Novgorod).

Les forces terrestres russes regroupent les unités de fusiliers motorisés, de chars, de missiles et d'artillerie, de défense aérienne terrestres, de reconnaissance, du génie, de protection NBC et de transmission.

En 2006, les forces terrestres comptaient 395 000 hommes[21] répartis entre 3 divisions blindées, 16 divisions de fusiliers motorisés et 6 divisions « mitrailleuse artillerie ». répartis entre trois divisions de chars (le nom russe pour les divisions blindées), seize divisions de fusiliers motorisés (d'infanterie mécanisée) et six divisions de mitrailleuses et d'artillerie (statiques). L'organisation qui comptait quatre niveaux de commandement (district, armée, division et brigade) a été simplifiée en ne conservant que trois (commandement stratégique, armée et brigade) lors de la réforme de 2008-2010, avec l'objectif de supprimer complètement l'échelon division transformé en autant de brigades. Le remplacement de Serdioukov par Choïgou à la tête du ministère en 2012 correspond à un retour en arrière, avec gonflement des effectifs, plusieurs divisions étant recrées : en 2013, les 2e de fusiliers et 4e de chars ; en 2016, les 3e de fusiliers, 42e de fusiliers, 90e de chars, 144e de fusiliers et 150e de fusiliers ; en 2018, la 127e de fusiliers ; en 2020, les 19e de fusiliers et 18e de fusiliers ; en 2021, la 20e de fusiliers ; en 2022, la 47e de chars.

En 2021, les forces terrestres sont constituées de[22] :

  • 8 divisions de fusiliers motorisés ;
  • 2 divisions de chars ;
  • 1 division de mitrailleuses et d'artillerie ;
  • 4 bases militaires ;
  • 26 brigades de fusiliers motorisés ;
  • 2 brigades de chars ;
  • 13 brigades d'artillerie ;
  • 4 brigades de fusées et d'artillerie ;
  • 11 brigades de missiles ;
  • 19 brigades de contrôle et communication ;
  • 5 brigades de protection ;
  • 5 brigades de guerre électronique ;
  • 15 brigades anti-aériennes ;
  • 2 brigades de reconnaissance ;
  • 4 brigades du génie ;
  • 10 brigades logistiques ;
  • 1 brigade de police militaire.

Forces aérospatiales

Les forces aérospatiales russes ont été créées le et placées sous le commandement du colonel général Alexandre Zeline. Elles regroupent l'armée de l'air (VVS), la défense anti-aérienne et antimissile (Voyska PVO) et les forces spatiales (VKS).

Marine russe

Revue navale célébrant le 275e anniversaire de la flotte du Pacifique, le .

La Marine russe, dont le quartier général est à Saint-Pétersbourg depuis le , est divisée en quatre flottes et une flottille :

Potentiel nucléaire

Troupes de missiles stratégiques

Composante terrestre de la force de dissuasion.

La Russie est l'un des sept pays reconnus officiellement comme possédant l'arme nucléaire et dispose du plus vaste et plus puissant arsenal nucléaire au monde.

Voici le tableau récapitulatif de l'avancée du Memorandum of Understanding (MOU) de START-1 en [23], [24], [25] et [26].

Davantage d’informations Date, ICBM, SLBM et bombardiers lourds ...
DateICBM, SLBM et bombardiers lourdsICBM lourdsOgives (ICBM, SLBM et bombardiers lourds)Ogives (ICBM et SLBM)Ogives (ICBM sur lanceurs mobiles)Ogives (ICBM lourds)Puissance (ICBM et SLBM) (Mt)
Limites imposées par START-1
1 6001546 0004 9001 1001 5403 600
Drapeau de l'URSS Union soviétique / Drapeau de la Russie Russie
2 50030810 2719 4166183 0806 626,3
8481044 1473 5152071 0402 373,5
8141043 9093 2931951 0402 301,8
8091043 8973 2891911 0402 297,0
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Districts militaires

Les cinq régions militaires russes depuis :
  • Commandement stratégique opérationnel ouest
  • Commandement stratégique opérationnel Sud
  • Commandement stratégique opérationnel de la flotte du Nord
  • Commandement stratégique opérationnel centre
  • Commandement stratégique opérationnel est

Depuis , il existe cinq districts militaires en Russie chacun sous un commandement stratégique opérationnel[27] :

Entre le et , il y en avait quatre et avant le , il en y avait six :

Il existait aussi une région militaire spéciale de Kaliningrad, sous l'autorité de la flotte de la Baltique[réf. souhaitée].

Effectifs

Les effectifs de l’armée russe ont connu des réductions drastiques depuis la fin du régime soviétique. Forte de 5,2 millions d'hommes en 1989, l'armée russe n'en compte plus que 766 000 en 2013[29]. Environ un quart des effectifs sont officiers (cadres), le reste se composant d'engagés volontaires sous contrat et de conscrits. La Russie a entamé avec les réformes, une large professionnalisation de l'armée dans le but de se rapprocher d'un modèle occidental.

Un décret signé par le Président Vladimir Poutine le , prévoit un effectif de 2 039 758 hommes dont 1 150 628 militaires au soit une hausse de 137 000 hommes par rapport à 2022[30]. Le , le ministre de la défense Sergueï Choïgou, annonce la nécessité d'atteindre le nombre d'1,5 million de militaires russes soit 350 000 hommes supplémentaires au regard de l'objectif initial d'1,15 million fixé en . Il propose également d’augmenter l’âge limite du service militaire. Vladimir Poutine lui donne son accord et indique : « Nous n’avons aucune limitation de financement. Le pays et le gouvernement donneront tout ce que l’armée demandera »[31],[32].

En , Vladimir Poutine signe un nouveau décret pour augmenter de 15% le nombre de soldats de l'armée russe. Ainsi l'armée comportera 2,2 millions de membres, avec 1,32 million de soldats. L'augmentation des effectifs doit s'effectuer avec des engagements volontaires, aucune nouvelle « mobilisation n'est prévue »[33].

Budget

En 2012, quelques jours avant les élections présidentielles du , le Premier ministre Vladimir Poutine des Forces armées russes, pour plus de 500 milliards d'euros lors de la décennie à venir. Le budget en 2013 est annoncé à 2 346 milliards de roubles (près de 59 milliards d’euros), soit une hausse de 25,8 % comparé à 2012. La progression sera ensuite de 18,2 % en 2014 et de 3,4 % en 2015[34].

Le budget de la défense 2016, annoncé en , est de 3 145 milliards de roubles[35] soit 3,4 % du PNB prévu[36].

En 2019, le budget militaire est en baisse et se situe à la sixième place mondiale, après les États-Unis, la Chine, l'Arabie saoudite, l'Inde et la France[37].

Doctrine militaire

La doctrine militaire de la fédération de Russie est héritière de la réforme organisée par Mikhaïl Frounze à la fin des années 1920 : une armée populaire permanente destinée à protéger le pays des agressions extérieures. Depuis 2005, cette doctrine est en cours de révision sous l'autorité du général Makhmout Gareev. Les menaces ne seraient plus les armées contre-révolutionnaires mais :

  • l'instabilité de certains États déchirés par des conflits ethniques ;
  • l'aventurisme militaire des États-Unis à la recherche de ressources énergétiques[38].

Les Forces armées devraient donc être capables, non seulement de défendre la patrie, mais aussi de peser dans le monde comme arbitre géopolitique en évitant tout affrontement direct avec les États-Unis.

La nouvelle doctrine militaire russe, adoptée le , multipliant les références à la guerre du Kosovo, évoque abondamment l’ensemble des facteurs qui ont provoqué la dégradation des perceptions que les responsables russes ont de l’Occident. Néanmoins, la Tchétchénie et les instabilités dans la périphérie sud de la Russie sont également présentes dans la doctrine.

L'Armée russe est structurellement à l'heure de la modernisation par la professionnalisation de son contingent, et donc à la diminution globale de ses effectifs. De 4 à 5,3 millions de soldats et officiers dans les années 1980, elle passe à 2,1 millions en 1994, 850 000 en 2003, et 1 027 000 en 2006.

En 2007, 50 % des sergents et recrues sont ainsi professionnalisés. Il est prévu qu'un quart des effectifs soient placés sous contrat en 2008. Cette réforme concerne également l'organisation des académies militaires : de 79 écoles en 2004, 57 seulement seront ouvertes en 2008 avec une tendance à la spécialisation pour retenir les jeunes officiers[39].

Bases et garnisons russes à l'étranger (2020)

La plupart des bases et installations militaires ne se trouvant pas sur le territoire de la Russie sont situées dans les anciennes républiques soviétiques ainsi qu'en Syrie.

Exercices et manœuvres

L'armée russe participe activement à des manœuvres, tant à l'intérieur de ses frontières (Mobilité 2004 ou Centre 2006), qu'à l'étranger (Mission de paix 2005, Bouclier de l'union 2006).

Depuis quelque temps, l'Armée de l'air a recommencé ses patrouilles qui avaient cessé dans les années 1990. On a ainsi pu voir des bombardiers Tu-160 et Tu-95 au-dessus de l’Atlantique et du Pacifique. Deux Tu-160 ont participé aux manœuvres communes au Venezuela en 2008.

Notes et références

Voir aussi

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