Frédéric Skarbek
écrivain, économiste et ami de Frédéric Chopin
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Frédéric Skarbek, en polonais Fryderyk Skarbek, né le à Toruń et mort le à Varsovie, est un écrivain, penseur social et homme politique polonais, particulièrement connu en raison de ses liens avec la famille de Frédéric Chopin (1810-1849).
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Nieznajomy Autor |
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Famille Skarbek (d) |
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Société scientifique de Cracovie (d) Administrative Council (en) Heraldic authority of the Kingdom of Poland (d) Conseil d'État |
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Issu d'une famille de la noblesse polonaise, il est l'élève de 1802 à 1805 de Nicolas Chopin, père du compositeur, alors précepteur des enfants de la famille Skarbek. Il termine ses études secondaires au lycée de Varsovie (1805-1808), puis part étudier à Paris, principalement au Collège de France. Rentré en 1811, il obtient un doctorat à l'université de Cracovie en 1819. En 1820, il devient professeur à l'université de Varsovie. À partir de 1830, il est haut-fonctionnaire du royaume de Pologne sous tutelle de l'Empire russe.
Éléments contextuels
Historiographie de Frédéric Skarbek
Frédéric Skarbek était assez connu en France au XIXe siècle : on trouve une entrée à son nom dans le Grand Larousse du XIXe siècle, et encore dans le Larousse en 2 volumes de 1938.
En revanche, il n'est plus répertorié dans les encyclopédies après la Seconde Guerre mondiale et n'apparaît plus aujourd'hui que dans les biographies de Frédéric Chopin.
Contexte historique
Après la disparition de la république des Deux Nations en 1795, il vit dans la partie du pays relevant de la Prusse, qui annexe la région de Torun en 1792 (second partage de la Pologne) puis celle de Varsovie en 1795 (troisième partage). Il est donc sujet prussien de 1795 à 1807, date de la création du duché de Varsovie[1], qui dure jusqu'en 1815.
À partir de 1815, il vit dans le royaume de Pologne sous tutelle russe créé par le congrès de Vienne.
En 1830-1831, il ne participe pas à l'insurrection contre le tsar Nicolas Ier et poursuit ensuite sa carrière, alors que des milliers de ses compatriotes, souvent des nobles, sont contraints à l'exil. Malgré cela, les écrits polonais actuels ne lui font pas de reproches à ce sujet.
Frédéric Skarbek et Frédéric Chopin
En ce qui concerne ses relations avec Frédéric Chopin, il est parfois avancé que Frédéric Skarbek est son parrain, mais ce point est problématique. En revanche, il est certain que Frédéric Skarbek, élève du père de Chopin, est ensuite devenu son ami et celui de Frédéric.
Biographie
Origines familiales
Issu en ligne paternelle d'une famille noble de Cujavie, il est le fils du comte Kacper Skarbek (1763-1823) et de Ludwika née Fenger (1765-1827), d'une famille de marchands de Toruń. Il a peu connu son père, celui-ci ayant été obligé de s'exiler pour des raisons de dettes impayées.
Il a une sœur, Anne (1793-1873), et deux frères, Michel (1796-1834) et Casimir (1800-1805).
Vers 1800, Ludwika Skarbek, désormais séparée de son époux, abandonne les propriétés de la famille Skarbek en Cujavie pour s'installer dans le domaine de Żelazowa Wola, en Mazovie, à 45 km à l'ouest de Varsovie.
Études
En 1802, Ludwika Skarbek engage comme précepteur un jeune homme venu de France en 1787, Nicolas Chopin (1771-1844), précédemment au service de la famille Łączyński, où il a pour élève la future Marie Walewska.
Frédéric Skarbek est pendant trois ans l'élève de Nicolas Chopin, à qui il rend un hommage appuyé dans ses Mémoires. En 1805, il entre au lycée de Varsovie, créé par les autorités prussiennes en 1804. Il passe son baccalauréat en 1808, dans ce qui est devenu le duché de Varsovie, créé sous l'égide de Napoléon.
Après quelques mois d'attente, il part avec un groupe d'autres Polonais du duché faire des études à Paris. Il y effectue un cursus personnel, fondé sur des cours du Collège de France (droit, économie, science politique, philosophie) et sur des cours particuliers avec notamment de Camille Saint-Aubin.
C'est durant son séjour à Paris qu'a lieu le baptême de Frédéric Chopin à Brochow, paroisse dont relève Żelazowa Wola. Il est vrai que le compositeur tient de Frédéric Skarbek son premier prénom, totalement inusité chez les Chopin. Cependant, selon l'acte de baptême, le parrain officiel est Franciszek Grembecki (et la marraine est Anna Skarbek), sans référence à une procuration. D'autre part, les Mémoires de Frédéric Skarbek ne parlent pas de l'événement, alors qu'elles évoquent la personnalité de Nicolas Chopin.
Débuts professionnels (1811-1818)
Il rentre à Varsovie en . Il travaille un moment comme stagiaire dans l’administration du duché de Varsovie, puis, lorsque le pays est occupé par les troupes russes, à la suite de la retraite de Russie, se retire à la campagne. Après la mise en place du royaume de Pologne, il participe à la vie politique locale à la diétine de Sochaczew, chef-lieu du district ; il est élu conseiller de voïvodie en 1818. En même temps, il mène à bien une thèse à l’université de Cracovie et obtient un doctorat le .
En 1818, il rachète le domaine de Zelazowa Wola, épouse Prakseda Gzowska et, à la fin de l'année, commence à donner des cours à la Faculté de droit de l’Université de Varsovie.
Professeur à l'université de Varsovie (1818-1830)
Au début des années 1820, il devient professeur d'université à part entière, et un peu plus tard est aussi chargé de donner des cours à l’École forestière. Il devient membre de la Société des Amis de la science et suit les activités de Stanislaw Staszic (1755-1826), dont il prononce l’oraison funèbre. Sous l’influence de Staszic, il tourne son attention vers les problèmes des hôpitaux et des prisons.
En 1828, il effectue un voyage à Paris, en relation avec la publication de son livre Théorie de la richesse sociale, publié en français. À son retour, il est nommé à la direction des hôpitaux et des prisons.
Haut-fonctionnaire au service de Nicolas Ier (à partir de 1830)
En , à la demande du tsar, il part à Saint-Pétersbourg pour une mission d’observation du système de santé ; la Pologne entrant en insurrection en novembre, il se trouve bloqué en Russie, résidant dans la capitale jusqu’au printemps, puis à Grodno ; il rentre à Varsovie après sa reconquête par l'armée russe en .
Après cela, alors que le royaume de Pologne se trouve sous la férule d’Ivan Paskevitch (vice-roi de 1831 à 1855), il assure des fonctions dans les mêmes domaines que précédemment ; en 1841, il devient membre de la Commission des affaires intérieures ; il est un moment directeur du Département de l'Industrie et du Commerce, président de la Direction des Assurances de 1842 à 1855. En 1854, il est nommé président de la Commission gouvernementale pour la justice (c’est-à-dire ministre de la Justice) et sénateur. Il quitte ses fonctions officielles en 1858, à la suite d'un différend avec les autorités russes.
Dans les années qui suivent, il écrit plusieurs ouvrages importants : Histoire du duché de Varsovie, Histoire de Pologne, et ses Mémoires (les deux derniers n'ont été publiés qu'après sa mort). Par ailleurs, il est l’auteur de plusieurs romans et d’autres œuvres littéraires.
Mort et funérailles
Il meurt de septicémie en 1866.
Œuvres
Ouvrages théoriques
Romans
- Fryderyk Skarbek, Tarło, 1827
Traduction en français
- Tarlo, roman polonais de M. le comte Frédéric de Skarbek ; traduit par M. Charles Forster, de Varsovie, et publié par Mme Mélanie Waldor, Paris, Moutardier, 1834 (en ligne sur Gallica),
- Réédition : Tarlo, roman polonais, Hachette-BnF, 2013
Souvenirs
- Fryderyk Skarbek, Pamiȩtniki Fryderyka Hrabiego Skarbka, Poznań, 1878 [Mémoires du comte Frédéric Skarbek]