Francesco Paoloni
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Francesco Paoloni, né le à Pérouse et mort le à Rome, est un journaliste, syndicaliste et homme politique fasciste italien.
Militantisme au Parti socialiste italien (1893-1911)
Fils d'un volontaire garibaldien fervent républicain, Francesco Paoloni fréquenta des écoles techniques mais n'acheva pas ses études car, à dix-sept ans, il décida de s'installer à Rome pour se consacrer à l'activisme révolutionnaire. Issu d'un milieu culturel marqué par la rencontre des idées de Marx et Mazzini, il fréquentait les cercles politiques de la capitale, hésitant entre le Parti socialiste italien (PSI) et le Parti républicain italien (PRI). Il prit sa décision en 1893 en rejoignant le PSI, dont il devint l'un des militants les plus actifs, dirigeant la section jeunesse et contribuant à sa création.
C’est durant cette période qu’il eut son premier contact avec le journalisme. Après avoir rejoint le conseil général de la Chambre du travail de Rome, il commença à collaborer avec L’Asino, un périodique fondé par Guido Podrecca, où il laissa libre cours à ses sentiments anticléricaux dans une série d’articles signés du pseudonyme de « Columella ».
En 1898, il fut arrêté lors d'une manifestation contre le Statut Albertin, commémorant le cinquantième anniversaire de sa promulgation. Libéré sans condamnation, mais avec un avertissement de la police, il préféra quitter Rome. Il fut nommé à la tête de la Fédération socialiste de Terni, où il prit la direction du périodique La Turbina, se faisant connaître dans toute la région pour son style incisif. Sa chronique satirique lui valut même plusieurs procès en diffamation dans la presse, ce qui ne fit qu'attiser son esprit anticonformiste et révolutionnaire.
Depuis l'Ombrie, il se consacra à l'organisation des premières ligues paysannes et des premières grandes grèves de journaliers et de métayers à Gubbio, Orvieto, Terni et Rieti. Pour soutenir la cause agricole, il fonda un périodique bimensuel, Il Seme, dans lequel il dénonçait le désintérêt flagrant du PSI pour la campagne ombrienne et l'émigration forcée de ses paysans vers le nord de l'Italie et les Amériques. Entre-temps, sa renommée de journaliste s'étendit au point de lui valoir une nomination comme rédacteur en chef de l'hebdomadaire Verona del Popolo, organe des socialistes de Vérone, et comme secrétaire de la Chambre du travail de Novi Ligure, où il dirigeait le périodique officiel, Il Lavoro.
D'un point de vue purement politique, il se rapprocha progressivement de l'aile maximaliste du parti, dirigée par Oddino Morgari et farouchement opposée à la participation du parti au gouvernement tant que toutes les institutions étatiques ne seraient pas électives et révocables. Exprimée au congrès de Rome de 1906, cette position fut finalement rejetée au congrès de Modène de 1911, où les idées de Filippo Turati et Claudio Treves l'emportèrent.
Après la défaite interne, il quitta le parti et poursuivit son activité politique en solitaire, publiant des pamphlets et fondant la société La Propaganda Editoriale Socialista, une union des périodiques Il Seme et Sempre Avanti, pour « l'émancipation du travail de l'exploitation capitaliste et de toute servitude de classe ».
La campagne de Libye et l'interventionnisme (1911-1919)
Il soutint la campagne de Libye à condition que l'expansion coloniale profite aux travailleurs et rende inutile leur émigration. Selon Paoloni, la bourgeoisie devait financer l'entreprise coloniale par la création d'industries et d'infrastructures agricoles. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il soutint l'intervention contre les Empires centraux et lança une campagne contre le neutralisme socialiste. Durant cette période, il entama une correspondance étroite avec Mussolini qui, ayant été expulsé du PSI entre-temps, avait fondé Il Popolo d'Italia à Milan et qui publia, dans la série éditoriale du journal, deux de ses pamphlets, Il giolittismo, partito tedesco in Italia et I sudekumizzati del socialismo. En , le futur Duce le nomma chef de la rédaction romaine du journal et le convainquit plus tard de déménager à Trieste pour diriger L'Era Nuova.
Adhésion au fascisme et carrière politique (1919-1944)

Il adhéra officiellement au fascisme en 1919, soutenant sa cause sans participer à la fondation des Faisceaux italiens de combat ni à la Marche sur Rome. En 1926, il collabora à l'Alpenzeitung, journal fasciste de langue allemande de la province de Bolzano. De retour à Rome, il poursuivit son activité de journaliste sans affectation particulière jusqu'en 1928, date à laquelle il prit la direction d'Il Mattino de Naples. L'année suivante, il fut élu député pour la première fois et siégea à la Chambre du Royaume et à la Chambre des faisceaux et des corporations jusqu'en 1943, traitant principalement des questions d'autarcie et de corporatisme. Cinq mois avant la chute du régime, il fut nommé sénateur à vie, fonction dont il fut destitué par un arrêt de la Haute Cour de Justice pour les sanctions contre le fascisme, en date du .
Retiré de la vie publique, il a vécu de sa pension de journaliste jusqu'à sa mort.
Sources
- Nunzio Dell’Erba, PAOLONI, Francesco, in Dizionario biografico degli italiani, vol. 81, Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 2014.