François-Louis Poumiès de la Siboutie
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François-Louis Poumiès de la Siboutie (1789-1863) est un médecin français originaire du Périgord, exerçant à Paris dans le faubourg Saint-Germain. Il est connu pour ses Souvenirs d’un médecin de Paris (1910, rééd. 2024), qui constituent un témoignage vivant et souvent cité sur la vie médicale, sociale et politique de la première moitié du XIXe siècle.
François-Louis Poumiès de la Siboutie naît le 8 juin 1789 à Saint-Germain-du-Salembre, dans le Périgord blanc (Dordogne). Sa famille, de condition modeste mais cultivée et politiquement modérée, n’est pas noble malgré l’adjonction « de la Siboutie » (référence à un modeste lieu-dit familial). Son père, Pierre Poumiès, ancien élève des jésuites, est juge de paix et maire de Neuvic-sur-l’Isle ; sa mère, Élisabeth née Cellérier, reçoit une éducation soignée.
Après des études de droit qui ne lui conviennent pas, il se tourne vers la médecine et arrive à Paris en octobre 1810. Il loge d’abord rue de la Harpe dans une mansarde modeste, devient externe à l’hôpital Saint-Louis puis interne à l’Hôtel-Dieu en 1812. Il présente sa thèse, Essai sur la première menstruation, le 12 août 1815.
Il se marie en décembre 1816 avec Catherine-Félicité Delpont (1794-1855), fille de François Delpont, fabricant de chapeaux militaires enrichi par les fournitures aux armées napoléoniennes. Le couple s’installe chez le beau-père, dans l’hôtel Langeron au 52 (puis 54) rue de Grenelle, (rasé pour l'ouverture du boulevard Raspail, Paris 7e). Après des difficultés financières liées à la faillite de ce dernier, Poumiès s’installe 21 rue du Dragon puis acquiert en 1837 l’hôtel particulier du 21 rue Visconti, où il transfère son cabinet.
Il se remarie en 1857 avec Élodie Foulcon de la Roquette, dont il a une descendance. Il meurt en 1863 à l’âge de 74 ans.
Carrière médicale
Il est nommé médecin du bureau de charité (puis de bienfaisance) de l’ancien Xe arrondissement, fonction qu’il exerce pendant trente ans. Il y soigne les indigents et pratique plus de 6 000 vaccinations antivarioliques. Pendant l’épidémie de choléra de 1832, particulièrement meurtrière dans son arrondissement, il participe aux bureaux de secours. Sa correspondance familiale, redécouverte en 2025, éclaire les difficultés concrètes de son installation à Paris et son acharnement à « se faire un état ».
Œuvre et témoignage
Les Souvenirs d’un médecin de Paris, publiés par ses filles en 1910 d’après son journal, ont été réédités en 2024 au Mercure de France dans la collection « Le temps retrouvé ». L’ouvrage, traduit en anglais dès 1911, est régulièrement sollicité par les historiens pour ses anecdotes précises sur l’enseignement médical (notamment auprès de Dupuytren à l’Hôtel-Dieu), la vie hospitalière, l’exécution du maréchal Ney, ou les mœurs du faubourg Saint-Germain.
La correspondance familiale (1813-1840), versée à la Bibliothèque Mazarine, complète ce corpus en offrant un regard intime sur la solidarité familiale, les réalités économiques et les échanges entre Paris et le Périgord.
Poumiès a également légué à la Bibliothèque municipale de Périgueux une importante collection d’autographes (plus de 330 pièces).
L’anecdote de la rue Visconti
En 1837, il acquiert l’hôtel particulier du 21 rue Visconti. Persuadé, sur la foi d’une tradition orale, qu’il s’agissait de la dernière demeure de Jean Racine, il y fait poser une plaque commémorative en marbre noir. Cette erreur a égaré des générations de visiteurs et d’historiens jusqu’au début du XXe siècle ; la plaque correcte a ensuite été placée au 24 rue Visconti.