Victor Cherbuliez

auteur et critique littéraire français (1829-1899) From Wikipedia, the free encyclopedia

Victor Cherbuliez, né le à Genève et mort le à Combs-la-Ville[1], est un romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire français d’origine suisse.

Décès
Nom de naissance
Charles Victor CherbuliezVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Fauteuil 3 de l'Académie française, 8 décembre 1881 - 1er juillet 1899 ...
Victor Cherbuliez
Portrait photographique de Cherbuliez par Nadar.
Fonction
Fauteuil 3 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Charles Victor CherbuliezVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
G. ValbertVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
française (à partir de )
suisseVoir et modifier les données sur Wikidata
Domiciles
Formation
Activités
Rédacteur à
Père
André Cherbuliez (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Laurence Lippmann (d)
Ernest Cherbuliez (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Maître
Distinctions
signature de Victor Cherbuliez
Signature.
Tombe au cimetière du Montparnasse.
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Biographie

La famille Cherbuliez est originaire de Novalles, où sa présence est attestée dans le premier tiers du XVIe siècle, et s'est établie à la fin du XVIIe siècle à Genève[2]. Victor avait pour père le savant hébraïsant, helléniste et latiniste André Cherbuliez (1795–1874), qui professait les littératures anciennes à l’Académie de Genève et n’a presque rien publié, mais qui avait voulu que son fils fût une œuvre de choix, de dilection et de perfection[3].

Ayant achevé à Paris ses études entamées à Genève, Cherbuliez les a complétées par des cours de philosophie dans les universités de Bonn et de Berlin. À son retour à Genève, il s’est fait connaitre par une trentaine de romans, aujourd'hui tombés dans l’oubli, auquel le public de l’époque a fait très bon accueil[4]. Il est sinon l’inventeur du roman psychologique, du moins un des écrivains qui ont le plus contribué à le mettre à la mode[5].

En 1880, voulant se présenter à l’Académie française, il s’est souvenu d'une vieille loi de la Révolution de 1790, dite de « grande naturalisation », accordant la nationalité de plein droit aux descendants des protestants réfugiés à la suite de l'édit de Nantes[6],[7]. Ainsi, redevenu français, et définitivement installé à Paris, il est allé frapper à la porte de l’Institut. Deux fauteuils étaient précisément vacants : celui de Littré et celui de Jules Dufaure. S’étant présenté aux deux, il a échoué pour le premier devant Pasteur, mais il a obtenu le second au sixième tour, le , et reçu le [8].

Admirablement informé, prodigieusement au courant des langues et des choses de l’étranger[9], il a donné, sous le pseudonyme de « G. Valbert », nombre d’articles très appréciés des lecteurs de la Revue des deux Mondes, de critique littéraire, de chroniques politiques et d’études étrangères consacrées surtout à l’Allemagne qu’il connaissait si bien[a]. Il a, à cet égard, connaissant Strindberg, Hauptmann, Ibsen, Wagner, été un précurseur et éveillé beaucoup d’idées chez ses contemporains, qu’il a initiés aux littératures étrangères[10]. Ces articles cursifs mélangeant érudition et humour, sur un ton de causerie savante à la fois et charmante, donnaient un prix tout particulier aux essais de cet humoriste et moraliste très averti[4].

Il possédait, selon son compatriote Amiel, un certain talent oratoire :

« Je sors de la leçon d'ouverture de Victor Cherbuliez, abasourdi d'admiration. Je me suis convaincu en même temps de mon incapacité radicale à jamais rien faire de semblable, pour l'habileté, la grâce, la netteté, la fécondité, la mesure, la solidité et la finesse. Si c'est une lecture, c'est exquis ; si c'est une récitation, c'est admirable ; si c'est une improvisation, c'est prodigieux, étourdissant, écrasant pour nous autres[11]. »

Très lié avec George Sand et François Buloz, c’était un proche de l'historien belge Victor Tahon, à qui il envoie le sa photo prise par Eugène Pirou, en remerciement d'un long séjour à Couillet[b]. Le de cette année, il lui remet à Paris un livre signé de son pseudonyme et portant comme dédicace « à Monsieur Victor Tahon, souvenir affectueux de l’auteur, V. Cherbuliez ».

Il habitait à Paris au 17 rue Gay-Lussac en 1883[12] et au 12 rue de Tournon de 1892 à sa mort[13],[14]. Tombé mort, sans une parole, comme foudroyé, dans sa propriété de Seine-et-Marne, il a été inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris[c].

Distinctions

Œuvres

Romans

  • Le Comte Kostia, 1863[16].
  • Paule Méré, 1864.
  • Le Prince Vitale, 1864.
  • L'Aventure de Ladislas Bolski, 1865.
  • Le Roman d'une honnête femme, 1865.
  • Prosper Randoce, 1867.
  • Miss Rovel, 1875.
  • Le Fiancé de Mlle Saint-Maur, 1876.
  • Le Grand Œuvre, 1876.
  • Samuel Brohl et Cie, 1877.
  • L'Idée de Jean Têterol, 1878.
  • Meta Holdenis, 1873.
  • Amours fragiles, 1880.
    Contient : Le Roi Apépi. Les Inconséquences de M. Drommel. Le Bel Edwards.
  • Noirs et Rouges, 1881.
  • La Revanche de Joseph Noirel, 1882.
  • La Ferme du Choquard, 1883.
  • Olivier Maugant, 1885.
  • La Bête, 1887.
  • La Vocation du comte Ghislain, 1888.
  • Une gageure, 1890.
  • Le Secret du précepteur, 1893.
  • Caroline de Günderode et le romantisme allemand, 1895 sous le pseudonyme de G. Valbert.
  • Après fortune faite, 1896.
  • Jacquine Vanesse, 1898.

Ouvrages littéraires et politiques

  • À propos d'un cheval, causeries athéniennes, 1860.
  • L'Allemagne politique depuis la paix de Prague (1866-1870), 1870.
  • Études de littérature et d'art : études sur l'Allemagne : lettres sur le salon de 1872, 1873.
  • L'Espagne politique, 1868-1873, 1874.
  • Hommes et Choses d'Allemagne, croquis politiques, 1877 sous le pseudonyme de G. Valbert.
  • Hommes et Choses du temps présent, 1883 sous le pseudonyme de G. Valbert.
  • Profils étrangers : Hegel et sa correspondance, le prince de Bismarck et M. Moritz Busch, 1889.
  • L'Idéal romanesque en France, de 1610 à 1816, 1911.

Adaptations théâtrales

Mise en musique

  • Augusta Coupey (compositrice) et Victor Cherbuliez (parolier), Il était là : poème tiré de L'Aventure du Ladislas Bolski, Paris, Émile Chatot, (lire en ligne).

Œuvres en ligne

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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