Georges Alexis Brasseur, né le rue Chavannes à Charleroi Ville-Haute, est le fils de Léopold Brasseur, typographe puis décorateur originaire de Dinant, et de Palmire Andris. Il est l'aîné d'une famille de six enfants[1]. Il s'est marié à trois reprises: en 1899, au Luxembourg avec Joséphine Krier Merch (1879-1915), en 1918 avec Henriette Hartmeyer et avec Jeanne Harckmans en 1938. Il a quatre enfants de sa première union et une fille de sa deuxième[2].
En 1892, il reçoit des cours de dessin d'un professeur de l'Académie de Molenbeek. Dès 1893, son père le met au travail pour soutenir sa famille financièrement: d'abord dans son atelier de typographie puis, en 1894, comme apprenti peintre dans son atelier de décoration. En 1896, il est engagé comme ouvrier décorateur dans un atelier de Bruxelles dans lequel il travaillera jusqu'en 1905. Parallèlement, il complète sa formation de terrain, de 1894 à 1897 par des cours du soir de dessin. De 1898 à 1899, il suit brièvement les cours de peinture à l'école Saint-Luc de Schaerbeek. Il y adopte le style néo-gothique qui caractérise cette institution. Réalisant des peintures murales et des cartons pour la réalisation de vitraux, il collabore, entre autres, avec la maison Beyaert de Bruges et avec l'atelier Osterrath, spécialisé dans la peinture sur verre[2].
Il est en réalité surtout un autodidacte, ayant acquis une bonne partie de son art dans plusieurs ateliers de décoration où il a travaillé de 16 à 25 ans[3]. Il réalise les cartons notamment pour les vitraux de la Collégiale Notre-Dame de Huy, de la basilique Saint-Materne de Walcourt et de l'Église du Saint-Sacrement à Ixelles[4]. Après 1905 et la chute des activités de l’atelier, Georges Brasseur se consacre à ses propres commandes. Ses travaux de décoration (fresques, mosaïques et vitraux) et ses commandes de portraits lui permettent en effet de vivre de son métier d'artiste peintre[3]. Il réalise ainsi des études de tapisserie et des décorations murales pour le duc d'Arenberg. En 1910, il décore la salle principale du château d'Arenberg de scènes de bataille dans lesquelles les ancêtres de son client s'étaient distingués. En 1911, il décore le couvent franciscain de Hal à la demande de la communauté des Frères Mineurs avec des scènes de la vie de Saint François d'Assise. Il réalise également le chemin de croix pour l'église du village de Bruly[4].
Pendant la Première Guerre mondiale, le territoire belge est occupé par l'armée allemande. En 1915, il est éprouvé par la perte de sa femme. Se montrant patriote, il espionne au service de la cause alliée. En , il est arrêté par les Allemands et condamné à quinze années de travaux forcés. En , il est libéré de la prison de Saint-Gilles à la faveur de l'armistice et de la libération de la Belgique.
En , il présente pour la première fois ses œuvres au public à l'exposition de la galerie Breckpot à Bruxelles où est reconnu son talent de portraitiste. Au salon triennal de Liège de 1921, les visiteurs lui attribuent la première place de l'exposition pour un pastel, La Jeune fille en deuil[3]. En 1923, il revient à son pays noir natal de Charleroi pour y peindre une série de tableau évocateurs.
En 1926, ayant acquis une renommée artistique appréciable en Belgique, Brasseur se rend en Colombie à l'invitation de l'ingénieur et architecte Augustín Goovaerts qui y est établi. Il y prend la direction de l'école de peinture de l'Institut des Beaux-Arts de Medellín. Parmi ses étudiants, on retrouve Luis Eduardo Vieco, Carlos Correa, Emiro Botero et Gustavo López. À partir de , il travaille, expose et enseigne alternativement au Venezuela et en Colombie[4]. En 1929, il retourne temporairement en Belgique pour exposer à la galerie des artistes français à Bruxelles des portraits, paysages et marines réalisés en Amérique du Sud. En 1931 il retourne à Caracas (Venezuela) comme professeur de dessin. Il réalise trois portraits de Juan Vicente Gomez, président vénézuélien de l’époque. Il est de retour en Belgique en 1934 et expose son travail à la célèbre galerie des Artistes Français dirigée par Isy Brachot[2].
En 1934, il revient en Belgique et expose à Bruxelles. Il a également exposé à Lisbonne et à Londres en 1936[4].
Après la Seconde Guerre mondiale, il séjourne à deux reprises en Colombie notamment pour y exposer ses œuvres.
En 1950, il retourne définitivement en Belgique et, le de cette année, meurt après être tombé d'un escalier dans sa maison de Bruxelles[4]. Il a été inhumé au cimetière d'Etterbeek.
On trouve ses toiles de paysages colombiens à la Faculté des Lettres de l'Université nationale de Colombie à Bogota, plusieurs portraits au sein du ministère de l'Agriculture et à la Banque Centrale, au musée d'Antioquia de Medellin[2] et au musée des Beaux-Arts de Charleroi.
Style artistique
Dans un premier temps, il été influencé par le style néo-gothique en vogue à la fin du XIXesiècle, acquis au cours de ses études et servant à la décoration d'églises. Après la Première Guerre mondiale, il adopte une facture réaliste, parfois à caractère social puis à tendance Art déco se tenant à l'écart de l'art abstrait qu'il récusait.
Georges Brasseur a surtout excellé dans l'art du dessin et du portrait, notamment de femmes dans leur intimité. Les couleurs qu'il utilisait étaient le plus souvent empreintes de douceur et le fonds de ses portraits réduit à la plus grande simplicité.
Les Filles (1920) et Nu féminin avec chat, huiles sur toile, Union Club Medellin, 1924.
La femme de 30 ans, 1925.
Deux chattes, 1925.
Portrait d'Augustin Goovaerts à Medellín, huile sur toile, 1927.
Portrait de Mme. Verstegen, 1930.
Quatorze stations du chemin de croix, huiles sur toile, église de Nuestra Señora del Sufragio, Buenos Aires.
Portraits de Carlos Mejía Restrepo, Ramón et Jorge Echavarría et Luis Uribe VIl, fondateurs à Medellín de la plus grande filature de Colombie, huiles sur toile, musée d'Antioquia, Medellin.