Né en 1733 à Venise, Giovanni Battista Gallicciolli y professa dans les écoles publiques les langues hébraïque et grecque. Profondément versé dans les langues orientales, il savait, indépendamment des précédentes, la syriaque, la chaldaïque, la latine, et de plus la française, l’anglaise ; nous n’avons pas besoin de dire qu’il écrivait celle de sa nation avec autant de pureté que d’élégance.
Son amour pour les langues anciennes avait été excité par son désir ardent de connaître l’antiquité, tant profane que sacrée. Loin d’être avare du savoir qu’il avait acquis, son plus grand plaisir était de le communiquer à ses disciples ; et ceux-ci à qui, par sa manière surtout de leur en faire part, il avait inspiré une sorte de passion pour les connaissances immenses dont son esprit était orné, le suivaient jusque dans les rues de Venise, où il continuait, en quelque sorte, les leçons de sa chaire. C’était pour lui la plus douce des jouissances de satisfaire en tout lieu et dans toutes les occasions un aussi louable empressement.
Simple dans ses mœurs, modeste dans l’expansion de ses connaissances, comme dans son habillement et ses manières, on eût pris cet humble abbé pour le prêtre le plus ordinaire : il était d’ailleurs si prodigue envers les pauvres, que, malgré la fortune dont il jouissait, on le trouva dépourvu de tout à sa mort ; et l’on découvrit alors qu’il y avait plusieurs familles qui ne vivaient que de ses bienfaits.