Goémons
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| Réalisation | Yannick Bellon |
|---|---|
| Pays de production |
|
| Genre | Documentaire |
| Durée | 24 minutes |
| Sortie | 1949 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Goémons est un film documentaire français réalisé par Yannick Bellon, réalisé entre 1946 et 1948, tourné sur l’île de Béniguet, dans l’archipel de Molène.
En 1946, la réalisatrice et André Bureau, un camarade de classe de l'IDHEC, débarquent pour un repérage sur cette île longue de deux kilomètres et qui ne compte qu’une seule maison, une ferme habitée par le patron, sa famille et les goémoniers. Parmi eux, « Dédé » », le charretier du groupe, avec qui Yannick va nouer des liens d'amitié. Il lui sert de guide, l’introduit auprès de ses camarades, lui apprend les us et les coutumes du lieu. Sur place, la cinéaste découvre la dure vie de ces travailleurs. Rien n’a changé depuis près de vingt ans, comme à l'époque du tournage de Finis Terrae (1929) de Jean Epstein sur l'île de Bannec.
André Bureau abandonne le projet, trop occupé ailleurs. Yannick Bellon demande l’aide à son ami André Dumaître, et ils tournent (en muet) les rushes lors de cinq allers-retours entre 1946 et 1948. Ils dépeignent le contraste entre la beauté des paysages et l'atmosphère oppressante de l’île. Le soir, tandis que les patrons s’endorment dans des draps blancs, les autres - cinéastes et travailleurs - montent au grenier et se couchent, « sur des grabats de paille et de goémon ».
Par l’intermédiaire de Georges Rouquier, le réalisateur de Farrebique, Yannick Bellon rencontre Étienne Lallier, qui accepte de produire le film. Elle écrit le commentaire, qui sera dit par Michel Vitold. Le film subjugue Henri Langlois lors d’une projection donnée en privé à la Cinémathèque française. Goémons obtient un visa d’exploitation mais il est interdit de diffusion à l’étranger : il dévoile au grand jour les dures conditions de travail de la classe ouvrière française. Étienne Lallier réussit toutefois à contourner la censure et envoie le film à la Biennale de Venise ; primé, les restrictions à l’exportation sont levées.
En 1953, Béniguet est vidée de ses habitants pour être transformée en réserve naturelle[1].
- Réalisation : Yannick Bellon
- Directeur de la photographie : André Dumaître
- Musique : Guy Bernard sous la direction d'André Girard
- Collaboration technique: André Bureau, William Novik.
- Montage : Myriam
- Production : Étienne Lallier
- Directeur de production : Claude Hauser
- Distribution : (1949) L.P.C.
- Distribution (2024): les films de l'équinoxe
- Commentaire : Michel Vitold
- Interprètes : Les habitants de l’île de Béniguet
- Sauvegarde-restauration : Archives françaises du Film/CNC (1999)
- Lieu de tournage : Île de Béniguet (Finistère)
- Distinction : Grand Prix International du Documentaire, Venise 1948.
- Durée : 20 minutes (600 mètres)
- Date de sortie : 1949
- Visa CNC : 7956
Notes
Yannick Bellon avait conservé les chutes et coupes de son film. Un montage d’images inédites du film réalisé par la Direction du Patrimoine cinématographique du CNC a été réalisé en 2018, et présenté au Festival International Jean Rouch la même année[2]. Dans les années 1980, le négatif monté de Goémons a brûlé dans l’incendie du laboratoire qui le stockait. Un élément intermédiaire et les chutes du film avaient été déposés au CNC, ce qui a permis, à l’occasion des 70 ans du film, un montage de ces plans pour témoigner de cette épopée humaine et cinématographique[3].
Goémons a été restauré et numérisé en 2018 par le laboratoire Hiventy par les films de l'équinoxe, avec le soutien du CNC[4].
Critiques
Pour Robert Pilati de L'Écran français, « Goémons, de Yannick Bellon, qui nous a valu le Prix international du Documentaire, a bien des mérites. Tourné avec des moyens de fortune par une équipe de jeunes qui comprenait outre Yannick Bellon, l'opérateur André Dumaître, ce court-métrage, conçu dans l'esprit de farrebique, est en même temps qu'un documentaire parfait d'authenticité sur les ramasseurs de varech de l'île de Béniguet, un poème dont le rythme harmonieux met en valeur les très belles images. Guy Bernard, qui en a écrit la musique, prouve une fois de plus qu'il est l'un de nos plus intelligents musiciens de film »[5]
André Libault dans la revue Annales de géographie déclare « Les admirables images, les attitudes d'une si rude vérité des acteurs improvisés savent faire sentir autant que montrer toute l'âpreté de ce labeur exceptionnel certes, mais qui s'inscrit si exactement dans le cadre des durs efforts qu'impose la mer à ceux qui doivent tirer d'elle son existence »[6].
Guy Allombert de la revue image et son indique que « Le film, qui fait constamment penser au Bunuel de Terre sans pain, fût primé à Marianské-Lasné et à Venise en 1948. C'est une œuvre importante du cinéma français »[7].