Place du Grand Sablon
place au Sablon, Pentagone, Bruxelles, Belgique
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La place du Grand Sablon (en néerlandais : Grote Zavelplein) ou simplement le Grand Sablon (en néerlandais : Grote Zavel) est une place de Bruxelles, capitale de la Belgique.
| Place du Grand Sablon | |
La place du Grand Sablon et sa tour (au fond). | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 50° 50′ 27″ nord, 4° 21′ 18″ est |
| Pays | |
| Région | |
| Ville | |
| Début | Rue de la Régence Rue Lebeau Rue Bodenbroek Rue des Minimes Rue de la Paille Rue Joseph Stevens Rue Coppens Ernest Allard Sainte Anne Bodenbroek Petite rue des Minimes Impasse Saint Jacques |
| Morphologie | |
| Type | Place |
| Histoire | |
| Monuments | Fontaine de Minerve |
| modifier |
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Situation et accès
Cette voie de la région de Bruxelles-Capitale située sur le territoire du Pentagone de la ville de Bruxelles, en plein cœur du quartier du Sablon, est le point de convergence des rues de la Régence, Lebeau, Bodenbroek, des Minimes, de la Paille, Joseph Stevens et Coppens, Ernest Allard, Sainte Anne, Bodenbroek,de la petite rue des Minimes et de l'impasse Saint Jacques.
Située au nord-ouest de l'église Notre-Dame du Sablon, la « place du Grand Sablon » forme un vaste quadrilatère irrégulier, long de 150 mètres, mais large seulement de 30 mètres à l'ouest et de 40 mètres à l'est. Lorsque les Bruxellois parlent du Grand Sablon, ils omettent généralement l'adjectif ; par contre la précision est d'usage pour désigner le Petit Sablon[1].
Origine du nom
Au Moyen Âge, le quartier du Sablon, et donc la place, occupait l'emplacement des prairies marécageuses et sablonneuses situées juste au sud et à l'extérieur de la première enceinte urbaine et par opposition et à cause de la proximité de la place du Petit Sablon[2],[3].
Historique



Le « Grand Sablon » communiquait jadis avec le Petit Sablon par la rue Bodenbroek et la rue des Sablons.
Ces deux rues ont été amputées d'une partie de leur tracé par le percement de la rue de la Régence, qui a accentué la rupture entre les deux Sablons.
Au XIIIe siècle, le Grand Sablon était une prairie marécageuse et sablonneuse, qui se trouvait à l'extérieur de la première enceinte de Bruxelles.
Au XVIe siècle, cette place s'appelait « Forum Equorum » en latin ou « Peerdemerct » en néerlandais, (c'est-à-dire « Marché aux Chevaux »), à cause du marché aux chevaux qui s'y tint de 1320 à 1754[4].
Le nom « Sablon » est cependant plus ancien. Au XIVe siècle, on l'appelait « Zavelpoel » (c'est-à-dire « bassin du Sablon » en néerlandais), à cause du bassin[5] qui en occupait le centre et qui ne disparut qu'en 1615.
Après le comblement de ce bassin, on érigea une fontaine à son emplacement en 1661. L'eau qui l'alimentait, fut amenée par une nouvelle conduite de Obbrussel[6]. Elle fut remplacée en 1754 par la fontaine de Minerve, restaurée en 1999[7], qui est un don posthume de Thomas Bruce, comte d'Ailesbury[8], un exilé anglais souhaitant témoigner sa reconnaissance à Bruxelles pour son hospitalité.
La « place du Grand Sablon » fut souvent le théâtre de fêtes et de concours, mais aussi d'événements tragiques[9].
Elle fut le lieu d'une exécution massive le , lorsque dix-huit signataires de la pétition du Compromis des Nobles y furent décapités[10].
Quelques toiles célèbres nous laissent entrevoir ce que furent les grandes heures du Sablon au XVIIe siècle sous les archiducs Albert et Isabelle, qu'il s'agisse de la série consacrée par Denys van Alsloot à l'Ommegang de 1615, ou encore des tableaux d'Antoon Sallaert : Les archiducs Albert et Isabelle assistant à la procession des pucelles au Sablon et L'infante Isabelle abattant l'oiseau au tir du Grand Serment, le au Sablon à Bruxelles. Ces deux derniers tableaux sont liés : l'infante, proclamée « reine » du Serment après avoir abattu le papegay au sommet de l'église Notre-Dame du Sablon, reçut du magistrat de Bruxelles une somme de 25 000 florins, dont elle consacra le revenu à une rente destinée à six jeunes filles pauvres, qui participeraient à la procession autour du Sablon constituant le sujet du deuxième tableau.
Du XIXe au XXe siècle, le « Grand Sablon » fut le haut lieu d'un sport, dont on a peine à imaginer aujourd'hui la popularité en ces lieux, la balle pelote. Les souverains belges venaient souvent assister aux concours jusque dans les années 1950. Le roi Léopold II, y venait, disait-il, « en voisin de quartier »[11].
Le bas de la place connut d'importantes modifications à la fin du XIXe siècle.
Elle ne communiquait avec la rue des Minimes que par la petite rue des Minimes et la rue du Coq-d'Inde[12].
En 1884-88, la rue des Minimes fut élargie et prolongée en ligne droite vers la place, entraînant la disparition de la rue du Coq-d'Inde et de plusieurs maisons du bas de la place.
Le Sablon ne communiquait jadis avec le bas de la ville que par la rue de Rollebeek. Pour améliorer ces communications, on perça en 1894 la rue Joseph Stevens, créant par la même occasion une perspective vers l'église Notre-Dame de la Chapelle. Le percement de la rue Lebeau en 1893 participait de la même intention.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
- Fontaine de Minerve[13]
- No 4 : maison de style Louis XIV,datée « 1728 » à la frise, inscrite sur la liste de sauvegarde depuis le 19 février 1998. Son noyau est sans doute plus ancien[14].
- No 5 : Ancien Hôtel du Chastel de la Howarderie, construit en style classique vers 1785, classé depuis le 10 janvier 2002. Le bâtiment se déploie en L autour d'une cour intérieure. Deux travées ont été ajoutées à la façade en 1857. Il possède une belle décoration intérieure de style Louis XVI, dont la cage d'escalier comporte un décor en stuc et un escalier hélicoïdal. Dans la cour se trouvent des écuries, une orangerie et deux petites maisons à pignon en gradins du XVIIe siècle, dont l'une possède encore un plafond de style baroque[15].
- No 15-16 : maison Den Gulden Baert du XVIIe siècle, classé depuis le 08 août 1988, possède un pignon baroque[16].
- No 38 : maison sous pignon à gradins du XVIe siècle dont le pignon a disparu au XIXe siècle. En 1957, elle fut rehaussée d'un étage et surmontée d'un nouveau pignon. Elle est classée depuis le 17 novembre 2005[17].
- No 39 : maison sous pignon à gradins du XVIIe siècle dont le pignon a disparu au XIXe siècle. En 1954, elle fut rehaussée d'un étage et surmontée d'un nouveau pignon avec un millésime fictif de 1667. Elle est classée depuis le 17 novembre 2005[18].
- No 43 : Reste d'un hôtel de maître du XVIe siècle. Des cinq travées d'origine il n'en subsiste que deux, les trois autres ayant été détruites lors de la prolongation de la rue des Minimes. Le rez-de-chaussée possède encore deux arcs en anse de panier, dans un style gothique finissant. Il est classé depuis le 17 novembre 2005[19].
- No 49 : maison à pignon à gradins porte des ancrages qui la feraient remonter à l'année 1567. C'était jadis un café bien connu appelé Les bons enfants. Elle est classée depuis le 17 novembre 2005[20].
- No 4 : maison Louis XIV, datée « 1728 ».
- N° 5 : maison en style classique bâtie vers 1785.
- No 5 : cage d'escalier.
- No 5 : maison à pignon à gradins du XVIIe siècle dans la cour intérieure.
- No 15-16 : maison du XVIIe siècle à pignon baroque.
- No 43 : rez-de-chaussée avec deux arcs en anse de panier.
- No 49 : maison à pignon à gradins millésimée « 1567 ».
Activités

Le Grand Sablon constitue tout à la fois un vrai quartier avec ses habitants et ses petits commerces, un lieu de promenade pour les badauds et une attraction pour les touristes.
Le samedi et le dimanche s'y tient le Marché des Antiquités et du Livre. Tout autour de la place nombre de magasins d'antiquités, de boutiques de couturiers, de joailliers (Maison Holemans), de restaurants, d'hôtels, un hôtel des ventes et plusieurs pâtissiers et chocolatiers belges connus (Neuhaus, Pierre Marcolini, Godiva) animent le quartier.
À l'instar de nombreuses places bruxelloises, la place du Sablon a été transformée en parking. Un projet est à l'étude pour en réaménager l'espace.
La place est chaque année le point de départ du cortège de l'Ommegang et le , de celui de la Saint-Verhaegen, fête de la fondation de l'université libre de Bruxelles.