Grand orgue de l'église Saint-Eustache

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Région historiqueIle-de-France
CommuneParis I
ÉdificeÉglise Saint-Eustache
Grand orgue de l'église Saint-Eustache
Buffet du grand orgue de l'église Saint-Eustache.
Buffet du grand orgue de l'église Saint-Eustache.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région historique Ile-de-France
Commune Paris I
Édifice Église Saint-Eustache
Latitude
Longitude
48° 51′ 48″ nord, 2° 20′ 42″ est
Facteurs
Construction
Reconstruction 1989 par van den Heuvel
Caractéristiques
Jeux 101
Claviers 5 (61 notes) et pédalier (32 notes)
Tuyaux ~8000
Rangs 147
Transmission Mécanique Barker
Tirage des jeux Électrique

Le grand orgue de l'église Saint-Eustache est l'orgue situé en tribune en fond de nef, à l'intérieur de l'église Saint- Eustache, dans le premier arrondissement de Paris. Il est l'œuvre du facteur d'orgue néerlandais van den Heuvel en 1989 sur un buffet de 1854.

Il est l'un des deux orgues de l'église, l'autre étant dans le chœur.

Description

L'église possède un orgue depuis le XVIe siècle, mais on ne dispose que de très peu d'informations sur sa composition d'origine. L'église avait été pourvue d'un orgue avant 1582, date à laquelle Mathieu de la Croix, son premier titulaire, fut inhumé « à l'un des côtés où se célèbre la messe de onze heures ». Son facteur était Antoine Josseline. Mathieu de la Croix fut le parrain en 1572 de Pierre Chabanceau de la Barre, futur organiste du roi. Le père de l'enfant, également prénommé Pierre, prit la succession de Mathieu de la Croix pour peu de temps. Ce fut ensuite au tour de Charles Saucié vers 1620 environ[1].

L'orgue de facture classique de Saint-Germain-des-Prés lui est ensuite attribué (XVIIIe siècle ?).

Remanié en 1844 sous l'égide de Charles Spackmann Barker alors contremaître de la manufacture Daublaine & Callinet, il est accidentellement détruit par le feu, peu de temps après son inauguration, par Barker lui-même lors d'un accord le . Il est reconstruit de 1849 à 1854 par le même Barker aidé de Charles Verschneider, pour le compte de Pierre Alexandre Ducroquet qui venait de racheter la maison Daublaine & Callinet[2]. Dès l'année suivante, Hector Berlioz y dirige la première exécution de son Te Deum et en 1866, Franz Liszt y fait jouer sa Messe de Gran[3].

L'instrument, ayant beaucoup souffert des évènements de la Commune, est reconstruit en 1879 par Joseph Merklin, puis modifié à la demande de l'organiste Joseph Bonnet dans les années 1920 et 1930 par le facteur d'orgues Victor Gonzalez.

Le grand orgue de Saint-Eustache a été reconstruit presque intégralement par le facteur néerlandais van den Heuvel en 1989, à l'exception du buffet signé Victor Baltard (1854) qui est d'origine et de quelques jeux, dont les grands tuyaux de la montre qui datent de 1854.

Elles firent même l'objet d'une visite exceptionnelle de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, après leur inauguration par Jacques Chirac, alors maire de Paris.

En nombre de jeux (101 V/P), il est le cinquième plus grand orgue de France, derrière celui de la cathédrale Notre-Dame de Paris (115 V/P), celui de l'église Saint-Vincent-de-Paul de Marseille (105 V/P)[réf. nécessaire], celui de la basilique cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille (104 IV/P) et celui de l'église Saint-Sulpice de Paris (102 V/P)[4]. Mais en dimensions et nombre de tuyaux, il est le premier, devant ces quatre mêmes orgues.

L'orgue fait 10 mètres de large pour 18 mètres de haut. Depuis 1989, l'orgue possède deux consoles : l'une, à traction mécanique avec machines Barker, se trouvant en tribune, l'une autre à traction électrique, se trouvant trouve dans la nef et mobile. Les consoles sont toutes deux composées de 5 claviers de 61 notes et un pédalier de 32 notes.

Parmi les caractéristiques rares de cet instrument, on remarque :

  • le grand plein-jeu basé sur le 32 pieds du grand orgue ;
  • les séries harmoniques allant jusqu'à la neuvième : en 32 pieds à la pédale (théorbe : 4 4/7, 3 5/9), en 16 pieds au grand-chœur, en 8 pieds au solo (harmoniques : 1 1/3, 1 1/7, 8/9), et jusqu'à la septième, en 8 pieds, au positif ;
  • le plein jeu harmonique 2-8 du grand-chœur ;
  • la batterie d'anches basée sur le 32 pieds au récit ;
  • l'ensemble de tubas 16, 8, 4, coudés vers la nef, au grand-chœur ;
  • les cinq rangs de chamades au solo, alimentés par de l'air à pressions croissantes (6 pressions différentes) ;
  • et aussi, parmi les couleurs exceptionnelles, la série de flûtes harmoniques (8, 4, 2 2/3, 2, 1 3/5, 1) au solo, qui est une innovation de Jean Guillou déjà introduite par lui-même avec grand succès dans les orgues du Chant d'Oiseau à Bruxelles et de la Tonhalle à Zurich.

C'est également Jean Guillou qui a eu l'idée d'ajouter la sesquialtera au grand-orgue : ce jeu apporte de nombreuses possibilités à la fois solistiques et en combinaison avec les mixtures.

La contre-bombarde 32 n'était pas prévue dans le devis, mais, considérant que le trombone 32 existant (avec ses résonateurs en bois de taille assez modeste) n'était pas suffisant pour un orgue de cette ampleur, les frères Van den Heuvel ont offert cette contre-bombarde 32 à la ville de Paris. L'orgue de Saint-Eustache se trouve ainsi être le seul orgue de France disposant de trois jeux d'anches de 32 pieds.

Composition de l’orgue

Titulaires de l'instrument

Notes et références

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