En 1328, le comte de Valois devient le roi Philippe VI et Sainte-Maure profite de son ascension en devenant Maître des requêtes. Il est à ce titre l'un des plus proches collaborateurs du chancelier Macé Ferrand. Il commande plusieurs chartes et s'affirme comme le principal maître des requêtes de la cour. Il se rend en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle pour le compte du roi, puis dirige une mission diplomatique envoyée auprès du roi d'AragonAlphonse IV.
Chancelier et principal ministre
En 1329, Sainte-Maure est nommé chancelier de France à la suite de la mort de Macé Ferrand. Lors des dix-huit premiers mois de son cancellariat, il n'exerce pas un rôle important au sein du gouvernement royal.
Personnage peu scrupuleux et avide, il cumule les prébendes, obtenant ainsi en parallèle la trésorerie de Laon et le doyenné de Saint-Martin de Tours. Pour entretenir sa clientèle, il n'hésite pas à recourir aux pourboires. La fortune qu'il laisse à son décès apparaît très importante et les soupçons de prévarication qui pèse sur sa personne sont nombreux. Le chancelier refuse toutefois en 1331 l'évêché de Noyon, après n'avoir pu obtenir de Jean XXII le siège archiépiscopal de Rouen.
Quant à sa gestion de la chancellerie, elle apparaît très critiquable d'après les travaux de R-H Bautier, qui note une dégradation de la régularité des enregistrements, qui était très scrupuleuse sous Macé Ferrand.
Le chancelier Sainte-Maure joue aussi un grand rôle diplomatique et conclut ainsi en 1331 des accords de paix avec l'Angleterre. Il négocie également une alliance avec le duché de Brabant, accord qui manque de mener à une guerre avec le comté de Flandre en .
Alors que sa situation politique commence à se fragiliser, il meurt opportunément en . Miles de Noyers lui succède comme conseiller principal.
Sources
Georges Tessier, « Les Chanceliers de Philippe VI », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (volume 101, no4), p.356-373, 1957 [lire en ligne]
Raymond Cazelles, La Société politique et la crise de la royauté sous Philippe de Valois, Paris, D'Argences, coll.«Bibliothèque elzévirienne. Nouvelle série. Études et documents», , 495p.
Robert-Henri Bautier, « Recherches sur la chancellerie royale au temps de Philippe VI », Bibliothèque de l'école des chartes, 964, n° 1, pp. 89-176 [lire en ligne] et 1965, n° 2, pp. 313-459. [lire en ligne]