Hautot-l'Auvray

From Wikipedia, the free encyclopedia

Hautot-l'Auvray
Hautot-l'Auvray
La mairie.
Blason de Hautot-l'Auvray
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Intercommunalité Communauté de communes de la Côte d'Albâtre
Maire
Mandat
Didier Peulvey
2026 - 2032
Code postal 76450
Code commune 76346
Démographie
Gentilé Hautotais, Hautotaises
Population
municipale
305 hab. (2023 en évolution de −7,29 % par rapport à 2017)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 45′ 42″ nord, 0° 45′ 07″ est
Altitude Min. 77 m
Max. 135 m
Superficie 7,33 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Saint-Valery-en-Caux
Législatives Dixième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Hautot-l'Auvray
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Hautot-l'Auvray
Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime
Voir sur la carte topographique de la Seine-Maritime
Hautot-l'Auvray
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Voir sur la carte administrative de Normandie
Hautot-l'Auvray

Hautot-l'Auvray est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en région Normandie.

Localisation

Les communes limitrophes sont Anglesqueville-la-Bras-Long, Doudeville, Drosay, Fultot, Saint-Vaast-Dieppedalle et Sainte-Colombe.

Le village d'Hautot-l'Auvray se trouve sur le plateau du pays de Caux et à 13 kilomètres de la Côte d'Albâtre. Le pays de Caux est un plateau de craie à la surface ondulée et découpée par des valleuses plus ou moins échancrées. Le limon fertile recouvre une grande partie de ce plateau, mais il subit l'érosion éolienne. Les paysages sont d'aspect tabulaire et marqués par l'openfield (champs ouverts) nécessité par la mécanisation agricole. La spécificité du pays de Caux est le clos-masure (ou cour-masure) qui est un espace entouré de haies vives servant de rideau brise-vent. Les arbres sont plantés sur un talus et sont en général des hêtres ou des chênes ou, de nos jours, le peuplier utilisé pour sa rapide croissance. Abritée par cette haie qui crée un micro-climat, une cour complantée de pommiers permet la production du cidre et la protection du jeune bétail. On trouve aussi les bâtiments d'exploitation et d'habitation (ferme). L'évolution des modes de vie conduit à un arrachage ou un manque d'entretien des haies, ce qui accélère l'érosion des sols. Ayant un rôle de brise-vent, les talus plantés également freinent en effet l'écoulement des eaux de pluie. Avec la croissance démographique du XVIIIe siècle, les cours-masures ont fini par former des hameaux, eux-mêmes entourés de haies. Le paysage du pays de Caux ne doit pas être confondu avec le bocage de Basse-Normandie.

Le littoral est constitué de falaises de craie plus ou moins hautes. Les plus célèbres sont celles d'Étretat. Leur couleur blanche explique la désignation « Côte d'Albâtre » pour cette partie de la Normandie. Cette falaise recule plus ou moins rapidement en fonction de l'érosion marine. Les plages sont tapissées de galets, détachés de la falaise et polis par la mer. Ces galets ont néanmoins tendance à migrer et le sable peut affleurer à certains endroits.

Le climat du pays de Caux est océanique : les hivers y sont relativement doux et les étés relativement frais. Les vents dominants viennent de l'ouest ou du sud-ouest. Les tempêtes d'automne ne sont pas rares.

En plus du bourg, il y a trois hameaux : les Heunières, les Autels et le Nouveau Monde (autrefois les Bruyères).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[1],[Carte 1]. Néanmoins un plan d'eau est présent sur le territoire communal : la mare aux Moutons (0,03 ha)[Carte 1],[2].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique d'Hautot-l'Auvray[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5] et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[6]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 937 mm, avec 13,5 jours de précipitations en janvier et 8,6 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ectot-lès-Baons à 14 km à vol d'oiseau[9], est de 10,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 905,5 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −15,9 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Hautot-l'Auvray est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13] et hors attraction des villes[14],[15].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (91,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,4 %), zones agricoles hétérogènes (12,3 %), forêts (8,6 %), prairies (6,7 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

La première mention connue, sous la forme hotot date de 1060 dans le cartulaire de Jumièges (C. folio 12 v°) et, en 1218, on trouve celle de l'Auvéré[17].

C'est une des cinq communes de Seine-Maritime portant ce nom, mais il existe aussi des hameaux et des lieux-dits le portant. De même, dans le Calvados, Hotot-en-Auge, Hottot-les-Bagues, etc. Tous contiennent tot issu de l'élément norrois bien connu toft signifiant « domaine rural, village » et l'élément vieil-anglais hoh « pente, hauteur, élévation » datant de la même époque, attesté également dans certains toponymes en -hou, la signification serait « domaine sur une pente »[17]

Il correspond au toponyme anglais Huttoft du Lincolnshire[17]. Quant au qualificatif -l'Auvray, il dérive du nom du seigneur local Alvred(us) d'origine anglo-saxonne devenu le nom de famille Auvray[17], toujours porté en Normandie, même nom qu'Alfred.

Histoire

La paroisse de Hautot-l'Auvray avant la Révolution, était du doyenné de Canville-les-Deux-Eglises, de l’archidiaconé du Petit Caux, du Parlement, de la Chambre des Comptes et de la Cour des Actes de Rouen, du bailliage de Caux, de la vicomté de Cany, de la généralité de Rouen et de l’élection de Caudebec.

Le patron d’Hautot-l’Auvray est saint Martin, évêque de Tours.

Dès le XIIe siècle, c’était l’abbaye de Jumièges qui présentait à la cure. Dans une bulle de l’an 1147, le pape Eugène III confirme à l’abbaye de Jumièges la possession de l’église de Hautot.

Voici ce que nous trouvons dans le pouillé d’Eudes Rigaud : « Ecclesia hotot Alverici. Abbas Gemmeticensis patronus. Valet viginti quinque librae. Parochiani nonaginti Stephanus presbiter, Presentatus a dominus abbate, receptus ab Archiepiscopo Theobaldus (Thibaud d’Amiens)”.

L’abbé de Jumièges déclare dans un aveu que son monastère a le droit de présenter à la cure à cause d’un fief situé dans l’étendue de la paroisse. L’abbaye céda dans la suite aux célestins de Rouen le patronage, les dîmes, les oblations et les autres revenus qu’elle avait à Hautot-l’Auvray à condition d’une rente de trente sous par an et à condition aussi que les célestins seraient tenus à fournir la pension canonique du vicaire perpétuel. Le contrat fut confirmé par l’archevêque de Rouen le .

Dans le pouillé des bénéfices du diocèse de Rouen imprimé en 1738, la cure de Hautot à la présentation des célestins de Rouen valait huit cents livres et la paroisse avait cent feux.

À part l'agrandissement de la chapelle des Autels en 1648, on sait peu de choses sur l'histoire d'Hautot.

À la Révolution, les Lestandart, seigneurs d'Hautot, émigrent, le curé Brasdefer jure fidélité à la Constitution civile du Clergé et devient le premier officier d'état civil. La chapelle des Autels est vendue comme bien national. En , il y a une certaine émotion, on bat le tambour et un bourrelier est arrêté sans que l'on en connaisse la raison ni son devenir.

La population après avoir dépassé le millier d'habitants est descendue régulièrement et des hameaux ont disparu : le Petit Bout incorporé au Nouveau Monde, la Valette et le Frébois partagé avec Saint-Vaast-Dieppedalle.

Les seigneurs d'Hautot l'Auvray

Selon les abbés Bunel et Tougard[18], en 1095, le seigneur d'Hautot aurait participé à la première croisade sans que l'on ait plus de renseignement à ce sujet. Le nom même du village Hotot Alveridi ou Hotot d'Alveredus ( Alfred) donne le nom d'un des premiers propriétaires de cette terre. Mais nous ne savons pas à quelle source ont été puisés ces renseignements.

En 1171, Richard de Canville "fait don de la tierce partie des dîmes de Hautot-l'Auvray dont ses auteurs (parents) avaient déjà donné les deux parts[19]. Les archives de l'abbaye de Jumièges parlent de cette terre d'aumône comme « seigneurie d'Hautot l'Auvray ».

Bien que l'on trouve ponctuellement un Jacques de Civille (mort en 1637) comme seigneur, entre autres, d'Hautot l'Auvray[20], du XVe siècle au XVIe, c'est la famille Pevrel[21] qui est donnée comme tenant la terre d'Hautot. Elle dépend de la « sergenterie de Cany, chatellenye de Canyel »[22]. L'aventure commence avec l'arrivée pendant la guerre de Cent Ans de

Jean I Pewrell qui s'installe en Normandie. Ses deux fils combattent dans les camps adverses : Guillaume pour le roi de France Charles VII. Sa descendance, s'il en a eu une, n'est pas connue. Il est tué au siège d'Harfleur.

et Jean II pour le roi Henri V. Il en est récompensé en 1448 par le fief de Varengeville. Il épouse Thomasse de Tournebu qui lui donne deux fils :

Jean III et Guillaume, ils sont coseigneurs d'Hautot l'Auvray, de Bémécourt, Varengeville par leur père et du fait de la succession de Jean de Tournebu leur grand-père. C'est la première mention d'Hautot pour les Pevrel. Le fils de Jean III :

Robert de Pevrel, tué au siège de Gerberoy, est écuyer, seigneur d'Offranville, Chandolan, et Bémécourt. Il épouse en 1456 (ou 1451) Raouline de Caux, dame de Montérolier, Hautot l'Auvray, Mesnil-Durdent et Saint Denis de Vassonville. De leur union :

Guillaume, chevalier, sire de Montérolier et de Bémécourt « avoue » en 1503 le fief de Grouchy, le fief de Mesnil(-Durdent) et 2/8 de fief à Hautot-l'Auvray.

La suite varie selon les textes mais on retrouve les 2/8 de fief d'Hautot. Il apparaît un Anne de Pevrel qui est soit le petit-fils de Guillaume, soit son frère. Quoi qu'il en soit, cet Anne de Pevrel épouse en 1547 Catherine-Charlotte de Fumechon. De cette union :

René puis leur petit-fils Louis dont la fille Françoise épouse en 1661.

François Arnois[23] ou Harnois, "capitaine général pour le Roy en sa côte du pays de Caux. Il est sieur de Blangues et d'Hautot.

François d'Arnois, leur fils, a une fille Marie qui épouse en 1722.

François Alexandre de Banastre de Parfondeval né en 1695. Leur fille Marie Françoise de Banastre[24] épouse en 1747.

Charles Antoine de Lestandart (1716-1797).

Louis de Lestandart, leur fils, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, est nommé maire d'Hautot à la Restauration. En 1823, il est remplacé car il a vendu ses biens à « fonds perdus » et a quitté la commune[25].

Conclusion

Il reste, bien sûr, beaucoup de points obscurs : d'où vient cette partition en 2/8 ? De la donation en « terre d'aumône » de 1171 ou d'une succession en l'absence d'héritier mâle ? De même, cette arrivée d'un Civille laisse penser qu'il y avait un autre fief à Hautot mais le registre de 1503 n'en parle pas.

Blasonnement des familles rencontrées

Pevrel : D'or fretté de gueules, chargé en cœur d'un écu d'or chargé d'un lion issant de gueules[26].

Arnois : de gueules, au chevron d'argent, accompagné en pointe d'un heaume ou casque taré de front, fermé d'une grille du même.

Banastre : de gueules à la bande d'argent accompagnée de deux molettes du même.

L'Estandart : d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules, chargé sur l'épaule d'un écusson du premier à trois fasces du troisième.

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860   Delalande    
Les données manquantes sont à compléter.
1918   Henri Leborgne    
Les données manquantes sont à compléter.
1932 1971 Joseph Gabriel    
1971 mars 2001 Jean-Pierre Petit    
mars 2001 mars 2008 Guillaume Petit    
mars 2008 juillet 2020 Maurice Beaufils    
juillet 2020[27] en cours
(au 17 avril 2026)
Didier Peulvey    

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[29].

En 2023, la commune comptait 305 habitants[Note 3], en évolution de −7,29 % par rapport à 2017 (Seine-Maritime : +0,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1831 1836 1841 1846 1851 1856
7867157309269429309801 0401 049
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 031947943869763770715651639
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
625638503395394373420392344
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013 2018
319292308309339326323357319
2023 - - - - - - - -
305--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2006[31].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI