Henri d'Orléans (1933-2019)
prétendant orléaniste au trône de France
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Henri d'Orléans, né le au manoir d'Anjou à Woluwe-Saint-Pierre (Belgique) et mort le à Paris (8e arrondissement), est le prétendant orléaniste au trône de France de 1999 à 2019.
Titres
Prétendant au trône de France
(succession orléaniste)
–
(19 ans, 7 mois et 2 jours)
| Nom revendiqué | Henri VII |
|---|---|
| Prédécesseur | Henri d’Orléans, comte de Paris |
| Successeur | Jean d'Orléans, comte de Paris |
Dauphin de France
(succession orléaniste)
–
(58 ans, 9 mois et 25 jours)
| Prédécesseur | Henri d’Orléans, comte de Paris |
|---|---|
| Successeur | François d’Orléans, comte de Clermont |
| Grade militaire | Capitaine |
|---|---|
| Conflit | Guerre d'Algérie |
| Titulature |
Comte de Clermont Comte de Mortain Comte de Paris Duc de France |
|---|---|
| Dynastie | Maison d’Orléans |
| Nom de naissance | Henri Philippe Pierre Marie d’Orléans |
| Naissance |
Woluwe-Saint-Pierre (Belgique) |
| Décès |
(à 85 ans) Paris (France) |
| Sépulture | Chapelle royale de Dreux |
| Père | Henri d'Orléans, comte de Paris |
| Mère | Isabelle d'Orléans-Bragance |
| Conjoints |
Marie-Thérèse de Wurtemberg (1957-1984) Micaela Cousino (1984-2019) |
| Enfants |
Marie d'Orléans François d'Orléans, comte de Clermont, Blanche d'Orléans, Mademoiselle de Valois Jean d'Orléans, comte de Paris Eudes d'Orléans, duc d'Angoulême |
| Religion | catholicisme |
Signature
Il est connu, à la suite de son père, sous le titre de courtoisie de comte de Paris[a], et il s'est donné celui de duc de France, qu'il a créé pour rappeler celui de duc des Francs des premiers Robertiens, et d'Hugues Capet lui-même.
Il fut prétendant orléaniste au trône de France, du à sa mort, le , parfois appelé « Henri VII » par ses partisans, Henri d'Orléans était considéré par les orléanistes comme le chef de la Maison de France, du fait de sa position d'aîné des descendants en primogéniture mâle de Philippe de France (frère de Louis XIV, duc d'Anjou puis d'Orléans).
Biographie
Henri d'Orléans est l'aîné des fils d'Henri d'Orléans (1908-1999), qui portait lui aussi le titre de courtoisie de comte de Paris, et de son épouse Isabelle d'Orléans-Bragance.
Il se marie le avec la duchesse[b] Marie-Thérèse de Wurtemberg.
Études
Il a grandi à l’étranger, la loi d’exil de 1886 abrogée en 1950 interdisant à l'époque l’entrée du territoire français aux chefs des familles ayant régné en France et à leurs fils aînés (il n'était concerné qu'à partir de 1940, en tant que fils aîné du chef de la maison d'Orléans).
Bien que la loi d’exil n’ait été abolie qu’en 1950, Henri d’Orléans fut autorisé à séjourner sur le territoire français pour faire ses études au lycée Montaigne à Bordeaux dès 1947, par dérogation du président Vincent Auriol[1]. En 1953, il s’installe à Paris et poursuit durant quatre ans ses études en sciences politiques à l'institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1957)[2].
Carrière militaire
Quelques mois après son mariage, Henri d’Orléans est appelé pour son service militaire durant la guerre d'Algérie. Il est décoré pour faits d’armes à Aïn M'lila.
Puis il signe un contrat d'engagement volontaire pour faire carrière dans l'armée.
En 1959, il est chargé de mission au secrétariat général de la Défense nationale, par décision du général de Gaulle. En 1962, Henri d’Orléans est affecté au 5e Hussards en Allemagne.
Il suit une formation d'officier de réserve aux écoles militaires de Saumur[3] en 1963, à la suite de quoi il est affecté au 1er régiment étranger à Aubagne, de 1964 à 1966. Il sert de à au 1er REC, à Mers El Kebir (Algérie), après quoi il est affecté à la C.A.R no 1 de Rueil Malmaison.
En 1974, Henri d’Orléans quitte l'armée.
Carrière civile
Pour l'élection présidentielle de 2017, le comte de Paris appelle à voter pour le candidat Les Républicains, François Fillon[4].
Le [5], le comte de Paris saisit le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour « atteinte à la dignité humaine » et au nom « de tous les enfants handicapés » à propos de l'émission radio Les Grosses Têtes du au cours de laquelle des propos (proférés par Michèle Bernier et par Elie Semoun) qu'il considère comme « indignes » ont été tenus sur le handicap de son fils aîné, François, mort deux jours auparavant[6].
Mariages et descendance
Premier mariage
Le , en la chapelle Saint-Louis de Dreux, Henri d’Orléans épouse Marie-Thérèse de Wurtemberg (née en 1934). Selon lui, ce mariage aurait été « arrangé » dans un contexte de réconciliation franco-allemande, ce qu'infirmèrent toujours son défunt père et sa sœur Diane (épouse du « duc de Wurtemberg », frère de Marie-Thérèse)[7]. Le couple a cinq enfants (trois fils et deux filles)[8],[9] :
- Marie d'Orléans (née en 1959). Épouse en 1989 le prince Gundakar de Liechtenstein (né en 1949), d'où 5 enfants : Léopoldine, Maria-Immaculata, Johann-Wenzel, Marguerite et Gabriel ;
- François d'Orléans (1961-2017), titré par son père comte de Clermont en 1999, et dauphin de France en 2003 (François porte le prénom de son oncle paternel mort au combat lors de la guerre d’Algérie l’année précédant sa naissance), sans alliance ;
- Blanche d’Orléans (née à Ravensbourg le ), filleule de la princesse Élisabeth de Wurtemberg, sa tante maternelle. Elle est titrée par son père Mademoiselle de Valois le [10], sans alliance ;
- Jean d'Orléans (né en 1965), titré par son grand-père duc de Vendôme en 1987, puis par son père régent du dauphin en 2003 et dauphin de France en 2017[11]. Relève le titre de comte de Paris après la mort de son père, le . Épouse civilement le , à Paris, Philomena de Tornos y Steinhart (née en 1977) et religieusement le , à Senlis, d'où 6 enfants : Gaston, Antoinette, Louise-Marguerite, Joseph, Jacinthe et Alphonse ;
- Eudes d'Orléans (né en 1968), titré par son grand-père duc d’Angoulême en 1987. Épouse en , à Dreux, Marie-Liesse de Rohan-Chabot (née en 1969), d'où 2 enfants : Thérèse et Pierre.
François et Blanche ont été victimes pendant la grossesse de leur mère de la toxoplasmose, dont ils ont gardé de graves séquelles[10].
Ce mariage a été déclaré nul par l'Église catholique le [12]. Sur le plan civil, le comte et la comtesse de Clermont se sont séparés de corps par jugement du du tribunal de grande instance de Paris. Le même tribunal prononce leur divorce le [8],[13].
Deuxième mariage
Henri d’Orléans se remarie civilement à Bordeaux le avec Micaela Cousino (1938-2022), alors âgée de 46 ans, divorcée de Jean-Robert Bœuf (1934-2014, dont un fils : Alexis Bœuf, né en 1964), fille de Luis Maximiliano Cousiño[14] et d’Antonia Quiñones de León, 4e marquise de San Carlos. Il la rencontre le , grâce à un ami commun, l’écrivain André Couteaux.
Le premier mariage du prétendant, reconnu nul par Rome, un mariage religieux a lieu le , en l’église Saint-Jean-Baptiste de l'Uhabia, à Arcangues (Pyrénées-Atlantiques), petite ville du Pays basque où Micaela Cousino a passé une partie de son enfance[15].
Franc-maçonnerie
Dans les années 1980, Henri d'Orléans devient membre de la Grande Loge nationale française, avant d'assumer la charge de vénérable maître de la loge « Lys de France » no 1297, attachée à la province de Lutèce. Il quitte cette dernière en 2001, lorsqu'il devient le chef de la Maison d'Orléans[16]. Il est également un ancien grand officier de la Grande Loge de la marque de France[17].
Pour l'historien Roger Dachez, Henri d'Orléans est entré en maçonnerie pour deux raisons : « une quête spirituelle, des recherches mystiques » et une seconde raison, plus politique : « la volonté de rompre avec son père et un milieu royaliste, très à droite, très catholique et hostile à la franc-maçonnerie. [...] Il se sentait proche de Bertrand Renouvin, et sa Nouvelle Action royaliste, indiquant son inclinaison [sic] pour un royalisme compatible avec les droits de l'homme »[18].
Mort, funérailles et succession

Le matin du , jour du 226e anniversaire de la mort du roi Louis XVI, Henri d'Orléans meurt dans son appartement situé rue de Miromesnil à Paris, à l'âge de 85 ans, alors qu'il s'apprêtait à se rendre à une messe en la mémoire du défunt roi en l'Église Saint-Germain-l'Auxerrois[19]. Son décès est annoncé par son fils, Jean d’Orléans, via un communiqué publié dans la matinée. Ce dernier lui succède instantanément comme prétendant orléaniste au trône de France, et à 53 ans, devient le nouveau comte de Paris[20],[21]. Les obsèques du défunt comte de Paris ont lieu à Dreux le . Diverses personnalités y assistent, en plus de sa famille, telles la reine émérite Sophie d'Espagne, l'ancienne impératrice d'Iran Farah Pahlavi, le grand-duc Georges Romanov, les princes Emmanuel-Philibert de Savoie, Leka Zogu et Charles de Bourbon des Deux-Siciles, les archiducs Charles et Georges de Habsourg-Lorraine, le prince Albert II de Monaco, le journaliste Stéphane Bern, ou encore le prince héritier du Maroc[22].
Henri d'Orléans, comte de Paris, est inhumé en la Chapelle royale de Dreux, aux côtés de sa mère, Isabelle d'Orléans-Bragance, dans la crypte circulaire.
Armes, blasons devises
Henri d’Orléans fait usage des pleines armes de France (« d'azur à trois fleurs de lis d'or »), en tant que chef de la maison de France.
Titulature
Les titres de comte de Paris et de duc de France, portés par l'aîné des Orléans, ainsi que les autres titres portés par des cadets de la maison d’Orléans (attribués par l'aîné des Orléans) n’ont pas d’existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie.
| Indirecte | Son Altesse Royale |
|---|---|
| Directe | Votre Altesse Royale |
| Alternative | Monseigneur |
- - : Son Altesse Royale le prince Henri d’Orléans ;
- - : Son Altesse Royale le dauphin de France ;
- - : Son Altesse Royale le dauphin de France, comte de Clermont ;
- Le , son père Henri d’Orléans lui attribue le titre de comte de Clermont en référence au dernier fils de saint Louis, Robert de France, ancêtre de la branche capétienne de la maison de Bourbon, dont est issue au XVIIe siècle celle d’Orléans. La titulature devenait effective à l'instant du mariage[23],[1].
- - : Son Altesse Royale le comte de Mortain ;
- Le , en raison de son divorce, son père lui retire le titre de comte de Clermont pour lui donner celui de comte de Mortain, dont Henri d’Orléans n'a jamais fait usage.
- - : Son Altesse Royale le dauphin de France, comte de Clermont ;
- Par la suite son père le titre de nouveau comte de Clermont par lettre du , rendue publique le .
- - : Son Altesse Royale le comte de Paris, duc de France
- Depuis la mort de son père, les royalistes orléanistes le considèrent comme le chef de la maison d’Orléans, du fait de sa position d’aîné des descendants en primogéniture mâle de Philippe de France (1640-1701) (fils de France, frère puîné de Louis XIV). Il a alors pris le titre de courtoisie de comte de Paris (son père ayant émis le souhait que l'aîné des Orléans, comme chef de la maison de France, porte ce titre à l’avenir) auquel il a ajouté celui de duc de France.
Le tribunal administratif de Paris a jugé en qu'aucune autorité de la République française ne dispose du pouvoir d'attribuer, de reconnaître, confirmer ou vérifier le titre de prince attribué aux membres des familles ayant régné en France[24]. Toutefois, sur la carte d'identité d'Henri d'Orléans est noté dans la case patronyme : Prince d'Orléans, Comte de Paris[25].
Henri d’Orléans a adopté le titre de duc de France, inédit à l’époque moderne, à la mort de son père en 1999.
Querelles dynastiques françaises
Henri d’Orléans est contesté dans ses droits de successeur possible des rois de France et de Navarre par les légitimistes qui, tenant pour nulle la renonciation de Philippe V (ainsi qu'il la considérait lui-même), petit-fils de Louis XIV, extorquée par la Grande-Bretagne pour les traités d'Utrecht, et récusant le principe d'exclusion des princes devenus étrangers (et de leur descendance) dont excipent les orléanistes, considèrent que, selon les lois fondamentales de succession « de mâle en mâle par ordre de primogéniture » et d'indisponibilité de la Couronne, l'héritier légitime du trône de France en cas de rétablissement de la monarchie serait le chef de la maison de Bourbon, aîné des Capétiens.
S'impliquant davantage que ses prédécesseurs Orléans dans ces querelles, le comte de Paris laisse publier sur le site de son Institut de la maison royale de France (acception orléaniste de ladite maison) un article[26] du journaliste Nicolas Kayanakis (paru dans L'Action française 2000 pendant l'été de l'an 2000) mettant en cause la filiation agnatique capétienne de l'infant François de Paule de Bourbon (1794-1865) – fils du roi d'Espagne Charles IV, et par là même celle du duc d'Anjou, du roi d'Espagne et des ducs de Séville et de Santa Elena (es). Le marquis de la Floresta (en) (chroniqueur roi d'armes de Castille-et-León) réagit[27] à cette « insulte directe à Sa Majesté le roi d'Espagne », en qualifiant de « particulièrement abject » l'article de L'Action française 2000, et en affirmant que le secrétariat du comte de Paris aurait « envoyé le texte intégral de l'article à toutes les maisons royales européennes », « le convertissant en un manifeste public politico-dynastique ».
La même rumeur d'illégitimité a couru sur le compte de Henri d'Orléans (1908-1999), père de Henri d'Orléans (1933-2019). On en trouve trace sous la plume de Stéphane Bern dialoguant avec Diane d'Orléans : « le comte de Paris dont la rumeur publique ne cessait de dire qu'il était le fils du duc de Bernis. Une blague circulait : « Où est le duc de Bernis ? » « II court à sa Guise ! » répondait-on, car ma grand-mère, Mioul, portait le titre de duchesse de Guise. Ce genre d'histoires a toujours couru dans les familles royales et, si cela peut expliquer psychologiquement la fuite en avant de mon père (...) »[28] et d'Alfred Baudrillart : « Mme Le Tourneur d'Ison, royaliste, mais détachée de l'AF, ne craint pas de prétendre que l'AF tient le duc et la duchesse de Guise par la menace de dévoiler publiquement l'inconduite de la duchesse de Guise, si longtemps la maîtresse du comte de Bernis. »[29]
Relèvement du nom de Bourbon
Henri d'Orléans a demandé à substituer à son nom patronymique d'Orléans celui de de Bourbon, souhaitant s'attribuer le nom d'apanage du père du roi Henri IV. Cette requête a été rejetée le par le tribunal de grande instance de Paris[30], refus confirmé le par un arrêt de la 1re chambre de la Cour d'appel de Paris[30], arrêt entériné le par la Cour de cassation[30],[31].
Décorations
Décorations françaises officielles
Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire (nommé par décret du , décoré le )[32],[33],[34]
Croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze (décoré le ), en raison de ses actions et faits d’armes pendant la guerre d’Algérie[34],[35]
Croix du combattant[34]
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre (Afrique du Nord - 1952-1964) avec agrafe « ALGÉRIE »[34]
Ordres dynastiques français
En qualité de chef de la maison royale de France et prétendant au trône de France, les partisans d'Henri d'Orléans le considèrent grand maître des ordres dynastiques traditionnels[36]. Cette position est disputée par les partisans de Louis de Bourbon, chef de la maison de Bourbon et prétendant au trône de France[37].
Grand maître de l'ordre du Saint-Esprit (1999-2019) (disputé)
Grand maître de l'ordre de Saint-Michel (1999-2019) (disputé)
Grand maître de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (1999-2019) (disputé)
Ordres dynastiques étrangers
Bailli grand-croix de justice de l’ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges (maison de Bourbon-Siciles, )[38]
Grand-croix de l’ordre du prince Danilo Ier (maison de Monténégro, )[39],[38]
Grand-croix de l'ordre de la Couronne de Wurtemberg (maison de Wurtemberg, )[40],[38],[41]
Ascendance
Publications
- À mes fils, Éditions Albin Michel, 1989 (ISBN 978-2-226-03907-1)
- Adresse au futur chef de l’État, Éditions Denoël, 1994 (ISBN 978-2-207-24291-9)
- Désolé, Altesse, c’est mon jour de sortie, Éditions Michel Lafon, 1994 (ISBN 2-84098-023-1)
- La France survivra-t-elle à l'an 2000 ?, Éditions Godefroy de Bouillon, 1997 (ISBN 978-2-84191-052-6)
- Le passeur de miroir, Éditions Les Presses du Châtelet, 2000 (ISBN 2-84592-008-3)
- La France à bout de bras, Éditions Séguier, 2002 (ISBN 2-84049-323-3)
- L’histoire en héritage, Éditions Tallandier, 2003 (ISBN 978-2-84734-133-1)
- La Royauté de l'Homme, Presses du Châtelet, 2016 (ISBN 284592691X)
Filmographie
- Henri VII, Prince de France, Prince de l’Universel, film documentaire de Marc-Laurent Turpin, mesure-6 Films, 2009[42]
