Elle est la fille de Jean-Baptiste-Paulin d'Aguesseau de Fresne, comte de Compans et de Maligny et d'Anne-Louise-Françoise du Pré, dame de la Grange-Bleneau. Son père est successivement conseiller au Parlement, commissaire en la seconde Chambre des Requêtes du Palais, maître des Requêtes, conseiller d’État ordinaire, doyen du Conseil, et prévôt-maître des cérémonies de l’Ordre du Saint-Esprit. Sa mère meurt le lendemain de sa naissance, le [1].
Après le remariage de son père, elle est élevée par Mme d'Héricourt au couvent de la Visitation à Saint-Denis [2]. À l'âge de quatorze ans, elle termine son éducation aux côtés de sa belle-mère, Marie-Geneviève-Rosalie le Bret:
Elle préférait la lecture et le jardinage - à laquelle elle avait été initiée, dans le parc de Fresnes, par son grand-père le chancelier. Sa mort en 1750 lui fut un choc terrible. Elle avait adoré ce vieux monsieur courtois et attentionné[3].
Henriette-Anne-Louise d'Aguesseau en 1789
Après la mort de son grand-père, elle devient héritière de ses biens. Elle épouse Jean-Louis-Paul-François de Noailles le . Le mariage, célébré dans l'hôtel de Machault par Nicolas-Charles de Saulx-Tavannes, archevêque de Rouen[4], est arrangé par Adrien-Maurice, 3e duc de Noailles, qui avait travaillé avec le chancelier d'Aguesseau. Le couple, qui vit très peu ensemble, elle habitant à Paris, lui se trouvant soit à l'armée, soit à la Cour, a sept enfants:
Antoine-Paul-Louis de Noailles (1756-1757);
Anne-Jeanne-Baptiste-Pauline-Adrienne-Louise-Catherine-Dominique de Noailles (1758-1794), qui épouse en 1773 le vicomte Louis-Marc-Antoine de Noailles;
Françoise-Antoinette-Louise de Noailles (1763-1788), qui épouse en 1779 Marie-François-Scipion de Grimoard de Beauvoir du Roure, marquis du Roure (†1782), et se remarie en 1784 avec Jean-François Bérenger, comte de Thézan du Poujol (†1804), maître de camp de cavalerie;
Anne-Pauline-Dominique de Noailles (1766-1839), qui épouse en 1783 Joachim de Montagu-Beaune, marquis de Pouzols (†1834);
Angélique-Françoise d'Assise-Rosalie de Noailles (1767-1833), qui épouse en 1788 le marquis Théodule de Grammont;
Louis-Gabriel de Noailles (1768-1770).
Elle tient un salon à la résidence familiale à Paris, l'hôtel de Noailles, et est réputée pour sa piété[5].