Histoire de l'information
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Cet article traite de l'histoire de l'information. Elle concerne l'évolution des méthodes et des outils de collection, de vérification, de recoupement et enfin de publication des informations, ainsi que l'évolution de la représentation de ces activités. Les pratiques journalistiques ont fortement évolué en fonction des technologies de communication, en particulier avec l'invention de l'écriture, de l'imprimerie, du téléphone, de la radiophonie, de la télévision puis d'internet ainsi qu'en réaction à la censure qui leur a été opposée.
L'information a été au cours des siècles d'abord très subjective, le principe de protection des sources d'information des journalistes ne se faisant reconnaître que progressivement. On trouve[Qui ?] différentes sortes d'informations apparues au cours des siècles :
- L'Antiquité : l'invention de l'écriture marqua la première étape dans la diffusion de l'information à une échelle plus grande que le bouche-à-oreille. Cela permet la création des premières lois et théories Mathématiques.
- Époque moderne:
- Les faits divers : appelés "occasionnels" ou "canards sanglants", ils viennent des colporteurs du Moyen Âge qui racontaient les évènements importants dans les différents villages. Puis, au XVIe siècle, ils parlent de meurtres, de viols, d’accidents. Ils sont racontés sous la forme d’un récit. Ce sont des journaux de très mauvaise qualité qui cherchent à étonner et mettent surtout en scène des femmes.
- Les grandes décisions gouvernementales : En France, la Gazette est le premier journal à en diffuser, créée par un médecin, elle explique toutes les décisions du gouvernement. Il parle donc surtout de politique. C’est pourquoi toutes les informations vitales sont très contrôlées par le pouvoir, à l’époque Richelieu.
- Les libelles : Ce sont des journaux qui expriment les opinions politiques. Ils apparaissent à la révolution. Certains articles sont censurés.
- La presse plaisir : Elle apparaît en 1831. Elle est aussi appelée presse service. Son but est de faire plaisir aux gens. On y trouve des feuilletons. Ces journaux sont financés par la publicité et les petites annonces. Elle est donc peu chère et abordable pour quiconque. C’est la presse que nous présente Maupassant dans Bel Ami. Cette presse est corrompue et diffusée : il y a donc une mauvaise image de la presse depuis ce jour. De grands auteurs comme Balzac ou Dumas ont commencé dans ces journaux. Ils étaient payés à la ligne ce qui explique les grandes descriptions. Le premier journal est La presse et coûtait l’équivalent de 10 centimes d’euro.
- Le journalisme de reportage et de découvertes : Il apparaît à la fin du XIXe siècle. ex. : L’illustration. Il se développe avec la colonisation et les nouveaux moyens de transports qui permettent aux journalistes de partir toujours plus loin en reportage. Par exemple, le personnage de Rouletabille de Gaston Roux.
- Interview : Elles apparaissent avec la radio en 1920.
- Le journalisme engagé a pour figure Albert Londres, qui raconte la face cachée du monde. Il raconte, par exemple la vie douloureuse des gens au bagne ; pour écrire Chez les fous : il se fait enfermer dans un hôpital psychiatrique afin d’en comprendre le fonctionnement ; Les forçats de la route : est un article sur les cyclistes du tour de France. Ses reportages ont beaucoup de succès. C’est lui qui a fondé le journalisme reconnu et respecté. On trouve encore aujourd’hui un prix Albert-Londres décerné au meilleur journaliste de l’année.
- Le reportage photo : Ces reportages montrent des réalités. Par exemple Capa, un américain, fit beaucoup de reportages photo sur de grands événements historiques comme le débarquement durant la Seconde Guerre mondiale ou la guerre d’Espagne. Ils étaient publiés dans le magazine américain Life.
- Le reportage subjectif, aussi appelé gonzo journalisme. Les journalistes en ont assez de l’objectivité. Ce qui importe est l’opinion, la personne, le point de vue. L’auteur raconte des choses de la vie quotidienne de manière ironique et acerbe. Il parle souvent à la première personne.
- Les révélations : En 1974, l’affaire du Watergate montre l'importance de la protection des sources d'information des journalistes. Le président américain Nixon avait posé des micros chez le camp adverse : les démocrates. Deux journalistes vont révéler toute cette affaire et le président va être obligé de démissionner.
- Le reportage BD : L’homme le plus connu dans ce domaine est Joe Sacco. C’est un écrivain de bande dessinée. Par exemple, un de ses livres les plus célèbres est Gorazde : la guerre en Bosnie orientale, 1993-1995 ou encore Palestine. Le reportage BD va beaucoup se développer avec l’explosion de la bande dessinée.
La littérature et la presse ont beaucoup de liens. Les grands événements, les guerres, les crimes sont sources d’inspiration pour les écrivains. Comme Saint-Simon qui va critiquer la cour. Balzac, Dumas et Hugo ont fait leurs débuts dans la presse avec les feuilletons.
Le journalisme ne raconte que des choses qui vont mal, des choses surprenantes et même dramatiques, il cherche le scandale. Le journaliste est sur place et raconte des choses qu’il voit, c’est un témoin, il raconte ce que l’on n’a pas vu.[non neutre]
Internet et la télévision bouleversent tout cela. Internet permet d’avoir des informations en continu. Chacun peut devenir son rédacteur en chef en confectionnant un site ou un blog. Aujourd’hui, nous[Qui ?] sommes surinformés et désinformés à la fois : surinformés par internet et désinformés car on ne comprend pas tout ce qui se passe.[non neutre] Internet donne des informations de seconde main, courtes et morcelées. La presse people a aujourd’hui le plus grand public. Deux tiers des journaux créés durent moins d’un an[réf. nécessaire]. Les journaux ont une marge de liberté lorsqu’ils ne sont pas tenus financièrement. 70 % des informations proviennent d’une agence d’information (ex : AFP) et seulement 30 % des informations sont la matière originale du journaliste comme les reportages.[réf. nécessaire]
La construction de la profession de journaliste
Jusqu'à la loi du , et encore lors de la Grande Guerre, les pouvoirs chercheront de manière chronique à museler la presse (18 lois ou ordonnances sur la presse de 1815 à 1848 !). Le difficile combat pour la liberté renforcera encore le lien du journalisme et du monde politique. À cette époque, la distinction n'est pas non plus claire entre les journalistes et les hommes de lettres, si bien que le journaliste passe volontiers pour un écrivain raté. En fait, le journalisme est considéré comme une étape, l'antichambre de la littérature ou du pouvoir, d'où la formule (attribuée à tort à Alphonse Karr) : « le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir » Jules Janin. Pourtant, la presse évolue sur le plan économique et se professionnalise. Les journalistes sont de plus en plus fréquemment des salariés. La pratique de la vente au numéro, la baisse des coûts et les progrès de l'instruction rendent possible la constitution d'un lectorat populaire.
Les agences de presse se partagent les zones géographiques dès 1859. Leurs collaborateurs seront les premiers à faire réellement carrière dans le journalisme, selon Michel Mathien. La fin du XIXe siècle amplifie encore les changements entamés sous le Second Empire. Les tirages des quotidiens révèlent cette industrialisation. Ils passent à Paris de 180 000 exemplaires en 1848 au million en 1870 et cinq fois plus en 1910, en province de 250 000 en 1868 à quatre millions en 1914. Le journal tend à être considéré par son propriétaire comme une simple entreprise capitaliste, qui offre également la possibilité d'une pression sur le pouvoir politique ou encore les épargnants (Scandale de Panamá, emprunts russes). Les équipes s'étoffent et se hiérarchisent, tandis que les journalistes se professionnalisent et se spécialisent. La solidarité professionnelle s'organise lentement, sur un mode corporatiste qui tranche avec les pratiques antérieures, comme celle du duel. La tradition américaine du reportage s'impose en Europe, si bien que de nos jours encore, on assimile souvent le journaliste au reporter, grand ou petit, héros ou antihéros. La concurrence entre rédactions prend la forme de la course au scoop. Les journaux d'opinion ne disparaissent cependant pas. L'affaire Dreyfus voit la plupart des titres populaires mener une campagne d'opinion antidreyfusarde, à tonalité antisémite.
Pendant l'entre-deux-guerres, les journaux se trouvent mêlés à de nombreux scandales. Les journalistes, dont la situation matérielle s'est dégradée, commencent à opposer leur conscience professionnelle aux intérêts des actionnaires, mais s'en prennent également aux dilettantes, enseignants ou écrivains. Certains rêvent d'un conseil de l'ordre comparable à celui des médecins ou des avocats. Des conflits éclatent pour la première fois entre les journalistes et les patrons de presse. Après la Libération, les journaux issus de la Résistance, qui entendent rompre avec la tutelle de l'argent et mettre en place une éthique professionnelle, sont balayés par une concurrence plus apte à répondre aux attentes du public. Le syndicalisme, lui, se déchire.
Le journalisme audiovisuel
C'en est fini de l'âge d'or de la presse écrite. Dès 1923, Radiola diffuse le premier journal parlé en France. Les journalistes de la presse écrite éprouvent bien des difficultés à concurrencer ce nouveau média, idoine à présenter l'information instantanément. Pourtant, le statut professionnel de 1935, qui reconnaît la clause de conscience, « oublie » les journalistes de radio. Avec la télévision, commence la « mise en spectacle du monde, incluant la mise en spectacle des médias eux-mêmes » (Mathien). Le phénomène s'accélère dans les années 1980, avec le développement des chaînes privées soucieuses de l'audimat et friandes d'instantanéité, aux dépens, parfois, de la déontologie et de l'esprit critique. Pour se manifester, les acteurs sociaux se doivent eux-mêmes de « communiquer » afin de répondre aux attentes des médias, et à travers eux, de leurs publics. Les rédactions traitent souvent les mêmes images, qui constituent leur matière première. La concurrence conduirait même, selon Pierre Bourdieu, à une paradoxale homogénéisation, chacun se déterminant par rapport à ce que font les autres, comme on l'a vu lors de la pénible affaire du petit Grégory. La frontière entre le journalisme et l'animation, la réalité et la fiction, la vie publique et la vie privée, s'estompe. L'information tend à se confondre avec le divertissement (infodivertissement, mot-valise fusionnant les mots « information » et « divertissement »). Certaines légèretés et supercheries (« révolution » roumaine, reportages créés de toutes pièces) conduisent à une crise de confiance du public, en particulier à l'égard de la télévision. Dans certains pays, comme l'Italie, des politiques construisent leur carrière grâce au contrôle financier sur les principaux médias. En tout cas, il y a loin, dans la logique multi-médiatique, du mythe du grand reporter à la réalité du journaliste contemporain, qui la plupart du temps se contente de mettre en forme des informations et des images qu'il n'a pas recueillies lui-même. En effet, chaînes de télévision et magazines recourent à des banques d'images et des agences de presse, pour se concentrer sur leur véritable métier: la présentation de l'information. Cette « externalisation » de la collecte de l'information doit beaucoup à Internet.
