Histoire des arts martiaux européens

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Les arts martiaux ont été développés et pratiqués en Europe à l'instar des autres continents. Il existe peu de documentation concernant les arts martiaux pratiqués durant l'Antiquité (comme la lutte gréco-romaine ou la gladiature), cependant, de nombreux traités datant de la fin du Moyen Âge et du début de la période moderne, retracent les systèmes utilisés en Europe durant ces périodes.

Certains de ces arts font l'objet de reconstitutions modernes depuis 1890 dans le cadre des arts martiaux historiques européens, phénomène récurrent depuis les années 1990.

Manuscrit I.33, folio 8r, vers 1300 : le plus ancien traité d'escrime connu

Aucun manuel connu datant de la période précédent la fin du Moyen Âge n'est parvenu à l'époque actuelle, mis à part des fragments d'instruction de lutte gréco-romaine, tels que le Papyrus Oxyrhynchus 466). Cependant, la littérature antique ou médiévale (les sagas islandaises ou certains récits épiques en moyen haut-allemand) contient des descriptions de hauts-faits martiaux ou de techniques militaires. De plus, il existe des objets d'art montrant des scènes de combat et des armes (par exemple la tapisserie de Bayeux, ou la bible de Morgan). Certains chercheurs ont tenté de reconstituer des techniques de combat anciennes telles que le pancrace ou le combat de gladiateurs en se basant sur ces références et en utilisant des techniques d'archéologie expérimentale, mais ces recréations sont beaucoup plus spéculatives, que celles fondées sur de vraies instructions d'époque.

Le manuscrit MS I.33 daté d'environ 1300[réf. nécessaire] est le plus ancien traité d'escrime connu en Europe: il concerne le combat à l'épée et au bocle.

Fin du Moyen Âge

Deux grandes régions en Europe ont eu une tradition martiale notable au Moyen Âge dont il existe des recueils : le Saint-Empire romain germanique et l'Italie.

La tradition germanique

Deux gardes standard de l'épée longue selon la tradition de Liechtenauer (1452)

Dans le Saint-Empire, la figure centrale est le maître Johannes Liechtenauer. Bien qu'il n'y ait pas de manuscrit écrit de sa propre main subsistant, ses enseignements furent transcrits dans le manuscrit MS 3227a (aussi connu sous le nom de Codex Döbringer), qui date de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle. Durant le XVe siècle, jusqu'au début du XVIe siècle, de nombreux Fechtbücher (litt. « livres d'escrime ») ont été produits, certains comptant plusieurs centaines de pages. La plupart de ces traités décrivent des méthodes descendant de celles décrites par Liechtenauer ; mais il existe également d'autres traités qui ne peuvent pas directement être rattachés à la tradition de Liechtenauer.

Les maîtres importants du XVe siècle incluent, entre autres, Sigmund Ringeck, Peter von Danzig, Hans Talhoffer, Paulus Kal, qui ont tous retransmis les enseignements de Liechtenauer. À partir de la fin du XVe siècle, il y avait des confréries d'escrimeurs (Fechtbruderschaften), principalement les Marx Brüder (attestés dès 1474) et les Federfechter.

La tradition italienne

Combat à la dague selon le Ms. Ludwig XV 13 (folio 18r) concervé au musée Getty, par Fiore dei Liberi

Le premier maître italien à écrire en italien fut Fiore de'i Liberi. Ce traité était dédié au Marquis de Ferrare. Entre 1407 et 1410, Fiore de'i Liberi a documenté un système martial complet dans un traité intitulé Flos Duellatorum. Le traité couvre la lutte, la dague, l'épée de chevalier à une main, l'épée longue, les armes d'hast, le combat en armure à pied ou à cheval. L'école italienne continue avec les travaux de Filippo Vadi (1482–1487) et Pietro Monte (1492, en latin avec des termes espagnols et italiens).

Autres traditions

Le seul traité en langue française datant d'avant le XVIe siècle est le traité bourguignon Le jeu de la hache d'environ 1400 : il concerne la hache noble. Il existe également trois traités en anglais publiés avant le traité de George Silver en 1599 : ils sont obscurs et difficilement datables, bien que l'on pense qu'ils aient été écrits durant la seconde moitié du XVe siècle.

Points communs

Normalement, dans ces traités, plusieurs modes de combat étaient enseignées conjointement : typiquement la lutte (Kampfringen, abrazare), la dague (Degen, daga, typiquement la dague à rouelles), le coutelas ou fauchon (Messer), le Düssack, le bâton, les armes d'hast, l'épée longue (langes Schwert, spada longa, spadone), le combat en armure (Harnischfechten ou armazare), à pied ou à cheval. Certains Fechtbücher avaient des sections sur le bouclier de duel à pointes (Stechschild), des armes spéciales utilisées uniquement dans le cadre de duels judiciaires.

Renaissance (1475 - 1575)

La tradition germanique

Image tirée du traité de Joachim Meÿer de 1570

Durant le XVIe siècle, furent produites des compilations techniques issues de Fechtbücher plus anciens. On peut citer principalement les travaux de Paulus Hector Mair (vers 1540) qui synthétise l'ensemble des arts martiaux de son époque, que des arts chevaleresques ou paysans (par exemple le combat à la faucille ou diverses formes de jeux populaires de lutte). Un autre traité important par son niveau de formalisation est celui de Joachim Meyer (vers 1570). Durant ce siècle-là, l'escrime pratiquée durant le Saint-Empire avait développé des aspects sportifs, si l'on ose ce mot, où l'arme phare était le Feder, une version éducative de l'épée longue. Le Feder était vu comme une arme introductive à d'autres armes plus évoluées comme la spada da lato ou la rapière. Au Feder, l'estoc fut interdit car trop dangereux, et remplacé par des frappes du plat de la lame. Des tournois publics au Feder, les Fechtschule, étaient chose courante. Le traité de Jakob Sutor de 1612 est l'un des derniers de la tradition germanique.

La tradition italienne

Dague et cape selon le traité d'Achille Marozzo (1536)

En Italie, la période du XVIe siècle est synonyme de grand changement. Elle commence avec deux traités des maîtres bolonais Antonio Manciolino et Achille Marozzo, qui décrivent une variation des différents arts chevaleresques du siècle précédent. En Italie également, des aspects d'escrime courtoise commencent à apparaître, avec une convention d'escrime pour le jeu exposée chez Antonio Manciolino, ainsi que l'évocation dans les traités bolonais, d'armes de jeu (spade da gioco), opposées aux armes affûtées (spade da filo). De l'épée accompagnée de la bocle, ou de la dague, ou du bouclier, aux armes d'hast, en passant par l'épée seule, l'escrime italienne du début du XVIe siècle est le reflet de la polyvalence qu'un combattant de cette époque était supposé acquérir.

Vers le milieu du XVIe siècle, cependant, les armes d'hast et les armes de main gauche (à part la dague et la cape), commencent peu à peu à disparaître des traités. En 1553, Camillo Agrippa est le premier à définir la garde de prime, seconde, tierce et quarte, qui resteront des aspects importants de l'escrime italienne du siècle suivant (et encore plus tard); il géométrise également l'art de l'escrime et se fait un ardent défenseur de l'estoc. À partir de la fin du XVIe siècle, l'escrime italienne à la rapière avait atteint une popularité considérable dans toute l'Europe, surtout avec le traité de Salvator Fabris (1606).

L'époque moderne

Le XXe siècle et aujourd'hui

Notes et références

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