Catherine de Sienne vint prier dans la chapelle du premier couvent. Marie de Boulogne, épouse de Raymond de Turenne, neveu du pape Grégoire XI, fut chargée de vérifier si la dominicaine ne simulait pas ses extases. La nièce du pape la surprit prosternée dans le chœur en pleine méditation. Armée d’une longue aiguille, elle lui piqua son pied nu jusqu'au sang. Grégoire XI et son entourage se méfiaient de cette dominicaine et de son confesseurRaymond de Capoue. Ils n’étaient pas les seuls. Jean Gerson, considéré comme le plus remarquable des docteurs de la Sorbonne, avait plus que doutes et réticences sur ses visions et ses prophéties. Mais comme certains ultramontains avaient besoin d’une intervention surnaturelle pour parrainer le retour de la papauté à Rome, on fit jouer à la moniale ce rôle de médiatrice divine.
Venus de Montfavet, les Dominicaines arrivent à Avignon en 1409. Après la première édification, elles agrandissent le couvent (situé au départ rue Félix Gras), pour atteindre progressivement la rue Joseph-Vernet au XVIIesiècle.
Entre ces deux rues, un emplacement est alors acquis par André-Louis de Brancas, comte Rochefort, baron de Vitrolles, qui choisit un architecte de grande notoriété en Avignon à l’époque, Jean-Baptiste Franque. La correspondance de Franque permet de savoir que l'hôtel était en construction en 1716 et n'était pas terminé en 1737. L'hôtel n'a jamais été terminé.
Sa veuve, Marie-Virginie de Crillon, acheta l’ensemble de la parcelle en 1711. Les religieuses de Sainte-Praxède s’installèrent en 1769 dans le noviciat des jésuites.