Identité graphique des Jeux olympiques d'été de 1976
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L'identité visuelle des Jeux olympiques d'été de 1976 organisés à Montréal, constitue un système graphique conçu par le designer Georges Huel. Elle repose sur l’association d’un logotype officiel et d’une mascotte, un castor nommé Amik, symbolisant à la fois le Canada et l’esprit des Jeux. Cette identité se déploie à travers un ensemble d’affiches, de publications et de supports promotionnels destinés à assurer la reconnaissance internationale de l’événement.
Avant les jeux
Au cours des années 1960, Montréal connaît une importante dynamique d’internationalisation. La ville accueille notamment l’Expo 67, son premier événement de portée mondiale, en 1967. Elle devient par la suite la ville hôte de la 21ᵉ olympiade de l’ère moderne, organisée en 1976[1].
Le projet d’accueillir les Jeux olympiques à Montréal remonte à plusieurs décennies. Le maire Jean Drapeau, souhaitant accroître le rayonnement international de la ville, entreprend les démarches nécessaires pour obtenir la tenue de l’événement en sol montréalais. Le Comité international olympique devait choisir entre trois candidatures : Los Angeles, Moscou et Montréal. En , à Amsterdam, après plusieurs tentatives infructueuses, Montréal est officiellement désignée ville hôte des Jeux olympiques d’été de 1976[2].
Recrutement de l'équipe
Georges Huel (1930-2002) est un graphiste né en Saskatchewan et ayant grandi à Montréal. Formé en arts graphiques, il commence sa carrière à l’imprimerie Thérien et Fils. Il compte parmi les principaux artisans de la charte graphique de l’Expo 67 présentée à Montréal. En 1972, il soumet une proposition pour le logotype des Jeux olympiques d’été de 1976[3]. Son projet est retenu, et il est également nommé chargé de projet et superviseur de l’ensemble de l’image visuelle des Jeux[4],[5]. La conception de cette identité visuelle est réalisée en collaboration avec Pierre-Yves Pelletier (1938- ), graphiste montréalais ayant notamment travaillé à Radio-Canada[6], ainsi qu’avec de nombreux collaborateurs sélectionnés par divers concours[5].
Le manuel graphique
À la suite de la mise en place de cette vaste équipe de création, un manuel rassemblant l’ensemble des normes graphiques du projet est publié. Cet ouvrage de cinquante pages décrit en détail les caractéristiques du logotype — sa forme, sa couleur et sa signification — ainsi que les indications relatives à la typographie et à la palette chromatique autorisée pour l’ensemble des éléments visuels. Ce manuel vise à assurer une cohérence graphique à travers toute l’identité visuelle des Jeux, compte tenu du nombre important de collaborateurs impliqués. Il s’inscrit dans la continuité des pratiques établies pour l’identité visuelle des Jeux de Munich en 1972 , une tendance qui se poursuivra lors des Jeux de Moscou en 1980[7].
Identité graphique
Logo et style international
Logo
Le logotype, de couleur rouge sur fond blanc, est constitué exclusivement de formes géométriques. Il s’inspire fortement du style international suisse des années 1950, dont il reprend la rigueur formelle et l’esthétique épurée[8].
Le logo se compose de deux niveaux distincts.
- Le premier niveau présente les cinq anneaux olympiques.
- Le second niveau représente un podium, qui constitue également une interprétation graphique de la lettre « M » de Montréal. La première marche du podium, située au centre, évoque en outre une piste d’athlétisme, symbole à la fois des Jeux et du lieu principal de rassemblement, traduisant de manière géométrique l’esprit de rencontre culturelle et sportive.
"Style international suisse"
Le style international suisse est un courant graphique caractérisé par l’emploi de caractères sans empattement, de formes géométriques simples et par une approche visuelle visant la clarté et la lisibilité. Il se distingue également par l’utilisation de grilles de composition assurant la cohérence typographique et par une palette de couleurs restreinte. En s’inspirant de cette approche, les graphistes des Jeux olympiques de 1976 ont élaboré une identité visuelle épurée, centrée sur un logotype à la fois simple et porteur de significations symboliques. Cette identité a permis aux Jeux de s’inscrire durablement dans l’histoire graphique de Montréal tout en contribuant au rayonnement international de la ville en tant que ville olympique[9].
Signalisation
Affiches et mascotte
La mascotte des Jeux olympiques de 1976, Amik, a été créée afin d’apporter une dimension vivante et culturelle à l’image de l’événement. Ce castor noir est représenté tenant une bannière, qui peut être rouge et arborer le logo officiel des Jeux, ou présenter des rayures aux couleurs choisies par le comité d’organisation. Par ailleurs, plusieurs affiches ont été réalisées : certaines reproduisent le logo original, tandis que d’autres utilisent une version multicolore, chaque anneau étant entouré d’un halo correspondant à sa couleur. Ces éléments ont contribué à renforcer l’identité visuelle des Jeux, la rendant plus complète et immédiatement reconnaissable[10].
Corrid’Art
Corrid’Art était une exposition urbaine impliquant de nombreux artistes, designers et architectes, invités à installer des œuvres le long de la rue afin de présenter les transformations de la ville sous un angle artistique. Cette initiative, mise en place sur la rue Sherbrooke, artère historique de Montréal, visait à la fois à faire découvrir la ville, à annoncer les Jeux olympiques et à orienter le public vers le site des Jeux. Cependant, les œuvres furent détruites une semaine seulement après leur inauguration par le maire Jean Drapeau, au motif qu’elles contrevenaient aux règlements municipaux concernant l’exposition d’œuvres d’art dans l’espace public[11].
Vie après les jeux
L’impact des Jeux olympiques de 1976 se manifeste non seulement à travers les infrastructures toujours présentes dans la ville, mais également dans son image graphique. On peut notamment relever une similitude entre le logotype de la 21ᵉ olympiade et celui de la ville de Montréal. Georges Huel est de nouveau à l’origine de ce logo en 1981, qui reprend également la couleur rouge comme élément central de son identité visuelle[12].
Notes et références
Références
- ↑ Paul-André Linteau, Histoire de Montréal depuis la confédération : La réorientation de l'économie, Montréal, Boréal, , 662 p. (ISBN 978-2-7646-0080-1), p. 433-434.
- ↑ Jean Roy, Les 30 jours qui ont fait le Québec : Les Jeux olympiques s'ouvrent à Montréal [enregistrement vidéo] : le 17 juillet 1976, Montréal:Ciné fête,
- ↑ SDGQ, « Marc H. Choko et Georges Huel deviennent membres honoraires »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur sdgq.ca, (consulté le ).
- ↑ La mémoire du Québec, « Huel(Georges) », sur memoireduquebec.com, (consulté le ).
- 1 2 Marc H.Choko, Paul Bourassa et Gérard Baril, Le Design au Québec,industriel, graphique, de mode : Design graphique/impact des organismes gouvernementaux, Les Éditions de l'Homme, , 384 p. (ISBN 978-2-7619-1845-9), p. 181-189
- ↑ (en) Library and Archives Canada, « Pierre-Yves Pelletier , 1938 », sur bac-lac.gc.ca, nd (consulté le ).
- ↑ Les 30 jours qui ont fait le Québec : Jeux de la XXIe olympiade Montréal 1976, vol. Manuel de graphisme, Cojo XXIe olympiade, , 50 p.
- ↑ Jeux de la XXIe olympiade Montréal 1976, vol. Manuel de graphisme, Cojo XXIe olympiade, , 50 p.
- ↑ Richard Hollis, Le graphisme de 1890 à nos jours, Thames & Hudson, , 232 p. (ISBN 978-2-87811-215-3), p. 130-136
- ↑ CIO, « Montréal 1976 », sur olympic.org, (consulté le ).
- ↑ Arts et Culture, COJO XXIe olympiade, , 293 p.
- ↑ Ville de Montréal, « Logo et armoiries de la Ville de Montréal », sur ville.montreal.qc.ca, (consulté le ).