Idrissides
dynastie arabo-musulmane qui a régné sur une partie du Maroc actuel et certaines parties de l'ouest de l'Algérie
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Les Idrissides (arabe : الأدارسة, Al-Adarissa) sont une dynastie arabe chérifienne de souche alide, ayant régné sur l'actuel Maroc et certaines parties de l'ouest de l'Algérie actuelle.
| Statut | Émirat |
|---|---|
| Capitale |
Volubilis (789 - 808) Fès (808 - 927) Hajar an-Nasar (en) (927 - 985) |
| Religion | Islam chiite (jurisprudence zaïdite) |
| 789 | Instauration de la dynastie |
|---|---|
| 920 | Premières incursions des Fatimides |
| Années 930 | Perte du Rif au profit des Omeyyades de Cordoue |
| 985 | Assassinat du dernier Idrisside |
| (1er) 789-791 | Idris Ier |
|---|---|
| (Der) 974-985 | Al-Hasan ben Kannun |
Entités précédentes :
- Tribus indépendantes et petites principautés formées à la suite de la Grande révolte berbère (dont le royaume sufrite de Tlemcen)
Entités suivantes :
- Califat de Cordoue (par vassaux interposés)
- Califat des Fatimides (par vassaux interposés)
La dynastie doit son nom à Idris Ier, arrière-petit-fils d'Al-Hassan ibn Ali, tenant du chiisme zaïdite, qui se fait reconnaître comme imam par la population berbère des Awrabas. Son fils, Idriss II, entreprend l'unification du pays et pose les bases de l'État idrisside depuis Fès, nouvelle capitale et centre spirituel émergent.
La politique expansionniste idrisside prend fin à la mort d'Idris II et entre dans une phase de luttes fratricides entre les différentes branches dynastiques. Ce contexte permet toutefois de stabiliser les frontières entre les différents États voisins, permettant à la région d'entrer dans une intense phase de prospérité économique et commerciale durant le IXe siècle.
Pendant la seconde moitié du Xe siècle, le pouvoir idrisside s'effondre sous l'effet des conflits qui opposent Fatimides et Omeyyades de Cordoue ainsi que les incursions Zénètes. Le rôle politique idrisside est anéanti par les campagnes Zirides en 972. Ils sont définitivement écartés en 985, après l'échec de la restauration du dernier émir en exil, Al-Hasan ben Kannun, qui est assassiné.
Historiographie
Les origines de l'histoire des Idrissides est tributaire des sources de la littérature historique chiite zaydite du IXe au XIe siècles et de l’historiographie mérinide, d'obédience sunnite malékite des XIIIe et XIVe siècles[1]. Si cette dernière — qui s'appuie sur des ouvrages historiques maghrébins aujourd'hui perdus — a longtemps constitué la principale source d’informations sur les Idrissides[2]. Plusieurs chercheurs modernes (Évariste Lévi-Provençal, Ambrosio Huici Miranda (es), Bernard Rosenberger) ont démontré qu'elle se révèle frappée de réécriture idéologique en cherchant à reclasser les Idrissides en tant que dirigeants sunnites et malikites[2],[3], se trouvant de la sorte suspecte à bien des égards[4].
L’œuvre d’Ibn Abī Zarʿ, Rawd al-Qirtas, occupe une place centrale dans cette tradition. Rédigée à Fès vers le début du XIVe siècle, elle est imitée ou résumée par des auteurs postérieurs comme ʿAlī al-Jaznāʾī, Ibn al-Qāḍī ou Ibn Zakur (en)[5]. Cette chronique établit également une chronologie du Maghreb al-Aqsa avec comme point de départ un État Idrisside[6]. Ainsi, le Rawḍ al-qirṭās attribue à Idrīs II un entourage de vizirs, secrétaires et juges arabes prestigieux, présentés comme des malékites, et insère dans la narration des parallèles symboliques avec la vie du Prophète, dans une volonté manifeste de légitimation religieuse et dynastique. L’influence de cette historiographie est telle qu’elle domine durablement la mémoire historique marocaine, jusque dans la culture populaire[5]. Ces récits fondateurs, reposant souvent sur des contenus réécrits, s'intègre ensuite dans le roman national marocain qui se l'accapare afin de soutenir l'idée qu'une chronologie ininterrompue qui relierait Idris Ier à Mohammed V[6].
Ce contexte historiographique impose un recul critique afin d'extraire du tissu légendaire et nationaliste les éléments historiques pertinents[6]. La confrontation de l'historiographie mérinide et zaydite, issue du même courant politico-religieux que le fondateur de la dynastie idrisside, permet, avec le concours de la numismatique et de l'archéologie[7], de réévaluer le cours des évènements[4]. Ces textes livrent des récits parfois très différents de ceux diffusés à partir du Maroc médiéval : ils insistent sur le rôle d’Idrīs comme révolté alide et missionnaire, son passage par le Maghreb central et ses liens avec les communautés berbères rostémides. Ces sources, bien que marquées par leur propre orientation doctrinale, se distinguent par leur recours à des chaînes de transmission (isnād) et par leur proximité temporelle avec les événements[8]. Au début des années 2020, la formation de l'État idrisside demeure largement ignorée des chercheurs spécialistes des Abbassides et ou des mouvements alides et son histoire reste à écrire[9].
Histoire
Origine

La dynastie Idrisside tire son nom d'Idrīs ibn Abdullah al-Kamil[10], membre de la branche hassanide des Alides, descendant de la famille du prophète Mahomet (ahl al-bayt), une famille hostile contre certaines élites musulmanes sous la domination abbasside[11]. Après deux soulèvements contre le calife al-Hādī, les membres survivants de sa familles fuient le Hejāz[11].
Idrïs rejoint la partie occidentale du Maghreb et s'installe à Walila[2]. Le , à Volubilis Idris Ier est proclamé imam par les Awraba[12],[13],[14] et, en s'appuyant sur la asabiyya[15] des tribus berbères[12], parvient à consolider son pouvoir sur la vallée du Ouargha et à contraindre les tribus du Tamesna et des Ghiata de Taza à en respecter les frontières[16]. Il crée une première administration avec un vizir, un cadi et un secrétaire[17] et fait frapper sa propre monnaie[12]. Les fondations de l'État Idrisside sont celle d'un imamat d'ordre politico-religieux[18], considéré dans le roman national marocain comme le premier État marocain[19],[6]. Idris Ier meurt au terme d'un règne d'au moins trois ans et demi, son fils posthume, Idrīs II, voit le jour quelques mois plus tard[20].
Expansion sous Idris II
En 803, les tribus berbères du Moyen Atlas jurent allégeance à Idris II qui est dès lors intronisé à l'âge de 11 ans[21],[22]. Il faut toutefois attendre 808 et l'exécution d'Ishak b. Mohammed, le chef des Awerba, pour qu'un nouveau serment soit formulé et confirme sa prise de pouvoirs[23],[24]. L'année suivante, il fonde sur la rive gauche de l'Oued Fès la ville d'Al-Aliya (aujourd'hui Fès)[25]. La ville est conçue comme le concept de la ville islamique sur base du modèle de Kairouan[23]. En 814 ou 818, 8000 familles expulsées Al-Hakam Ier depuis Cordoue rejoignent Fès[25],[23].
Idris II s'associe alors au jund berbères environnants afin d'engager des campagnes militaires ayant pour objectif d'islamiser les tribus environnantes. Il parvient notamment à contrôler le Haut Atlas et les villes de Nafis et Aghmat, deux villes clés dans le contrôle du transit caravanier transsaharien[23]. Il prend également possession de Tlemcen et y passe les trois dernières années de sa vie avant de retourner à Fès[25]. Il échoue toutefois à capturer Tamesna, fermement défendue par les Berghouata[26].
Idris II meurt à 36 ans, en 828. À sa mort, il est à la tête d'un royaume indépendant du pouvoir de Bagdad et de Cordoue et qui s'érige en un important foyer d'islamisation et d'arabisation des Berbères[27]. Son royaume est cependant partagé entre sept de ses dix fils, le titre d'Imam et la gouvernance de Fès et Walili revenant à son fils aîné Muhammad ben Idris[27].
Luttes fratricides et déchéance
Le partage des terres qui suit la mort d'Idris II morcelle le pouvoirs entre les différents fils : Muhammad ben Idris lui succède au titre d'imam à Fès et Walili ; Qassim reçoit le Habt et les villes du Nord (Tanger, Basra, Ceuta et Arzila) ; Omar reçoit la région des Ghomaras et Tétouan ; Yahia reçoit Larache et le Drâa ; Hamza reçoit le Zerhoun et Tlemcen ; Aïssa Ben Idriss reçoit Salé ; Ahmed reçoit Meknès et le Tadla ; Abdullah ben Idriss reçoit le pays des Houaras, des Meknassas, le Djebel Lamta et le Souss[28]. Il est impossible de déterminer s'il s'agit de principauté ou de territoires assujettis à l'imam de Fès. La situation provoque des tensions entre les frères[29],[30]. Toutefois, si la période est marquée par des luttes fratricides, elle n'est également soumise à aucune ingérence extérieure si bien qu'on lui donne le nom de « Paix des Idrissides » bien que ce pacifisme soit relatif[31].
Muhammad ben Idrîs règne depuis Fès et meurt en 836. Son fils aîné, Ali ben Muhammad, lui succède de 836 à 849 et mène une politique de réunification. Celui-ci est lui-même remplacé par un autre de ses fils Yahya ben Muhammad de 849 à 866[31]. Le déclin Idrisside ne tire pas seulement ses racines dans le partage entre les fils d'Idris II, mais particulièrement dans un événement survenu sous le règne de Yahya II qui est fortement critiqué pour son inconduite à l'égard des femmes. La population se dresse contre lui et il est assassiné. Bien que la gouvernance à Fès soit par la suite restaurée, une opposition des habitants à l'égard des Idrissides s'installe[32].
La succession revient à la branche familiale d'Umar qui est ensuite chassé et remplacé par un descendant d'al-Qâsim, Yahia III, qui règne de 866 à 905. Selon les récits officiels, il meurt au combat contre les Fatimides[31], cependant les réévaluations historiques considèrent que l'état de déchéance Idrisside est tel que la majeure partie du règne de Yahia III est très incertaine tandis qu'une branche mineure de la dynastie gouverne une grande partie des territoires. Yahya IV, issu de cette branche, lui succède en 905 tandis que les régions septentrionales restent sous contrôle des descendants de Yahya III[33].
Chute dynastique
En 909, les Fatimides interviennent effectivement et envahissent la région. Yahya IV est destitué en 919 ou 917 et installé en tant que gouverneur local. En 922, Musa ibn Abi'l-Afiya lui succède à Fès et il se confronte à Al Hassan. Celui-ci parvient à reprendre Fès quelques années, puis en perd le contrôle, marquant la fin du contrôle Idrisside sur Fès[33]. Les Meknassas le poursuivent et assiègent la forteresse d'Hajar an-Nasr dans le nord, cependant Al Hassan profite des rivalités entre les Omeyyades de Cordoue et les Fatimides pour que la situation tourne en sa faveur[34]. Les Idrissides s'installent dans la région du Rif, au sein des tribus Jbala, et préservent une certaine indépendance en alternant leur allégeance entre l'un et l'autre pouvoir[34]. Al-Qasim Kannun ben Ibrahim y règne notamment de 938 à 948 au nom des Fatimides tandis que son successeur Ahmad ben al-Qasim Kannun le fait au nom des Omeyyades de Cordoue[34].
La prépondérance des Idrissides est finalement mise à mal par la rivalité entre les Omeyyades de Cordoue et les Fatimides lorsque les premiers exigent d'occuper Tanger, puis en 958 lorsque les Fatimides envoient Jawhar al-Siqilli pour soumettre les territoires[35]. Le rôle politique des Idrissides est anéanti par la campagne des Zirides, vassaux des Fatimides, en 972 et qui soumettent –momentanément– les Zénètes de la région[36],[37].
En 985, les Fatimides tentent une restauration, en appuyant un idrisside réfugié à leur cour, un certain Al-Hasan ben Kannun. Il cherche à reprendre la tête de son ancien État alors en proie aux raids et à l'influence des Omeyyades de Courdoue. Allié aux Zirides et à diverses tribus ayant rejoint sa cause, il échoue face aux Maghrawa et Benou Ifren sans parvenir à instaurer son autorité[38].
Organisation
Fès : capitale et centre spirituel
Selon la tradition, la ville est fondée par Idris II en 808-809. Cependant, cette chronologie est remise en question en s'appuyant sur la production des monnaies frappées à Fès antérieures à l'avènement d'Idris II. La première fondation pourrait trouver racine en 789, sous Idris I[39]. Elle naît d'un choix politique d'établir une cour davantage indépendante des tribus berbères. Cette nouvelle capitale adopte sur la durée, et sous l'influence des récits traditionnels mêlant historicité et histoire sacrée, une fonction de centre spirituel. Les récits sacrés la désignent comme une cité garantissant l'orthodoxie et la pratique la plus pure et authentique de l'islam transmis par un descendant direct du Prophète[40]. L'historiographie se sert également de la fondation et de l'expansion de Fès pour sacraliser l'avènement des idrissides, leur attribuant la résurgence d'un Maghreb antique grâce à la fondation d'une civilisation islamique[40].
Les caractéristiques ethniques de la ville et sa soudaine expansion démographique tire ses origines de deux vagues d'immigrations importantes. Les premiers migrants viennent de Cordoue, exilés par Al-Hakam Ier à la suite d'une révolte. Ces nouveaux habitants s'installent dans le quartier berbère qui devient la Rive des Andalous. La seconde vague d'immigration provient de familles tunisiennes qui s'installent sur la Rive des Kairouanais[40].
Les différentes constructions et restructurations urbaines qu'effectue Idris II l'érigent en Saint patron de Fès. Il y fait construire des quartiers délimités, des mosquées, un palais, ainsi qu'un caravansérail, des quartiers commerçants ainsi que les bases des futurs quartiers manufacturiers. Fès jouit dès lors d'un statut de capitale d'un État émergent, de centre spirituel, de centre démographique diversifié et de centre d'activité économique et commerciale[40].
Cependant, la continuité et la force du pouvoir centralisé depuis Fès est incertaine à la suite de la succession d'Idris II. Les différents conflits provoquent des divisions au sein du royaume et un affaiblissement de la structure politique et militaire[40]. Toutefois, elle reste un très important centre spirituel et devient un centre intellectuel majeur après 857 et la fondation de l'Université Al Quaraouiyine[41].
Chérifs idrissides
La succession d'Idris II provoque une importante ramification idrisside desquelles découlent différentes branches et clans qui forment les shurafa' ou chérif. Les chérifs idrissides descendent directement des douze fils d'Idris II. Chacune de ces branches s'implantent dans les villes et régions qui sont attribuées à leur ancêtre à la suite de cette succession. Ces différentes familles et chérifs se perpétuent bien au-delà de la période à laquelle les Idrissides dirigent un État et joue un rôle central dans l'histoire du Maroc du fait de la sainteté de leur ancêtre[40].
La politique d'urbanisation menée à Fès est poursuivie par les successeurs et les différents chérifs idrissides au sein de leurs territoires respectifs, provoquant l'essor de plusieurs cités (Aghmat, Assilah, Hadjar al-Nasr ou Basra). Ces essaimages urbains renforce la décentralisation des pouvoirs, chacune adoptant certaines spécificités économiques ou manufacturières en devenant des centres de négoces, centres spirituels, centre industriel de frappe monétaire, etc[42].
Organisation politique
L'organisation politique de l'État Idrisside reste rudimentaire. Elle repose sur une armée levée sur place, peu nombreuse, financée par les tribus issus des campagnes militaires. Son administration est d'abord centralisée depuis Fès. À la suite de la succession d'Idris II, seul le titre d'Imam et de gouverneur de Fès est préservé aux descendants. Les éventuelles allégences ou liens avec les autres branches Idrissides sont méconnus[43].
L'organisation politique et la gouvernance Idrisside ne parvient pas à implanter les bases viables d'un État à cause des luttes fratricides qui opposent les membres de la dynastie par l'intermédiaire de conflits entre tribus arabes et berbères auxquelles les membres des différentes branches sont alliés. Cette situation amène à une déchéance claire à la fin du IXe siècle sous Yahia II[29].
Conséquences
Religion et islamisation
Les conséquences de la succession d'Idris II provoque l'éparpillement dans tous le territoire et la décentralisation d'un pouvoir d'origine chérifienne qui a pour impact de renforcer considérablement l'islamisation entamée sous Idris I[29]. Si la dynastie Idrisside est marquée par un islam rigoriste, sa population présente quant à elle une grande diversité religieuse. Dans la région du Souss et du Drâa, on retrouve des communautés juive, des adorateurs du bélier, des chiites d'obédiance Bedjlites, des mutazilites et des malékites[44]. L'ensemble de ces groupes sont particulièrement actif au sein du commerce transsaharien qui constitue la principale activité économique et emprunte une route reliant le Souss à Aoudaghost[45].
Le processus d'islamisation renforce les liens entre les différents points commerciaux, ce qui a pour conséquence de renforcer fortement les activités du commerce transsaharien[46]. La religion se propage par capillarité le long des pistes, cependant, la diversité religieuse ne permet pas d'affirmer à quel islam se rattache cette diffusion. Le christianisme antique disparait quant à lui[47].
Prospérité économique et commerciale
Sous l'influence des Idrissides et malgré les conflits internes, l'ensemble du territoire bénéficie d'une importante prospérité et est perçu comme particulièrement riche. Ibn Hawqal décrit au Xe siècle une démographie importante, une vaste couverture agricole et l'afflux réguliers de caravanes transitant du nord au sud vers les royaumes subsaharien comme le Tékrour et l'Empire du Ghana[45]. C'est également durant la période Idrissides qu'une multitude de centres urbains émergent ou se renforcent, s'enracinant d'abord sur un tissu urbain antique comme à Walili, Ceuta et Tanger ou fondant de nouvelles cités dont Fès est le plus important exemple ou encore Basra et Aqlam (dans le Gharb)[48].
Les raisons de cette prospérité et de la croissance du commerce transsaharien qui bénéficient à l'ensemble des États formés dans la région sont à associer au concept de la « Paix des Idrissides »[31]. En effet, la conséquence indirecte des conflits internes à la dynastie Idrisside est que cette période est marquée par une absence de conflits externes au territoire Idrisside. Ainsi, la dynastie coexiste avec plusieurs états voisins : Tahert, Émirat de Sijilmassa et Berghouata. Cette période de paix permet l'essor citadin et commercial de l'ensemble de ces groupes qui deviennent des plaques tournantes du commerce, réceptionnant l'or et les esclaves acheminés depuis le sud[31].
Patrimoine
Les Idrissides laissent d'autres legs importants au patrimoine du Maghreb, notamment au Maroc ; la mosquée Al Quaraouiyine et la mosquée des Andalous à Fez, les mausolées d'Idris Ier à Zerhoun et d'Idriss II à Fès, ainsi que la mosquée du vieux Ténès en sont les principaux exemples[49].
Sous les Idrissides, la calligraphie traditionnelle coufique évolue vers un style propre : la calligraphie dite maghribî qui atteindra sa plénitude au XIe siècle. L'art de l'enluminure va également connaitre un essor[50].
Liste dynastique

Chronologie des souverains Idrissides
Fondateurs
Les émirs

- 828-836 : Muhammad ben Idrîs
- 836-848 : `Alî ben Muhammad (Ali Ier)
- 848-864 : Yahyâ ben Muhammad (Yahya Ier)
- 864-866 : Yahyâ ben Yahyâ (Yahya II)
- 866-880 : `Alî ben `Umar (Ali II)
- 880-904 : Yahyâ ben al-Qâsim (Yahya III)
- 904-922 : Yahyâ ben Idrîs ben `Umar (Yahya IV)
- 905-922 : Al-Hajjâm al-Hasan ben Muhammad ben al-Qâsim dans le Rif (Hassan Ier al-Hajam)
- 922-925 : gouvernance de la dynastie Idrissides (période de troubles et d’anarchie)
- 925-927 : Al-Hajjâm al-Hasan ben Muhammad ben al-Qâsim à Fès (Hassan Ier al-Hajam)
- 927-938 : Gouvernance de la dynastie Idrissides (période de troubles et d'anarchie)
- 938-949 : Al-Qâsim Kannûn ben Ibrâhîm
- 949-954 : Abû al-`Aych Ahmad ben al-Qâsim Kannûn
- 954-974 : Al-Hasan ben Kannûn (Hassan II)
- 974-985 : Al-Hasan ben Kannûn (Hassan II) en exil depuis 974 jusqu'à 985, date à laquelle le dernier prince idrisside fut assassiné sur les ordres des Omeyyades de Cordoue.
En 1016, Ali, issu d'une branche collatérale, descendant d'Omar, fils d'Idris II, devient caliphe de Cordoue[51].
Branches ultérieures
Moyen Âge
- la dynastie des Hammudites en Al-Andalus (1016-1058) ;
- la lignée des princes Banu Rachid (branche des Alami/Rahmouni/Raissouni) de Chefchaouen (1471-1561).
Époque moderne
- les émirs idrissides d'Asir (1906-1934).
Chérifs idrissides
Les descendants des Idrissides, appelés « chérifs idrissides », sont principalement présents dans les principaux centres citadins du Nord du Maroc: Fès, Séfrou, Meknès, Tétouan, Ouezzane, Chefchaouen,Casablanca, Rabat, Salé, Taza, Ksar El Kébir et Tanger. Ils sont également présents dans certaines régions rurales du Maroc[52] (Zerhoun, Beni Arous au Pays des Jbala, Hyayna, Ghomara, etc.), à l'est du Maroc jusqu'à l’Algérie (régions d'Oujda et de Tlemcen jusqu'à Chlef) et en Tunisie (régions de Bizerte et de Sousse). Ils constituent, selon l'historien Abdelhadi Tazi, l'une des cinq principales factions de Chorfas du Maroc.