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L'Emploi (film, 1961)

film d'Ermanno Olmi, sorti en 1961 From Wikipedia, the free encyclopedia

L'Emploi (Il posto) est un film italien réalisé en 1961 par Ermanno Olmi.

Titre original Il posto
Réalisation Ermanno Olmi
Acteurs principaux Sandro Panseri
Loredana Detto
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
L'Emploi
Description de cette image, également commentée ci-après
Sandro Panseri dans une scène du film.
Titre original Il posto
Réalisation Ermanno Olmi
Acteurs principaux Sandro Panseri
Loredana Detto
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Durée 105 minutes
Sortie 1961

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

Domenico, un fils d'ouvrier de la province lombarde, habitant Meda, passe en compagnie d'une vingtaine d'autres candidat(e)s, le concours d'entrée d'une grande entreprise milanaise. Parmi ces personnes, il aperçoit l'une d'elle dans un bistro pendant leur pause de midi et l'aborde timidement dans la rue avant de retourner ensemble dans l'entreprise pour la suite des épreuves. Dactylo milanaise habitant le quartier San Siro, prénommée Antonietta mais se faisant appeler Magalie car elle trouve ce surnom donné par un camarade dans sa rue plus moderne, elle résume sa condition féminine en Italie au début des années 60, lorsqu'il lui demande ce qu'elle a fait comme études. Elle lui confie alors qu'elle voulait s'orienter dans des études de langue, qu'elle s'était lassée et que de toute façon, sitôt mariée (sans préciser peut-être, avec des enfants), à quoi bon. À la fin des épreuves, il l'attend et ils font un bout de chemin ensemble jusqu'en début de soirée avant que tous les deux rentrent chez leurs parents. À la gare de Milan-Cadorna il se met à fredonner l'une des dernières chansons à la mode Piove (ciao ciao bambina) de Domenico Modugno et finissant par la hurler en arrivant chez lui, soulignant son émoi amoureux, car elle raconte l'histoire d'un homme qui cherche à relancer son histoire d'amour finissant avec celle qu'il aime. Domenico lui-même inquiet de ne plus revoir Magalie s'ils ne sont pas engagés. Finalement titularisés tous les deux, ils travaillent néanmoins dans deux départements différents, elle au siège central, lui au département technique, ce qui ne facilite pas pour lui la poursuite de ce début d'histoire d'amour. Même au restaurant d'entreprise, les employés des deux départements ne mangent pas à la même heure. Il cherche alors à la rencontrer à la sortie de l'entreprise mais elle est toujours accompagnée de ses collègues. Aide-concierge puis garçon de courses, car il n'y a pas encore de poste pour lui dans sa fonction, il l'a rencontre néanmoins dans un couloir lorsqu'elle l'interpelle pendant une course et lui demande ce qu'il devient. Elle lui propose ensuite d'aller danser au souper qu'organise l'entreprise pour le nouvel an, car elle n'est pas insensible depuis le premier jour de leur rencontre à sa gentillesse teintée de maladresse, tout en lui précisant qu'elle devait d'abord avoir l'accord de sa mère pour s'y rendre. Alors qu'il se morfond à l'attendre, elle ne vient pas, mais il finit tout de même par s'amuser et à danser avec les collègues, grisé par la bouteille de vin de Garda offerte à l'entrée aux personnes qui sont venues non accompagnées. Plus tard dans l'entreprise, à la faveur du décès de son titulaire, écrivain à ses heures perdues dont on retrouve une partie de ses épreuves dans son bureau dans l'indifférence générale, il est titularisé pour cet obscur poste d'employé de bureau. Il s'enferme alors dans la grisaille de la vie bureaucratique et ses petites mesquineries entre collègues sous la supervision du chef, sans réelle perspective d'avenir, car quand on entre dans ces grandes entreprises, les salaires sont bas, les carrières lentes, mais le poste est assuré jusqu'à la retraite. Quant à l'évolution de ses rapports avec Magalie, ces deux jeunes encore innocents et purs au début de leurs parcours professionnels, elle nous est inconnue, mais le portrait qu'il est montré des collaborateurs plus âgés dans leurs vies privées, mariés ou pas, n'est pas des plus joyeuses. Mère qui se fait voler de l'argent dans son porte-monnaie par son fils, homme qui à l'air de se passionner plus pour les poissons que pour sa femme, couple qui ne se parle quasiment plus, couple infidèle, retraité qui continue à venir dans l'entreprise depuis trois mois car il doit probablement s'ennuyer chez lui. Dans ces portraits, seul le concierge flegmatique à l'air lucide et ne se dupe de rien ni de personne.

Fiche technique

  • Titre original : Il posto
  • Titre français : L'Emploi
  • Réalisation : Ermanno Olmi
  • Scénario : Ermanno Olmi
  • Script-girl : Adriana Roworth
  • Directeur de la photographie : Lamberto Caimi, Noir et Blanc
  • Photographe de plateau : Roberto Barbieri
  • Musique : Pier Emilio Bassi
  • Décors : Ettore Lombardi
  • Montage : Carla Colombo
  • Son : Giuseppe Donato
  • Producteur : Alberto Soffientini pour Titanus/The 24 Horses
  • Directeur de production : Attilio Torricelli
  • Distribution : Titanus Distribuzione
  • Durée : 105 minutes
  • Pays d'origine : Drapeau de l'Italie Italie
  • Lieux de tournage : Meda (périphérie de Milan, Lombardie)
  • Présenté hors concours à la Mostra de Venise le
  • Date de sortie : en Italie
  • Date de sortie : en France
  • Genre : Film dramatique

Distribution artistique

  • Sandro Panseri : Domenico Cantoni
  • Loredana Detto : Antonietta Masetti dite Magali
  • Tullio Kezich : l'examinateur
  • Mara Revel : la collègue de Domenico
  • Guido Spadea : Portioli
  • Bice Melegari
  • Corrado Aprile
  • Guido Chiti

Récompenses

  • Prix de l'Office Catholique au Festival de Venise 1961. Le jury a justifié sa décision en disant qu'il s'agit d'Une œuvre qui, contrastant avec une représentation trop souvent forcée et pessimiste de la vie, témoigne, au contraire, d'un sens aigu de la condition humaine, d'une sensibilité discrète, de fraîcheur, d'humour et de poésie.
  • Prix de la Critique internationale au Festival de Venise 1961

Commentaire

Le générique de L'Emploi se clôt par le texte : « Pour les gens qui vivent dans les petites villes et dans les villages de la Lombardie, Milan signifie surtout un emploi. »

Il posto fit découvrir Ermanno Olmi. Honoré de diverses récompenses, le film parut, à sa sortie, d'une grande singularité. Pourtant, là où Anne Kieffer y admire une œuvre « en demi-teintes montrant de l'intérieur le destin ordinaire d'un gratte-papier anonyme dans laquelle Ermanno Olmi évacue en douceur son propre passé d'employé à la Volta Edison », Jacques Lourcelles y dénonce tout de même « un avatar très tardif du néoréalisme. » Freddy Buache, proche de ce dernier point de vue, y décèle les mêmes stigmates lorsqu'il parle, à son sujet, de « retour au récit zavattinien, équilibre d'humour discret et de tristesse apprêtée sentimentalement en vue de dresser des chroniques de la vie quotidienne. »[1]. Les deux critiques insistent, en outre, sur le caractère extrêmement dédramatisé de l'action qui achève de rendre le personnage principal, comme ceux qui gravitent autour de lui, « sans résonance affective et sans volonté de révolte. »[2]. À ce titre, les rapprochements effectués, ici ou là, avec Kafka, voire Gogol paraissent incongrus, dans la mesure où le film, contrairement au Manteau de Lattuada, est lesté, tout à la fois, de dimension fantastique et de veine satirique.

« Le constat d'Olmi, malgré le soin apporté à la piste sonore, à la précision des gestes, à l'authenticité des lieux, malgré la pudeur, la retenue, laisse apparaître sous le document reconstitué la veinure du romanesque ; en se proposant de prolonger la leçon du Voleur de bicyclette et d' Umberto D, (le film) en reprend, même s'il les dissimule habilement, les défauts plutôt que les qualités », semble regretter Freddy Buache (op. cité).

Jean A. Gili propose, quant à lui, d'envisager le film « à un double niveau, soit l'observation quasi clinique d'un individu qui accepte sans rechigner une intégration qui le condamne » à une vie d'obscur bureaucrate, « soit la dénonciation feutrée d'un système économique qui transforme les illusions de jeunesse en acceptation passive d'un travail stérilisant l'âme et le corps. »[3]

« Pour représenter un drame social, il faut immédiatement avoir les idées claires pour distinguer sans ambages : voici le bourreau et voilà la victime. (...) En suivant le jeune protagoniste d' Il posto, alors qu'il s'assoit à sa table de travail, signe extérieur de son "succès", j'ai peur que bien vite ses persécuteurs ne déteignent sur lui, qu'il finisse par étouffer ce qu'il y a de vivant et d'authentique en lui ; en un mot, qu'il en arrive à nier sa propre personne, à être son propre persécuteur. (...) Son principal adversaire, c'est lui. Et c'est pourquoi, plutôt que d'indiquer des agents extérieurs responsables, je préfère vivre, avec le personnage, son drame personnel. », commente Ermanno Olmi[4].

Notes et références

Voir aussi

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